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San Isidro: Roman, une belle histoire.

San Isidro: Roman, une belle histoire.

Certains contesteront la seconde oreille de Roman au troisième toro. Ils ont probablement raison mais on a vu des Puerta Grande bien moins justifiées (exemple Talavante) depuis le début de la San Isidro. La faena vaut un trois quarts d’oreille, l’épée à recibir pas loin d’une oreille. On ne chipotera pas l’arrondi fait par le Président.

Morenito de Aranda n’a pas démérité. Fernando Adrian n’est pas fait pour toréer des toros de Victorino.

Les toros de Victorino Martin ont donné un jeu varié et somme toute intéressant avec un excellent troisième.

Les toros

Hétérogènes mais corrects de présentation, les toros de Victorino Martin, comme souvent, ont été passables au cheval. A la muleta, il y a eu de tout. Du compliqué intéressant  (1er), du noble fade (4ème) , du noble un peu court de charge (2éme )  qui aurait mérité un autre torero, du soso ou du pas bon (5ème et 6ème) et du très bon comme le très encasté troisième. L’ensemble fait une corrida variée et intéressante.

Les toreros

Le premier est très désagréable à droite et plus abordable à gauche. Morenito de Aranda donne ses meilleurs muletazos sur le piton le moins compliqué. A droite, il montre qu’il est courageux. Mise à mort en une demie et deux descabellos, silence. Au quatrième, un toro qui humilie mais manque d’entrega, Morenito est sincère s’applique mais il n’arrive pas à compenser la transmission limitée du toro. Ne parlons pas de l’épée, silence.

Fernando Adrian enchaîne les demi à trois quarts de passes à un Victorino noble mais court de charge. Il n’y a pas beaucoup d’émotion dans la faena. L’épée est surtout efficace , silence. Le cinquième est noblote, mais Adrian, visiblement peu à l’aise avec les toros de Victorino, le torée sur le voyage et du bout de la muleta. Et pour conclure, il tue mal, silence.

Roman coupe deux oreilles après une faena, principalement droitière,  sincère et de qualité à un Victorino encasté et exigeant. L’estocade est à la hauteur de la faena. Le sixième n’est pas bon, Roman non plus, silence.

Fiche technique
  • Arènes de Madrid, 26me festejo de la San Isidro 2026. Toros de Victorino Martin
    • Morenito de Aranda: silence  (avis) , silence (avis).
    • Fernando Adrian: silence, silence (avis).
    • Roman : deux oreilles,  silence (avis).
  • Onze vraies piques pour quatorze rencontres.
  • Président : Pedro Fernandez Serrano
  • Plus de billets au guichet
  • Beau temps, chaleur à revendre

Toro à toro

Milanes numéro 14 Morenito de Aranda

Le premier est sérieux de présentation. Suelto, il est fixé avec efficacité par Morenito de Aranda. Il prend un premier puyazo en poussant sur une corne. Le torero soigne la mise en suerte pour la seconde rencontre, le Victorino pousse un peu puis sort seul.  Après avoir brindé au public, Morenito entame les débats par des doblones en douceur. Premiers derechazos, le toro est noble et malheureusement juste de forces. Il se retourne vite sur les muletazos suivants. Le torero s’arrime et arrache deux passes inespérées.

Tentative à gauche, le toro est plus abordable sur ce piton. Les naturelles sont plus efficaces qu’esthétiques mais elles sont méritoires. Retour à droite, les problèmes reviennent. Morenito reprend la main  gauche pour une dernière série.  Première entrée à matar, la demie est tendida. Un avis sonne. Le second descabello est efficace. Silence.

Buscaliebres numéro 64 Fernando Adrian

Le second est vicoisement armé. Il suit sans grande conviction la cape de Fernando Adrian. Mal mis en suerte, il prend deux puyazos sans s’employer même s’il reste collé au peto. Il a très peu de poder.  La troisième rencontre ne sert pas à grand-chose. Adrian commence sa faena par des doblones. A droite, le toro est noble mais est aussi très court de charge. Le torero arrache les passes (ou plutôt les demi-passes) plus qu’il ne les sert. Il réduit les terrains ce qui ne donne pas plus d’intensité à sa faena. On passe sur la corne gauche, sans changer de scénario, le toro met la tête mais le torero l’arrête à la moitié du voyage et ne fait rien pour allonger sa charge . L’épée est entière mais légèrement 9tombée. Elle est efficace.

Gallarette numéro 7 Roman

Le troisième commence par faire un coup de barrière contre un burladero. Il a un comportement incertain dans la cape de Roman. La première pique est trasera, le toro pousse un peu. Il sort de la rencontre avec du mal à se déplacer. Seconde rencontre, la pique est dans l’épaule  puis elle est rectifiée. Le piquero est sifflé. Nouveau début de faena par doblones, le toro est noble. Roman continue à droite. Il cite à mi-distance pour une bonne série à un animal qui s’emploie dans la muleta.

Série suivante, le Victorino recule puis attaque la muleta avec alegria pour des derechazos sincères. A gauche, le toro est plus court et s’emploie moins. Roman reprend la main droite , l’animal est meilleur sur ce piton et les muletazos du valenciano aussi. Final par naturelles , de la main droite bien sûr,  le torero s’engage pour une grande estocade à recibir . Une oreille est rapidement accordée et la seconde ne tarde pas à suivre. L’arrastre est ovationnée.

Cobrapastos numéro 11 Morenito de Aranda

Le quatrième est dans le type Albaserrada. Il humilie dans la cape de Morenito de Aranda puis pousse un peu lors de la première rencontre. Il ne s’emploie pas lors de la seconde dont il sort quasi seul. Morenito cite le Victorino à mi-distance pour une première série de derechazos. Le toro est noble et humilie avec classe. Les muletazos  suivants, sur le même piton, sont sincères mais la tauromachie de De Aranda manque de transmission.

 Le torero de Burgos prend la main gauche. C’est un peu plus compliqué de ce côté. Mais de la série ressortent deux belles naturelles. Retour à droite, le toro a baissé de rythme et commence à se défendre. De Aranda continue sur le piton gauche pour un enchaînement qui va à mas. L’épée est un vilain bajonazo. Un avis sonne. Silence.

Jarretero numéro 63 Fernando Adrian

Le cinquième, pas exceptionnel de présentation,  est protesté. Il s’emploie dans la cape un peu brouillonne de Fernando Adrian. Il vient en crabe au cheval. Mal piqué, il pousse sur une corne. Le piquero n’arrive pas à le piquer lors de la seconde rencontre car le palo rompt sous le choc. Troisième mise en suerte, le picador est éjecté de sa monture. Le président change le tercio alors que le toro n’a eu qu’une seule vraie pique. Adrian brinde au public.

Le madrilène commence sa faena par derechazos et pechos. Le toro est soso et manque de race. Les derechazos sont souvent sur le voyage et sur le pico.  Adrian prend la main gauche. Les naturelles sont pour la plupart fueras de cacho. Il recule à chacun des derechazos suivants. La faena est longue sans fil conducteur et elle ne transmet pas grand-chose. Une partie des gradins proteste. Un pinchazo précède une entière dans le rincon. Un avis sonne, le toro se couche. Le puntillero, inquiet et maladroit, le relève. Il faut trois descabellos pour en finir.

Verdadero numéro 26 Roman

Roman reçoit avec efficacité le sixième. Le premier puyazo est trasero, dommage car le toro pousse. Il s’emploie un peu moins lors de la seconde rencontre. Début de faena par le haut, Roman prend la main droite. Le toro est noble mais finit les passes la tête dans les nuages. Porté par le public, le torero s’applique mais le bicho ne transmet pas beaucoup. A gauche, l’animal est soso. Roman pinche puis met une vilaine épée puis pinche à plusieurs reprises avant de conclure par un descabello. Silence.

Thierry Reboul (corrida vue sur www.tlmas.es)

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