Moralzarzal, Pincha, Mendez, Barroso…belle après-midi
Moralzarzal, Pincha, Mendez, Barroso..belle tarde
Avoir de la suite dans les idées. L’an dernier pendant la fête du Pilar à Saragosse, quand avoir des fêtes taurines tombait sous le sens, Carlos Zuniga père alors empresa des arènes de La Misericordia, avaient programmé l’élevage navarrais de Pincha. Le lot de belle présentation avait, à la surprise de tous, subit les foudres des compliqués vétérinaires de l’endroit.
Depuis lors, les cornus auraient pu avoir une destinée les voyant sortir dans une quelconque rue de Navarre (ou d’ailleurs). Leur présentation avait affuté l’oeil déjà aiguisé d’organisateurs de « festejos populares ». Le madré Carlos, à qui on ne la fait pas comme cela, avait une toute autre idée. Pour cela, il avait conservé une option sur les toros de Lodosa.
Manque le burraco
Après moultes hypothèses, délesté de la gestion encombrante de Saragosse, il a fini par se dire que Moralzarzal dans la communauté de Madrid serait un écrin acceptable pour accueil une corrida avec ses Pincha sur lesquels il fondait beaucoup d’espoir. Tous? Non! Lastima, le spectaculaire burraco qui faisait parler dans les chaumières taurines, fut retrouvé à quelques jours de la date prévue, avec un de ses pitons amputé. Il y a des destins contrariés contre lesquels il est difficile de lutter.
Bref, tout cela pour dire qu’en ce 4 juillet , s’est déroulé une corrida de Pincha de cinqueños à Moralzarzal! Pour les affronter et charité bien ordonnée commençant par soi-même, Carlos Zuniga a programmé en bon aporderado son torero, le français Tristan Barroso dont le passage à Madrid pour sa confirmation a marqué positivement les esprits. Molina en jeune chef de lidia et Julio Mendez dont la despedida de novillero à Las Ventas et l’alternative à Caceres furent autant de triomphes importants, sont aussi au programme.
on a beau sortir des sentiers battus, propose de la fraîcheur au cartel, enfin l’on puit dire vu la température ambiante, ça ne s’est pas beaucoup bousculé à la taquilla
La corrida
Les toros
Pincha avait déçu pour sa sortie à Garlin. Pincha a réussi sa sortie à Moralzarzal. Sont sortis du lot le 3ème et surtout l’excellent 4ème primé d’une vuelta posthume. L’ensemble de l’envoi s’est avéré noble et enracé. Il est dommage que la pique unique soit de rigueur en ce lieu, notamment pour le 4ème. Une corrida qui confirme que le travail chez Pincha porte ses fruits. Du côté de Saragosse on peut avoir beaucoup de regrets.

Le déroulé
Molina
Son premier adversaire Picador, bien roulé, est distrait à sa sortie. Il accuse les terrains près du toril. Il sera d’ailleurs piqué une seule fois dans ce terrain au picador de réserve. Molina au dernier tiers va le toréer à l’opposé de ce terrain de prédilection. Bien lui en a pris, car le Pincha va charger avec noblesse. Sans chispa côté droit où Molina va rester parallèle. Bien meilleur sur le côté gauche avec une charge mexicaine. Molina en profite largement en séries gauchères bien menées. La faena est trop longue par contre et l’épée ne rentre qu’au 4ème essai. 2 avis. Saluts.

Clarineto embiste d’entrée de jeu dans la cape de Molina. Il obtient un batacazo dont il sort guilleret et on se demande encore pourquoi, on lui en administre pas une de plus- ce détail aura son importance. Molina sait qu’il a touché un bon adversaire. Il commence à genoux de manière spectaculaire avant de servir une faena ambidextre. Le toro répète et se livre. Molina reste malheureusement assez périphérique. Les séries s’enchaînent. Il manque quelque chose…et ça ne vient pas de l’animal. Le public le perçoit et les demandes d’indulto grossissent. Molina fait durer la faena et le toro enquille les allers retours sans souci. Le président reste inflexible et Molina finit par se mettre le cochon dans le maïs…saluts (2 avis) et vuelta très méritée pour le toro.

Tristan Barroso
Rascatripas, correct de présentation, ne se livre pas au capote. Aprés la pique unique, Tristan aprés un démarrage droitier va vite s’accorder avec la corne gauche. Il enchaîne les séries et profite de l’embestida pour construire une faena qui va « a mas ». Les dernières naturelles pieds joints concluent superbement cette faena. Après une quasi entière, le descabello s’enraye. Saluts (avis). Dommage.

Le 5eme, un autre Clarineto souffre d’une pointe de faiblesse. Cela va le handicaper et le suivre tout au long de sa pelea. Tristan sait être patient. Puis il sert les passes, une à une des deux bords en tirant la charge du toro noble mais limité de forces. Si les passes données traduisent une vraie évolution chez le torero, il va falloir que le matador progresse..Epée au 3ème essai. Oreille malgré tout.

Julio Mendez
Oloroso qui sort en 3ème a beaucoup de peps. Julio Mendez en profite pour lui donner une belle réception capotera. Le toro s’emploie sous l’unique pique. Il garde son alegria au 2ème tiers. Le Pincha est noble des deux cornes. Julio Mendez a de l’oficio et son début de faena le démontre. Il a aussi l’inexpérience de son jeune âge et un côté novillero qui lui fait user de certains « trucs ». Ainsi il raccourcit la distance, ce que le toro ne demande pas. Les dernières gauchères de face démontrent qu’il y avait mieux à tirer de l’animal. Long à la mort. Silence. Palmas pour le toro.

Le dernier de l’envoi, n’est pas très beau. Lui aussi est noble mais de classe limitée. Julio Mendez va toréer une nouvelle de fois de près. Ce n’est forcément, le plus adapté. Le public adhère, le toro moins mais il se laisse embarquer. L’épée basse est longue d’effet. Deux oreilles (dont une de trop)

Fiche Technique
- Moralzarzal. Toros de Pincha pour
- Molina : saluts (2 avis), saluts (2 avis)
- Tristan Barroso : saluts (avis), oreille
- Julio Mendez : silence (avis), 2 oreilles (avis)
- 6 piques
- Public : restreint
- Météo : Il aurait pu tomber le déluge, les arènes de Moralzarzal sont couvertes, mais boudiou que de chaleur ambiante
Reseña et photos – Philippe –
