Aire, corrida: défendre ses valeurs.
Aire, corrida: défendre ses valeurs
C’est pour rester conforme à ses valeurs et son profond respect du toro que Jean François Pilès a choisi de reprogrammer la corrida des Fêtes d’Aire sur Adour reportée pour cause de canicule. Il l’a fait parce qu’il n’était pas possible pour d’envoyer six toros à l’abattoir sans les avoir lidiés. Hélas, la taquilla n’a pas été à la hauteur du geste de l’empresa. L’organisation, aujourd’hui, a perdu de l’argent mais Jean François Pilès mérite le respect des aficionados.
Globalement les spectateurs sont sortis contents des arènes d’autant plus que la course est allée à mas avec un très bon sixième toro.
Correctement présentés les Adolfo Martin ont été intéressants au premier tiers et pour la majorité, ils permetttaient au troisième tiers. Dommage que la présidence n’ait pas honoré d’une vuelta posthume le dernier.
Solal n’a pu lidié qu’un seul toro. Blessé en recevant à porta gayola le dernier, il est parti à l’infirmerie pour ne plus revenir. Il a été conduit à l’Hôpital pour passer une radiographie, l’équipe médicale des érènes soupçonnant une fracture du cubitus.
Alvaro Lorenzo a salué à deux reprises. Il a été en difficulté face au compliqué cinquième.
Si l’intéressante faena de José Garrido a accueilli avec froideur par le public, celle qu’il a instrumenté au toro de Solal lui a permis de couper deux oreilles et de sortir en triomphe.
A noter, l’excellent tercio de piques réalisé par Jean Loup Aillet au dernier toro.
Les toros
Le lot d’Adolfo Martin lidié ce samedi à Aire était un lot hétérogène de présentation avec un premier anovillado, un second commode de tête et quatre très bien présentés pour une arène de troisième catégorie. Ils ont séjiourné deux semaines dans les corrales aturins. Pourtant ils sont tous morts sans avoir ouvert la bouche.
De la bravoure
Les quatre premiers ont pris une seule pique souvent trop appuyée. qui souvent en valait deux voire plus.Les deux derniers sont allés trois et deux fois au cheval, mais paradoxalement ils ont été les moins affectés par le premier tiers. C’est la preuve par l’exemple que la monopique appuyée est plus destructrice que deux ou trois rencontres correctement données et dosées. Sous le fer, ils se sont tous employés. Le meilleur au cheval a été le dernier qui, bien piqué, a mis les reins avec bravoure.
Et de la noblesse
A la muleta, le premier a fait preuve de beaucoup de classe. Les second et troisième ont été nobles et ont offert des options aux toreros. Les quatrième et cinquième se sont beaucoup défendus. Le dernier, le plus brave au cheval, a été le meilleur à la muleta, embistant et humiliant avec beaucoup de noblesse et de race.
Les toreros
José Garrido conclut en deux temps une faena sincère et appliquée avec de très bons passages sur la corne droite , la meilleure du toro. Silence. Le quatrième est vite décomposé. Garrido essaie avant de mal tuer, silence.
Alvaro Lorenzo tue lui aussi en deux le second un toro soso auquel il instrumente quelques bons muletazos sur les pitons, salut. Le cinquième se défend beaucoup. La faena d’Alvaro Lorenzo manque comme le toro de transmission et va à menos. Salut.
Beaucoup d’application dans la faena de Solal au troisième un toro exigeant et réservé auquel il arrache des muletazos méritoires. La mise à mort est approximative, salut. Solal est blessé en recevant le dernier à porta gayola. José Garrido prend le relais. Le toro est excellent dans les trois tiers et même s’il baisse en fin de faena, il permet au torero de réaliser une faena avec beaucoup de transmission. Garrido coupe deux oreilles, la seconde se discute.
La corrida vue par l’objectif de Peio Peyrelongue
Fiche technique
- Arènes de Aire sur Adour, corrida des Fêtes 2026. Toros de Adolfo Martin.
- José Garido: silence, silence, deux oreilles à celui tué pour Solal.
- Alvaro Lorenzo: sakut (avis), salut.
- Solal: salut (avis), blessure.
- 9 piques, cuadra Bonijol.
- Président: Franck Lanati
- Environ 1000 personnes
- Il faisait encore chaud à la fin de la corrida.
Toro à toro
Numéro 27 Arenero José Garrido
Le premier est anovillado. Il humilie dans la cape de José Garrido. Bien mis en suerte il prend un seul puyazo en mettant un peu les reins. Après avoir brindé au public, Garrido commence sa faena par des doblones. Le toro est juste de forces. A droite il met la tête avec classe ce dont profite le torero pour lier une bonne série de derechazos. A gauche il se livre moins. Garrido change de main. Le toro est plus court de charge mais les muletazos sont sincères et appliqués. Le pecho libérateur est ovationné. Après une bonne dernière série, Garrido pinche puis met une demie trasera et tombée. Palmas au toro et silence étonnant pour le torero.
Numéro 18 Repolito Alvaro Lorenzo
Le second, commode de tête, est plus costaud. Alvaro Lorenzo le reçoit par des véroniques. Le toro prend une grosse pique carioquée en poussant. Début de faena par doblones, le toro suit mais manque de classe. C’est un peu mieux sur la série suivante. L’animal est plus soso que noble. Alvaro Lorenzo lui impose une bonne série à droite avant de prendre la main gauche. Le toro se réserve sur ce piton. Les muletazos de Lorenzo sont appliqués mais le toro manque un peu de transmission. La première entrée à matar se solde par un pinchazo, la seconde épée est entière et basse. Un avis sonne avant que le toro ne tombe. Salut.
Numéro 85 Lagartero Solal
Le troisième est bien fait. Il remate très fort contre un burladero. Solal le met en suerte pour une unique pique prise en mettant les reins. Le Nîmois est ovationné après un bon tercio de banderilles. Début par doblones, le toro est exigeant.Tardo il se retourne vite. Avec sincérité Solal lui arrache une série méritoire à droite. Les deux suivantes le sont tout aussi. Le torero gagnerait à plus monter sur le toro. Il le fait à gauche et cela fonctionne en particulier lors de la seconde série de naturelles et surtout celle donnée épée de muerte en main. La première estocade résulte basse, un avis sonne. Deux pinchazos suivent avant un descabello.
Numéro 51 Fogonero José Garrido
Dès son entrée en piste le quatrième remate lui aussi violemment contre un burladero. Il est court de charge dans la cape de José Garrido. Il met les reins lors de son unique contact avec le groupe équestre. Début de faena par doblones puis Garrido enchaîne par des derechazos. Le toro est court de charge et se défend. Le torero insiste et lui arrache quelques bons muletazos. C’est plus compliqué sur la série suivante. A gauche c’est quasi impossible. Plus la faena avance, plus le toro se décompose. Le torero doit calculer pour entrer à matar. Il pinche plusieurs fois, avec prudence, avant de mettre une demie trasera et tombée. Le premier descabello est le bon. Silence.
Numéro 61 Madoroõ Alvaro Lorenzo
Le cinquième est applaudi à son entrée en piste. Il se défend dans la cape d’Alvaro Lorenzo. Le toro charge le cheval à la sortie du patio de caballos et prend un premier puyazo. La seconde rencontre plus académique est appuyée et carioquée. Le toro pousse comme il le fera lors de la troisième. Le tercio de banderilles est à oublier. Début par doblones, Lorenzo continue par des derechazos. L’Adolfo met la tête tout en se défendant. Lorenzo s’applique mais la faena manque de rythme. A gauche le toro est sur la réserve et se défend plus qu’il ne charge. Le torero finit par aller chercher l’épée. La première entrée à matar est prudente et se solde par un pinchazo hondo. La seconde épée est entière, basse et efficace. Salut
Numéro 56 Malagueño Solal / Garrido
Solal attend le dernier à porta gayola. Le torero saute par dessus le torero et le piétine . Touché au bras, Solal part à l’infirmerie. Très bien piqué par Jean Loup Aillet, le toro pousse lors de la première rencontre. Mis au centre après un bon quite par Garrido, il s’emploie lors la seconde rencontre. Le toro est encasté. Garrido entame les débats par des doblones. Il continue à droite le toro met la tête avec classe et caste sur le piton droit. A gauche l’Adolfo est plus exigeant. Retour à droite pour une dernière série brouillonne. Le toro, qui a beaucoup donné, baisse de rythme. L’épée est entière et en place. C’est la meilleure de la tarde. Deux oreilles, une de trop. Le toro aurait mérité la vuelta.
Thierry Reboul
Pour info, c’est Christian Parejo qui remplacera Solal pour la Fiesta Campera d’Eauze.











































































