San Isidro, le courage en bandoulière
San Isidro, le courage en bandoulière
Run run des grandes occasions au moment du paseo de cette corrida du 4 juin. Dans les corrales 2 Santiago avaient pris place de 2 Jandilla.
Résumé
Le vent qui souffla par intermittence géna les toreros et les obligèrent à toréer dans les terrains du tendido 5 et 6 par obligation et non par choix. C’est un élément dont il faut tenir compte au moment du décompte final.
Par ailleurs, la corrida restera dans les mémoires comme celle où Victor Hernandez a définitivement marqué Madrid de son empreinte. On le compare souvent à José Tomas. Qu’on le laisse tranquille avec ça, car son courage et sa valeur n’appartiennent qu’à lui. Son combat au sixième fut un monument d’émotions. Le toro de Santiago Domecq était d’une dureté incroyable et la volonté d’Hernandez fut tout aussi incroyable. Le mauvais maniement de l’acier lui coûta des récompenses qui dépassent les ovations qu’il reçut en saluant.
Emilio de Justo aurait pû lui aussi repartir avec au moins une oreille. Il tomba sur le meilleur toro de l’après-midi (le 4°) et sut en profiter sur la fin de sa faena. Emilio aurait gagné à avoir un peu plus de quiétude dans toutes ses entreprises. Son usage des aciers fut défectueux ce jour.
Borja Jimenez a passé l’après-midi la tête ailleurs semble t-il, sûrement à son encerrona en ces lieux dimanche prochain.
Toros
Par ordre de sortie : Opaco-Jandilla-591kg / Libelula-Jandilla- 547kg / Zorrero-Jandilla 582kg / Lacerado-Jandilla-543kg / Piernasuelta-Santiago Domecq 542kg / Versado-Santiago Domecq- 567kg
Les toros de Jandilla, offrirent de la noblesse pour les 1° et surtout le 4°, de la fadeur pour le 2°, une charge courte et d’options limitées pour le 3°. Le Santiago Domecq sorti en 5° fut plus beau que bon et le 6° du même fer durissime et dangereux. Ce fut le seul qui alla se frotter avec une vraie envie d’en découdre au cheval.
La Corrida
Emilio de Justo
Au moment où sort l’imposant premier, le vent se lève et gène la reception au capote. Aprés deux piques le Jandilla offre sa noblesse sans grande étincelle au torero extremeño. Après quelques essais droitiers, c’est sur le côté gauche que De Justo va servir les meilleures passes dans un ensemble qui va « a mas ». Les « naturelles » de la droite chauffe le public. 2 mauvaises épées et 12 descabellos plus tard, l’ambiance a changé et le public est à la limite de se retourner. Silence courroucé et ovation au Jandilla.
Derrière ses grandes cornes, il n’y a pas beaucoup de carcasse pour le 4ème et dernier Jandilla de la course. De Justo n’est pas très inspiré au capote et de nouveau les piques restent anecdotiques. Le torero de Torrejoncillo attaque d’entrée de jeu en cherchantl’abri du vent au tendido 6. Son début de faena est très électrique et le torero dans l’excitation. Puis avec des naturelles, il arrive à trouver plus de sérennité et la faena gagne en qualité et va nettement « a mas ». Beau final par le bas. L’épée par contre est laide et fait se divisdr les opinions. Le toro tombe après le 2eme avis et un descabello. Le.noble Jandilla repart sous l’ovation
Borja Jiménez
Le 2eme de l’envoi obtient une chute surprise du groupe équestre avant de prendre une ration dans l’épaule. Après un bon démarrage de faena par le bas histoire d’éduquer le toro à charger tête en bas, le vent s’invite à nouveau. Il gène considérablement le torero qui doit changer de terrain. Une longue faenita se déroule, Borja étirant en pure perte son ouvrage ambidextre commencé au tendido 1 et fini à l’opposé au 5. Silence après avis et 3 épées.
Un señor toro de Santi Domecq sort en cinquième position. Une robe spectaculaire, des cornes vers le haut et une corpulence qui porte bien ses 542kg. Bravito en deux piques. Il prend les inversées initiales que lui propose le torero d’Espartinas. Ce sera le seul moment où toro et torero s’accorderont. Borja enchaîne les séries désincarnées, la tête sûrement à son encerrona de dimanche. Silence.
Víctor Hernández
Quelques protestations accueillent le noir 3ème. Se donnent deux piques pour des questions de règlement , et non de nécessité. Hernandez va de suite checher l’abri du vent. Le debut impavide par statuaires et passes dans le dos est prometteur. Mais le Jandilla n’a pas beaucoup de parcours. En raccourcissant les distances Victor dans un effort méritoire lutte contre le toro et l’apathie – pas l’affreux Jean Michel du même nom – mais celle du Jandilla. Les Bernardinas finales, hyper ajustées, precèdent epée, avis et descabello. Saluts.
Un Santi Domecq sort en 6ème position. Des les premiers coups de cape, il inflige une angoissante, violente et spectaculaire voltige à Victor Hernandez qui ne doit qu’à ses saints protecteurs de ne s’en sortir qu’avec le costume déchiré. Le toro part promptement au cheval où il subit deux sévères chatiments. Le piquero repart sous la bronca. Le reste se vit plus qu’il ne se décrit. Le Santi défend chèrement sa peau et il faut aller lui prendre les passes les unes après les autres. Hernandez le fait au prix d’un autre miracle alors que suspendu à la corne, le toro l’épargne on ne sait encore comment. Impassible sans se regarder avec un couage et une volonté d’airain, il repart en découdre. Une entiére laisse espérer une oreille mais le maniement répétitif du descabello fait tout tomber à l’eau. Très grosse ovation lors du salut.
Fiche Technique
- Madrid, Las Ventas – 24ème festejo de la San Isidro. Toros de Jandilla (1, 2, 3, 4°) et Santiago Domecq (5, 6°) pour
- Emilio de Justo : silence (2 avis), silence (2 avis)
- Borja Jiménez : silence (avis), silence
- Víctor Hernández : saluts (avis), saluts
- 12 piques – cuadra Equigarce
- Président : José Luis Gonzalez
- Public : plein ou tout comme
- Météo : chaleur supportable- et vent soufflant par intermittence.
Philippe – vu du Tendido 6
