San Isidro, pundonor et miracle pour Clemente
San Isidro, pundonor et miracle pour Clemente
Clemente a marqué les esprits par son engagement face à son premier et surtout face au cinquième un toro décasté et avisé de Juan Pedro Domecq. Il aurait pu couper une oreille. Mais il a été blessé à la fin de sa faena et a été évacué à l’infirmerie. Sa blessure impressionnante est apparement moins grave qu’on ne le craignait. Le premier diagnostic faisait état d’une luxation de l’épaule.
Les toros de Juan Pedro Domecq ont manqué de race et fond. Il est difficile pour les toreros de s’exprimer avec ce type de bétail. Il leur ait facile aussi d’en profiter pour faire le minimum syndical. Uceda Leal et à Pablo Aguado, toreros sénateurs, ne s’en sont pas privés.
Les toros
Du poids certes mais les toros de Juan Pedro Domecq lidiés à Madrid ce jour étaient tous anovillados. Au cheval, ils ont été absents. A la muleta, ce fut plus divers. Certains étaient mansos avec du genio, d’autres ont été sosos et sans un brin de race. Tous ont été mauvais. Le sobrero a été un peu mieux présenté mais n’était pas meilleur que les titulaires.
Les toreros
Uceda Leal a beau avoir du métier, il n’y a pas grand-chose à tirer du premier, un toro sans charge ni race, silence. Le quatrième est soso et ne transmet rien. Au quatrième, Uceda Leal et le toro ne font aucun effort , la faena manque d’intensité, silence.
Clemente torée en premier lieu un sobrero de Montalvo. Le torero fait l’effort mais le toro est noblote et n’a aucune classe. La faena ne transmet rien. Silence. Le cinquième est compliqué à gauche . Clemente le torée plutôt bien sur la corne droite. Il fait une dernière tentative sur le mauvais piton et se fait prendre sur un extraño de l’animal. Il est immédiatement évacué à l’infirmerie.
Le troisième manque de race et a du genio, ce n’est pas le type de toro qui convient à Pablo Aguado. Il le montre en faisant quelques passes l’air dégoûté. Le Sévillan tue mal, silence. Le sixième était pas bon à droite et mauvais à gauche. Au sixième, il y avait peu de matière mais Aguado a peu essayé, silence.
La corrida vue par l’objectif de Philippe Latour depuis les gradins de Las Ventas.
Fiche technique
- Arènes de Madrid, 25me festejo de la San Isidro 2026. Cinq toros de Juan Pedro Domecq et un sobrero (2nd bis) de Montalvo.
- Uceda Leal : silence, silence.
- Clemente: silence, blessure.
- Pablo Aguado : silence,
- Douze piques .
- Salut d’Ivan Garcia au sixième
- Président : José Antonio Rodriguez San Roman
- Lleno
- Temps chaud, petit vent et quelques nuages dans le ciel bleu.
Toro à toro
Maltrecho numéro 57 Uceda Leal
Le premier semble juste de forces mais il s’emploie quand même dans la cape de Uceda Leal. La première pique est trasera, le toro pousse. Gomez Escorial peine à le sortir du peto. Il est piqué une seconde fois parce que le règlement le demande. Clemente fait un quite par chicuelinas, le toro est vraiment juste de forces. Début de faena classique par doblones, Leal met le JPD au centre et l’entreprend sur le piton droit. L’animal se défend plus qu’il ne charge. Tentative à gauche, , il n’a pas plus de charge sur ce piton mais il se défend un peu moins. Le torero madrilène n’insiste pas. Demi-épée en avant et tombée, trois descabellos et on peut passer au suivant. Silence.
Servidor numéro 19 Clemente
Le second est protesté pour sa protestation. Est-ce la visite du pape mais il s’agenouille plusieurs fois quand Clemente tente de lui donner une passe de cape. Première pique, nouvelles génuflexions, le président sort le mouchoir vert.
Encanto ganaderia Montalvo numéro 6 Clemente
Le sobrero de Montalvo est lourd mais est anovillado et de peu de tête. Premier capotazo, génuflexion, puis il met la tête sans grande conviction dans la cape de Clemente. Il pousse après s’être défendu lors de sa première rencontre avec la cavalerie. Il fait chanter les étriers puis sort seul de la rencontre. Clemente le double avec efficacité, le toro est noblote mais totalement dépourvu de classe. Le Français cite de loin, le JPD charge tête haute. Il s’applique, fait bien les choses mais le toro ne transmet rien. A gauche, c’est la même chose. Retour à droite, pas grand à chose à tirer de l’animal, le torero prend l’épée. L’épée est entière, légèrement tombée et suffisante. Silence.
Alferez numéro 146 Pablo Aguado
Bonne réception à la cape de Pablo Aguado, le troisième toro ne respire pas la caste. La première pique le confirme. Seconde rencontre, le toro se défend et se casse le bout du piton gauche. Uceda Leal prend son tour de quite, Aguado répond par une bon enchaînement de chicuelinas. Début de faena à droite, le torero essaie de toréer relâché. La charge désordonnée et le genio du toro ne lui conviennent pas. Le torero recule beaucoup et s’emploie peu. Tentative à gauche, la mayonnaise ne prend toujours pas. Dernier essai à droite, c’est peine perdue . Aguado pinche plusieurs reprises avant de conclure par une vilaine quasi entière. Silence.
Baladijero numéro 107 Uceda Leal
Le quatrième s’emploie dans la cape d’Uceda Leal permettant au Madrilène d’être ovationné. Bien piqué, il poussote sur une corne et sort seul de la première rencontre. Il est peu piqué lors de la seconde. Clemente fait un quite par tafalleras, la seconde passe juste. Uceda Leal brinde à son public de Las Ventas. Il commence à doubler le Juan Pedro Domecq. Il prend ensuite la main gauche. Le toro est soso et le torero peu motivé. Il n’est pas étonnant que la faena baisse rapidement d’intensité. Le passage à droite n’arrange pas les choses. Uceda Leal entre à matar et place une demie qui suffit. Silence.
Soldador numéro 118 Clemente
Clemente attend le cinquième à la porte des chiqueros. Il frôle la correctionnel sur un retour du toro. Le Juan Pedro Domecq pousse mais sur une seule corne lors de la première rencontre. Le Français le place un peu plus loin, l’arrancade est belle mais le toro ne s’emploie pas. Clemente brinde à todos. Après avoir doublé l’animal, il continue à gauche. Le toro se défend avec du genio dans la muleta . Il est plus sociable à droite et le torero en profite pour lier deux bonnes séries. La troisième est compromise par un extraño mais Clemente aguante. Nouvelle tentative à gauche, sur un moment d’inattention le toro prend le Français et lui inflige une cornada . Uceda Leal expédie l’animal d’une demie et plusieurs descabellos.
Roncador numéro 133 Pablo Aguado
Le sixième est suelto. Il montre peu d’intérêt pour la cape que lui présente Pablo Aguado. Il pousse sur une corne lors de ses deux rencontres avec la cavalerie. Second tercio, il a la mobilité d’un charolais. Les peones doivent s’employer pour le banderiller. Ivan Garcia salue. Aguado commence par des doblones et continue par des derechazos. Le toro a peu de charge et aucune race. Le torero lui arrache des derechazos sans conviction mais il ne se dégage aucune émotion de ce qui se passe en piste. Le Sévillan prend la main gauche Il n’y a rien à en tirer et le torero , toujours peu motivé, abrège. Une épée entière suffit. Silence.
Texte Thierry Reboul (corrida vue sur www.tlmad.es)
























































Pour sa 2ème San Isidro, notre Clément rejouait sa vie pour exister, une faena énorme de poder et courage, un petit regard vers le Tendido 7 et l’ultime dédicace de Soldador, l’hymne à la joie se transforme en tragédie :
– Un passeport Français reproché en Espagne (?) et un passeport Espagnol recommandé en France (??),
– Pas d’apoderado gestionnaire d’arènes pour exister,
– 13 contrats en 2025, peu de clients (5 en 2026 ?) pour notre Blonde de Chalosse, la loi du milieu, place aux gagneuses du Ponce (Miranda) & La Chassagne (Marco). Abracadabrantesque !!!!
Apprécié à Madrid mais toujours indigeste sur ses Terres Taurines & Espagnoles.
Bon rétablissement Clément
D.ROGER