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Mont de Marsan, Dorian en toute vérité.

Mont de Marsan, Dorian en toute vérité.

Si la corrida de ce jeudi à Mont de Marsan a été entretenue, on le doit à un lot d’Escolar Gil aux comportements variés mais toujours intéressants et à l’envie de bien toréer de Dorian Canton.

Le jeune béarnais jouait gros lors de cette corrida. Avec beaucoup de sincérité et de courage, malgré le peu de toros lidiés par lui ces dernières années, il a construit deux faenas intéressantes. La première plus complète parce que le toro permettait plus que le dernier au comportement incertain voire fourbe. Dorian a confirmé qu’il était un toro de vérité et qu’il méritait que les organisateurs lui fassent confiance.

Pepe Moral n’a pas démérité. Même s’il est loin du toro quand il toréé, il a donné quelques séries templées et d’autres méritoires.

Quand on sieur Ferrera, il a été aussi peu mauvais et peu à concerner qu’il ne l’a été à Céret. Peut-être n’aime-t-il pas l’Aficion Française mais plus cela va plus celle-ci le lui rend bien.

Les toros

Même si tout n’est pas parfait, quand il y a des toros d’Escolar Gil il se passe toujours quelque chose en piste. La présentation du lot de ce jeudi était superbe. Pour les amateurs de comparaison, ils étaient plus forts qu’à Céret mais avaient un tout petit (juste un peu) moins de tête. Au cheval, ils ont été plus mansos que braves mais il y a quand même eu vingt piques lors de cette corrida. A la muleta, les second, troisième et cinquième étaient exigeants mais offraient des options au moins sur une corne . Le sixième a été plus compliqué voire même sournois. Pour ce qui est des toros « non lidiés » par Ferrera, il est difficile de les juger. Comme à Céret, le mayoral a été appelé à saluer.

Les toreros

Le premier n’est pas simple. Antonio Ferrera n’est pas en confiance et ne cherche pas à résoudre l’équation. Il tue en plus avec prudence et très mal. Bronca. Rien à dire sur la non faena d’Antonio Ferrera à son second ni sur la mise à mort très habile. Pitos.

Le second a une bonne corne gauche. Pepe Moral utilise ce bon piton pour donner des naturelles allurées mais distantes. La mise à mort est laborieuse. Salut. Le cinquième manque de rythme et Pepe Moral torée sur le pico. La conclusion avec les aciers est laborieuse. Silence.

Dorian Canton coupe une oreille après une bonne faena sincère et efficace face à un bon toro d’Escolar et une épée légèrement tombée. Le dernier est sournois , le Français lui arrache avec sincérité des muletazos méritoires. Il tue en deux temps, vuelta.

Fiche technique
  • Arènes de Mont de Marsan, seconde corrida des Fêtes 2026. Toros d’Escolar Gil
    • Antonio Ferrera: bronca, pitos.
    • Pepe Moral : salut, silence (avis).
    • Dorian Canton : vuelta, oreille.
  • Vingt piques, cuadra Bonijol
  • Le mayoral a salué à l’issue de la course.
  • Président: Hugo Lavigne
  • 3/4 d’arène
  • Toutes les corridas estivales devraient débuter à 19h.
Toro à toro
Numéro 36 Artillero Antonio Ferrera

Le premier est sérieux de présentation. Il se freine dans la cape de Antonio Ferrera. Bien piqué, il pousse à la première rencontre. La seconde pique est légère. Il en est de même de la troisième. Palmas à Gabin Rehabi. Le toro coupe tel un cocardier au second tercio. Ferrera double avec précaution un toro qu’il a rendu incertain. Le début de la faena est du type chasse mouches. Le toro exige un peu, le torero n’est pas en confiance donc Ferrera abrège. L’épée, portée avec prudence, est basse. Nouvelle épée, nouveau bajonazo, le puntillero relève le toro. Bronca au torero, palmas au toro.

Numéro 50 Canastero Pepe Moral

Le second est ovationné à son entrée en piste. Il est piqué à la sortie du patio de caballos pour la première rencontre. Le toro semble avoir pris un coup contre un burladero. La seconde est légère, la troisième est inutilement appuyée et la quatrième inutile. Le toro est très mal banderillé. Pepe Moral commence sa faena par des doblones. Compliqué le toro est court de charge à droite et le torero met une distance certaine entre lui et l’animal.

A gauche, l’Escolar passe mieux et permet au torero de lier deux bonnes séries avec un certain temple . Retour à droite, le toro s’arrête à mi-passe. La série suivante à gauche est brouillonne et Moral se fait désarmer. Il part chercher l’épée de muerte. Dommage que le torero ait toréé sur le pico. Il met une quasi entière tombée. C’est compliqué avec le descabello. Palmas au toro et salut du torero.

Numéro 34 Cortesano Dorian Canton

Le troisième est lui aussi applaudi à son entrée en piste. Il saute dans la cape de Dorian Canton qui le reçoit avec efficacité. Très bien piqué, le toro pousse lors de la première rencontre. Le cheval, blessé, doit être remplacé. L’Escolar s’emploie moins lors de seconde rencontre. La troisième pique est correcte.

Début de faena par doblones, le béarnais enchaîne sur une bonne série à droite. Le toro chacaille mais il passe quand même. Après une autre série sincère de derechazos, le torero prend la main gauche pour une bellee série de naturelles. La suivante est très sincère. Le toro est sérieux mais si on le prend bien est noble. A droite, il est plus difficile d’enchaîner. L’épée, portée avec engagement, résulte légèrement tombée et est efficace. Oreille chaleureusement fêté pour le torero et palmas au toro.

Numéro 49 Curtidor Antonio Ferrera

Le quatrième est lui aussi bien présenté. Antonio Ferrera fait le minimum à la cape. Mal mis en suerte, le toro est mal piqué lors de la première rencontre. Mieux piqué, il pousse lors de la seconde pique. Même Angel Otero est mauvais dans la pose des banderilles. Début prudent par doblones lointains, les premiers derechazos sont aussi prudents. Les muletazos sont précautionneux et accompagnés d’un petit pas en arrière. Le toro n’est ni bon ni mauvais, on ne l’a pas vu et Ferrera, desconfiado, abrège. Première entrée à matar périphérique, la seconde est prudente mais efficace. Pitos.

Numéro 78 Conducido Pepe Moral

Ovation pour le cinquième à son entrée en piste. Pepe Moral le pare avec prudence. Mal piqué, le toro s’emploie quand même lors de la première rencontre . La seconde est un simple picotazo. La troisième pique est trasera et l’Escolar ne peut pas s’employer. La quatrième pique est la moins mal donnée, le toro lui ne pousse pas. Pepe Moral double le toro. L’Escolar manque de chispa mais il se laisse faire à droite. Il en est de même à gauche. Le torero s’applique mais use et abuse du pico. La faena manque d’intensité et de transmission. Pepe Moral pinche puis met une demie. Le toro tarde à tomber, un avis sonne. Silence.

Numéro 40 Casillero Dorian Canton

Le dernier est armé très large. Il est abanto et suelto, il humilie et freine dans la cape de Dorian Canton. Il sort seul de la première rencontre. Bien piqué, il pousse à la seconde rencontre. Il sort à nouveau seul de la troisième dès le contact avec le fer. Il se défend lors de la quatrième. Brindis au public, Dorian entame les débats par des derechazos. Le bicho,compliqué, se retourne vite. Le torero s’arrime malgré le danger. A gauche, l’Escolar est encore plus sournois. C’est difficile mais le torero ne recule pas. Une dernière série à droite , puis le béarnais prend l’épée. Il pinche avant de mettre une entière qui est concluante. Vuelta.

Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour.

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