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Madrid, Juli trahi par les aciers

Madrid, Juli trahi par les aciers

Indubitablement, c’est un des cartels les plus attendus de cette San Isidro que celui de ce 18 mai. Deux vedettes de l’escalafon accompagnées d’un des plus grands espoirs actuels face aux Nuñez d’Alcurrucén, cela faisait longtemps que les billets faisaient le bonheur du portefeuille des revendeurs. Tarde de expectacion… on connaît la suite.

Tarde de expectación, tarde de decepcion.

Le lot d’Alcurrucen a déçu. Si leur encaste fait que ce ne sont pas des toros de premier tiers, seul le troisième a gardé du moteur mais tombe sur un Tomas Rufo moins inspiré que ces dernières semaines. Le lot de Juli a été porté par la technique et l’envie du madrilène. Le premier de Morante ne permettait rien, son second a tenu deux séries. Bref, les toros ce soir ne furent pas à la hauteur des espoirs que suscitait cette affiche.

Morante de la Puebla à la mort du premier toro, avait réalisé l’exploit dans cette San Isidro, de faire une troisième faena directement avec l’épée de mort. Il faut dire qu’il n’y avait rien en à tirer, le public sifflant l’Alcurrucen et non le torero. On a cru que le desquite arrivait à son second. Un quite plus le début de faena mirent l’eau à la bouche avant que le toro s’éteigne et ne permette plus que quelques détails et passes isolées notables.

El Juli est apparu décidé tout l’après-midi et aurait pu connaître un franc succès. Au-dessus de la condition de ses deux adversaires, il a encore démontré que c’est un maître technicien muleta en main. Malheureusement pour le madrilène, l’épée l’a privé de toute possible récompense.

Tomas Rufo est tombé sur le meilleur du lot, le troisième, qui offrait au dernier tiers une charge qui transmettait. Il faut constater que le jeune torero de Talaveira n’en a pleinement profité et passe à côté d’un succès possible. Comme le dernier n’était que de peu d’options, il ne put malgré une faena sérieuse, effacer une impression mitigée

Fiche technique
  • Madrid: huitième festejo de la San Isidro 2023, Toros de Alcurrucén pour
    • Morante de la Puebla : silence, saluts
    • El Juli : saluts, saluts (avis)
    • Tomas Rufo : silence (avis), silence
  • Salut de Fernando Sanchez au 6ème
  • Treize piques ou contacts
  • Président: José Maria Fernandez Egea
  • 23°, nuages et ciel bleu, du vent toujours et encore
  • Lleno de « no hay billetes »
  • Durée de la corrida: 2 heures et 05 minutes
Toro à toro
Rompeolas 550kgs

Distrait et freinant dans le capote prudent de Morante, ce colorado subit le chatiment par trois fois sans s’employer nullement sortant en manso des contacts avec le fer. Sans fixité aucune, il s’avère compliqué à banderiller. Morante après quelques essais par le bas pour tenter de discipliner l’Alcurrucen monte l’épée rapidement (2/3 de lame basse), bien décidé à ne pas s’éterniser avec un toro qui ne veut pas combattre. Les huées accompagnent le toro et le silence s’installe pour le torero.

Castañuela 540kgs

Joli de présentation, ce deuxième toro bien que court de charge met un peu plus la tête dans le capote de Juli. L’Alcurrucen fait sonner les étriers du groupe équestre lors des deux contacts. Tomas Rufo avec un joli quite par delantales et la demie finale fait résonner la première ovation de l’après-midi. Juli gagne le centre pour attaquer la faena. Réduisant la distance immédiatement dans des séries de une à une passe, le madrilène prend vite le dessus et sur le piton droit arrive à donner des derechazos de belle facture. La conclusion avec l’épée est médiocre (demi épée de côté, plus descabello).

Pocaprisas 540kgs

Décidé, Tomas Rufo accueille le 3ème par une série de 6 véroniques et la demie ovationnées par le public. L’épisode des piques ne restera pas dans les mémoires , l’Alcurrucen fuyant très vite la morsure du fer au second contact. Brindis au public. Pris du centre après une première charge de 20 mètres , le toro se livre dans les premiers derechazos de Rufo. L’embestida de l’animal transmet de l’émotion. Après deux séries droitières main basse et dominatrices , la faena va a menos, le torero s’accordant moins avec la charge sans niaiserie de l’animal ayant du mal à trouver le bon sitio et se faisant toucher régulièrement la flanelle. Le 1er avis sonne avant que le torero ne se décide à porter l’estocade. Bajonazo. Ovation pour l’arrastre.

Gaitero 543 kgs

Le vent souffle dans le capote de Morante qui arrive à donner sa première vraie véronique de la feria. Après les deux piques durant lesquelles le toro s’emploie peu, le quite par chicuelinas de Juli vexe Morante qui répond par 3 véroniques et deux demies (supérieure la dernière) mettant en joie le public madrilène. Début de faena très alluré par statuaires. Morante va chercher le tendido 5 où le vent souffle moins pour donner une première série de derechazos « en su corte ». Rapidement, l’Alcurrucen donne des signes de faiblesse et son embestida commence à se décomposer. Les efforts de Morante sont méritoires, mais les séries sont de fait inégales. Une naturelle, deux derechazos émergent, le toro s’est éteint. Entière au second essai. Saluts.

Atrevido 548 kgs

Désordonné de charge dans le capote du Juli, le toro prend sans histoire les deux puyazos réglementaires. Le comportement au dernier tiers ne le sort pas de cet anonymat avec de la soseria et un manque d’humiliation dans la charge. Décidé Juli livre une faena qui va a mas et grâce à son entrega et sa technique va finir par lier des séries où le toro donne l’impression de se livrer. Le torero est très au-dessus de la condition de l’Alcurrucen. Les passages, main gauche, sont les meilleurs. Encore une fois, le conclusion avec l’épée n’est pas la hauteur (entière au 5ème essai). Avis. Descabello. Le public l’invite à saluer.

Pianista 551 kgs

Comme ses congénéres , le 6ème ne se montre guère interessé par le capote. Le toro part avec envie au cheval mais se défend plus qu’il ne pousse sous la pique. Début par le bas en gagnant le tendido 5. Les charges manquent d’émotion. Tomas Rufo livre une faena sérieuse des deux bords qui manque de chispa, la soseria de l’animal ne permettant pas à son travail de décoller malgré la volonté du torero. Il doit par contre apprendre à abréger ses trop longues faenas. Epée basse pour conclure.

Philippe, corrida vue sur Mundotoro TV.

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