Mont de Marsan, des Zacarias Moreno à oublier.
Mont de Marsan, des Zacarias Moreno à oublier.
Pas beaux, de pas très bons à plus que très mauvais, les Zacarias Moreno ont été la négation de ce que doit être un toro de combat.
Victor Hernandez et Tristan Barroso ont coupé chacun une oreille. Le premier l’a fait pour une épée fulminante et quelques muletazos de classe arrachés à un toro qui ne l’était pas (de classe). Tristan Barroso, porté par le public montois, a montré , lors de sa seconde faena, qu’il avait énormément progressé donnant de bonnes séries sur les deux côtés. Il lui reste encore à travailler l’exécution de la suerte suprême.
Miguel Angel Perera est comme certains marins qui font des phrases ou plutôt des passes quand il n’y a rien à dire. Par ailleurs,son attitude provocatrice vis à vis du public quand il a quitté le ruedo n’est pas à montrer en exemple.
Les toros
Il n’est pas nécessaire de faire un long paragraphe pour détailler la prestation des toros de Zacarias Moreno à Mont de Marsan ce vendredi. Les quatre premiers ont été très (très) mauvais et les deux derniers pas bons du tout. Aucun ne méritait un prix de beauté.

Les toreros
Le premier toro manque de race. Il ne passe qu’à droite. Miguel Angel Perera ne peut en tirer qu’une bonne série e derechazos . C’est peu , silence. Le quatrième a peu de race et pas de caste. Perera fait un ersatz de faena bien trop (et inutilement ) longue , silence.
Le second est un morucho dont la seule valeur est le prix de la viande. Victor Hernandez ne peut rien en tirer, silence. Le cinquième est manso et tardo mais il passe un peu à droite. Il permet à Victor Hernandez d’instrumenter quelques bons derechazos dont une belle dernière série. L’épée est fulminante et lui permet de couper une oreille.
La bienséance m’interdit de dire ce que je pense du troisième et pourtant …… . Tristan Barroso ne peut que l’envoyer (pas très joliment) ad patres, silence. Le dernier n’a rien d’exceptionnel mais il permet au jeune torero de construire une faena avec de bons passages sur les deux côtés. Une entière tombée conclut la corrida, oreille.
Fiche technique
- Arènes de Mont de Marsan, troisième corrida de la Madeleine 2026. Toros de Zacarias Moreno.
- Miguel Angel Perera : silence (avis), silence.
- Victor Hernandez : silence, oreille.
- Tristan Barroso: silence (avis), oreille.
- Treize piques, cuadra Bonijol
- Salut de Mathieu Guillon au troisième.
- Présidente: Colette Lacomme
- 3/4 d’arène
- Le décalage à 19h rend la température supportable. Trois gouttes de pluie sont tombées au dernier toro.
Toro à toro
Numéro 20 Golondrino Miguel Angel Perera
Le premier Zacarias Moreno se feine dans la cape de Miguel Angel Perera. Il prend un premier puyazo en poussant. La seconde rencontre est purement formelle. Début de faena par doblones, le toro est soso. Sa charge est courte et désordonnée. Perera le cite de loin mais il ne fixe pas. Le torero de Badajoz en tire en insistant une bonne série à droite. A gauche, le torero s’en voit ne parvient pas à tirer une passe correcte à un animal de plus en plus décomposé. Retour à droite pour conclure, c’est techniquement bien mais cela ne transmet rien. Un avis sonne, Perera met une entière de travers. Le toro tarde à tomber. Le premier descabello est le bon. Silence.



Numéro 11 Coletero Victor Henandez
Le second n’est pas des plus beaux. Et en plus il a tout du comportement d’un manso quand Victor Hernandez le cite avec sa cape. Sans mise en suerte, il prend une première pique donnée le cheval appuyé contre les planches. La seconde est carioquée. Le tercio de banderilles est lamentable. Hernandez commence par des doblones, le toro manque cruellement de race. Il est andarin et juste de forces. Le torero parvient à l’obliger à reste dans la muleta pour une bonne série à droite. A gauche, le torero fait l’effort pas le toro. Retour à droite, le Zacarias part aux planches et? comble de la mansedumbre, refuse le combat. L’épée est entière mais dans le recoin. Silence.



Numéro 72 Farolero Tristan Barroso
Tristan Barroso attend le troisième à porta gayola. Le toro freine des quatre fers quand on lui présente une cape.Il prend deux vilaines piques données devant la porte du patio de caballos. La lidia est catastrophique. Mathieu Guillon salue après deux bonnes paires de banderilles. Début de faena par cambiadas et pechos, le toro est suelto. Le toro a une charge de manso décasté. Il ne s’intéresse à la muleta que lorsqu’elle est au sol. Difficile de tirer le moindre muletazo à ce charolais. Barroso abrège rapidement. Tout se termine par un bajonazo long à faire effet , un avis sonne. Le torero entre à nouveau à matar et met un nouveau bajonazo. Silence.



Numéro 47 Pantanoso Miguel Angel Perera
Le quatrième est très vilain. Il sort abanto. Il met la tête dans la cape de Miguel Angel Perera .Très mal lidié, il prend une première pique trasera et un picotazo. Perera double son Zacarias Moreno. En début de faena, le toro est à peine moins pire que les trois précédents. Mais cela ne veut pas dire qu’il ait de la race ou un brin de caste. Il répond aux cites de Perera sans envie. Malgré les efforts du torero la faena manque d’intensité et surtout d’intérêt. La faena est longue et triste comme un jour sans Perrier Menthe. Perera pinche puis place une demie tombée. Le premier descabello nous libère d’un pensum difficile à supporter. Silence.



Numéro 54 Cebadillo Victor Hernandez
Le cinquième est abanto. Il ne s’emploie pas dans la cape de Victor Hernandez. Trop piqué, il fait illusion lors de la première rencontre. Comme souvent la seconde rencontre se limite à un picotazo. Hernandez commence la faena par des statuaires au centre du ruedo. Le toro est tardo mais noble, il permet au torero de donner une bonne première série à droite. A gauche, il se défend plus qu’il ne charge. Retour à droite, chaque toque fait reculer le toro. En insistant, Hernandez lui arrache quelques derechazos et un bon pecho. La dernière série est la meilleure de la faena. L’estocade fulminante fait tomber la première oreille de la tarde.



Numéro 80 Cabezon Tristan Barroso
Le dernier est juste de forces et met la tête sans style dans la cape de Tristan Barroso. Mal lidié, il prend une première pique en poussant sur une corne. Il fait chanter les étriers lors de la seconde rencontre. La troisième rencontre ne s’imposait pas. Tristan Barroso brinde à Curro Vasquez. Début de faena par doblones, le toro manque de race mais le jeune torero s’applique et donne une série méritoire à droite. A gauche, l’animal est tardo mais Barroso instrumente une belle naturelle. Il continue sur ce piton avec succès. Retour à droite pour des derechazos qui plaisent au public. Les dernières naturelles sont les meilleures de la faena. Un pinchazo précède une épée tombée. Une partie du public demande et obtient une oreille contestée par l’autre au vu de l’emplacement de l’épée.



Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour.
