Les ganaderías de toros bravos : élevages, histoire et traditions
La ganadería constitue l’un des fondements de la tauromachie. C’est au campo, dans les pâturages où grandit le toro bravo, que se perpétuent les traditions d’élevage et les choix de sélection qui façonnent les caractéristiques du toro de lidia.
Derrière chaque fer se trouvent une histoire, des générations de ganaderos et une conception particulière de la bravoure. De la sélection des reproducteurs à la tienta, en passant par l’élevage extensif et la préservation des encastes, le travail du ganadero joue un rôle essentiel dans l’avenir du toro bravo.
En Espagne, en France et au Portugal, les ganaderías participent également à la préservation d’un patrimoine rural, culturel et génétique singulier.
À travers ses articles, ses portraits et ses reportages au campo, Tertulias vous invite à découvrir les ganaderías, leur histoire, leurs particularités.
L’élevage du toro bravo : sélection et traditions
L’élevage du toro bravo repose sur un travail de sélection qui s’inscrit dans la durée. Contrairement à d’autres formes d’élevage bovin, la ganadería de lidia recherche des aptitudes comportementales particulières. On y recherche la bravoure, la mobilité, la répétition des charges et la capacité à répondre aux sollicitations.
La tienta, épreuve de sélection pratiquée dans les ganaderías, permet notamment d’évaluer le comportement des vaches reproductrices et, dans certaines conditions, celui des mâles destinés à la reproduction.
Chaque ganadero développe ainsi ses propres critères de sélection. Il les détermine, en fonction de l’origine génétique de son élevage et du type de toro qu’il souhaite produire.
La vie au campo, généralement dans un système d’élevage extensif, contribue également à l’identité du toro bravo. Les animaux grandissent dans des espaces où les conditions naturelles, l’alimentation et la conduite du troupeau occupent une place essentielle.
Au-delà de sa dimension taurine, la ganadería participe à l’entretien de paysages ruraux caractéristiques, notamment ceux de la dehesa ibérique et des territoires d’élevage de Camargue.
À la découverte des ganaderías
Chaque ganadería possède une identité forgée par son histoire, ses origines génétiques, son territoire et les choix de sélection de ses éleveurs.
Des élevages historiques espagnols aux ganaderías françaises, la diversité du campo bravo témoigne de différentes conceptions de la bravoure et du comportement du toro de lidia.
À travers ses visites au campo, ses rencontres avec les ganaderos et ses reportages photographiques, Tertulias vous propose de découvrir ces élevages, leur patrimoine et leurs particularités.
Les ganaderías espagnoles
Hermanas Azcona
Installée en Navarre, la ganadería Hermanas Azcona est née en 2013 d’une passion familiale pour le toro bravo. Porté par Yolanda et Beatriz Azcona, avec leur père Félix, cet élevage s’est construit autour d’une origine Daniel Ruiz. Elle s’est progressivement enrichie par des apports de Victoriano del Río.
La sélection y repose sur une recherche de mobilité, de charge longue et surtout d’humiliation. La tienta, l’observation des reproducteurs et le travail sur la solidité des animaux occupent une place centrale dans cette démarche.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Félix Azcona évoque les difficultés de l’élevage.
Lire notre entretien : Hermanas Azcona, patience, sélection et afición.
Juan Luis Fraile
Héritier d’une tradition familiale remontant à 1972, Juan Luis Fraile poursuit à Salamanque l’élevage d’un toro issu de l’encaste Graciliano Pérez Tabernero. Il est réputé pour sa personnalité, sa bravoure au cheval et son exigence en piste.
Profondément attachée à ses origines, cette ganadería a marqué les arènes françaises, notamment Vic-Fezensac, Orthez, Bayonne et Mont-de-Marsan. Malgré les difficultés sanitaires qui ont durement éprouvé l’élevage et entraîné la disparition de nombreuses lignées, Juan Luis Fraile demeure fidèle à une sélection privilégiant la bravoure, la caste et la transmission d’émotion.
À la tête également du fer de María Cascón, d’origine Atanasio, le ganadero défend deux conceptions complémentaires du toro bravo.
Dans un entretien accordé à Tertulias, il évoque l’héritage paternel, les défis de la sélection et son souhait de retrouver les arènes françaises.
Lire notre entretien : Juan Luis Fraile, « retrouver la France ».
Ana Romero
La ganadería Ana Romero, installée à Alcalá de los Gazules, dans la province de Cadix, incarne une fidélité remarquable à l’encaste Santa Coloma, dans sa branche Buendía.
Née à la fin des années 1950 de la passion des parents de Lucas Carrasco Romero, et notamment de sa mère Ana, dont elle porte le nom, cette ganadería s’est développée avec le soutien déterminant de Joaquín Buendía.
À la tête de l’élevage depuis 1999, Lucas Carrasco Romero poursuit une sélection exigeante. Il accorde une importance particulière à la bravoure au cheval, à la fijeza, au recorrido et à l’humiliation. Son travail repose sur la préservation d’un toro doté d’une personnalité affirmée, loin des effets de mode.
Dans un long entretien accordé à Tertulias, le ganadero revient sur l’histoire familiale, la transmission entre générations, les difficultés de la sélection et les liens privilégiés de son élevage avec l’afición française.
Lire notre entretien : Ana Romero, une histoire de famille.
Reta de Casta Navarra
À Grocin, en Navarre, Miguel Reta poursuit depuis 1996 une entreprise singulière. Il veut préserver le patrimoine génétique de la Casta Navarra et tenter de redonner à ces toros historiques une place dans les arènes.
Ingénieur agronome de formation, il a entrepris de réunir plusieurs lignées anciennes de cet encaste, longtemps associée principalement aux fêtes taurines populaires. Son travail de sélection vise à retrouver les qualités nécessaires à la lidia. Il accordant une importance fondamentale à la bravoure au cheval.
Cette démarche s’appuie sur trois fers distincts : Reta de Casta Navarra, Alba Reta et César Reta. Elle illustre les difficultés rencontrées. Comment préserver une identité génétique tout en adaptant le comportement des animaux aux exigences de la corrida contemporaine.
Les expériences de Céret, Estella ou San Agustín de Guadalix témoignent des espoirs, mais aussi des obstacles rencontrés.
Dans un entretien approfondi accordé à Tertulias, Miguel Reta revient sur près de trente années de sélection, les enjeux de conservation de la Casta Navarra et les incertitudes économiques qui pèsent sur l’avenir de cette aventure.
Lire notre entretien : Reta de Casta Navarra, le défi de l’impossible.
Pincha
Installée à la finca El Ontañal, à Lodosa, en Navarre, la ganadería Pincha, conduite par José Antonio Baigorri, s’est progressivement imposée comme une référence dans le circuit des novilladas espagnoles, notamment à Pampelune.
Créé en 2002 avec du bétail de Puerto de San Lorenzo, l’élevage a connu une profonde réorientation à partir de 2011, avec l’introduction d’animaux de Gerardo Ortega, puis de Marqués de Domecq.
José Antonio Baigorri poursuit une sélection exigeante, dans laquelle la bravoure au cheval constitue un critère fondamental. Il n’en néglige pas pour autant la qualité des charges à la muleta, l’humiliation, la mobilité et la durée de l’effort. Le reproducteur Milagroso a notamment joué un rôle déterminant dans la construction de l’identité de la ganadería.
Régulièrement présente à la Feria del Toro de Pampelune, Pincha a également obtenu des succès à Calasparra et à Saint-Perdon, en France.
Dans un entretien accordé à Tertulias, José Antonio Baigorri évoque les responsabilités liées à Pampelune, ses méthodes de sélection, les difficultés sanitaires rencontrées et son ambition de voir un jour ses toros combattre dans les grandes arènes.
Lire notre entretien : Pincha, « ne pas décevoir Pampelune ». et notre reportage Pincha , la ganaderia qui monte
Les ganaderias françaises
El Palmeral
Créée en 1992 à Arraute-Charrite, au Pays basque, la ganadería El Palmeral, conduite par Olivier Martin, cultive une identité singulière autour de l’encaste Atanasio Fernández et de l’héritage d’Antonio Ordóñez.
Son histoire est celle d’une passion pour la sélection du toro bravo. C’est celle aussi d’un engagement en faveur de la préservation de lignées devenues rares. La réintroduction récente d’animaux provenant de l’élevage historique d’Antonio Ordóñez illustre cette volonté de conserver un patrimoine génétique tout en poursuivant une sélection personnelle.
Dans un grand entretien accordé à Tertulias, Olivier Martin revient sur plus de trente années d’élevage, ses choix de sélection et sa conception d’une véritable « ganadería d’auteur ».
Lire notre entretien : El Palmeral, une ganadería d’auteur.
Blohorn
Implantée en Camargue, la ganadería Blohorn possède une histoire familiale qui remonte à 1965, lorsque André Blohorn acquiert ses premiers reproducteurs d’origine Antonio Pérez Tabernero.
Après plusieurs décennies de sélection et de résultats contrastés, l’élevage prend une nouvelle orientation au milieu des années 1990. Est introduit du bétail de Jandilla, complété par un reproducteur de Los Guateles, d’origine Domecq.
Aujourd’hui, Rémi Chabre poursuit cette aventure familiale avec une ambition renouvelée, accompagné notamment de Patrick Alarcon, longtemps mayoral de la ganadería. La sélection privilégie la bravoure au cheval, la mobilité, la noblesse et la transmission de ces qualités au sein des familles de reproducteurs.
Dans un entretien accordé à Tertulias, les responsables de l’élevage évoquent les difficultés de la transmission, les conséquences de la crise sanitaire, les enjeux de préservation du patrimoine génétique et leur volonté de retrouver une place importante dans les arènes.
Lire notre entretien : Blohorn, la Foi et l’Espérance.
Gallon Frères
Fondée en 1956 par Aimé Gallon, la ganadería Gallon appartient à l’histoire de l’élevage du toro bravo en Camargue. D’abord constituée à partir de bétail d’origines diverses, elle a progressivement affirmé son identité grâce à un patient travail de sélection.
Un tournant décisif intervient en 1999, lorsque Michel Gallon introduit du bétail provenant de Hermanos Sampedro, après les graves difficultés sanitaires qui avaient décimé le troupeau. Ces nouveaux apports permettent de reconstruire l’élevage et de consolider une sélection privilégiant la noblesse, la classe et la capacité du toro à mettre en valeur le travail du torero.
Attaché à une tauromachie où le toro doit charger avec franchise, mobilité et transmission, Michel Gallon défend une conception personnelle de la bravoure, dans laquelle le comportement à la muleta occupe une place essentielle.
Dans un entretien accordé à Tertulias, il revient sur l’histoire de l’élevage, les difficultés traversées, les succès rencontrés dans les arènes françaises et espagnoles, mais aussi sur la transmission de cette passion à ses fils Paul et Thomas.
Lire notre entretien : Michel Gallon, que l’histoire continue !
Cuillé
Au Mas du Grand Badon, en Camargue, la ganadería Cuillé perpétue une aventure familiale commencée en 1998 sous l’impulsion de Philippe Cuillé. Initialement constitué avec du bétail de Sepúlveda de Yeltes, l’élevage a dû être entièrement reconstruit après un abattage sanitaire. Il s’oriente vers des origines Domecq, à travers Miranda de Pericalvo.
À la disparition de son époux, Dominique Cuillé s’est retrouvée à la tête d’un élevage dont elle ne maîtrisait pas encore les exigences. Avec détermination, et grâce à l’aide de proches et de professionnels, elle a progressivement appris le métier de ganadera. Elle assume les difficultés de la sélection, les incertitudes de la reproduction et les contraintes économiques propres à l’élevage du toro bravo.
Attachée à la qualité plutôt qu’à la quantité, elle privilégie notamment la production de novillos. Elle poursuit un travail de sélection fondé sur l’observation des animaux et de leurs lignées.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Dominique Cuillé raconte cet apprentissage, les réussites et les épreuves traversées, ainsi que sa volonté de faire vivre durablement la ganadería familiale.
Lire notre entretien : Dominique Cuillé, le défi permanent.
San Sebastian
Créée en 2008 par Gilles Vangelisti, au pied du Pic Saint-Loup, dans l’Hérault, la ganadería San Sebastian est avant tout une aventure familiale. Aux côtés de son fondateur, son fils Matthieu participe activement à la conduite de l’élevage, tandis que Valentin, représentant la troisième génération, découvre à son tour la passion du toro bravo.
Constituée à l’origine à partir d’une quarantaine de vaches marquées du fer de Jandilla, acquises auprès de Torrehandilla, la ganadería a progressivement construit son identité autour de cette souche. Après ses premières novilladas à Tarascon et Nîmes, elle franchit une nouvelle étape en 2022 avec sa première corrida à Châteaurenard.
La sélection privilégie la bravoure, la mobilité, la noblesse et surtout la régularité des comportements. Gilles et Matthieu Vangelisti accordent une attention particulière aux familles de reproducteurs. Ils ont la volonté de conserver la caste et la personnalité de leurs origines Jandilla.
Dans un entretien accordé à Tertulias, les deux ganaderos évoquent leur apprentissage, les difficultés rencontrées, les choix de sélection et les émotions procurées par leurs toros.
Lire notre entretien : San Sebastian, une histoire de famille.
Fernay y sus hijas
Fondée en 1953 par les parents d’Olivier Fernay, la ganadería du Mas des Jasses, aux portes d’Arles, appartient à l’histoire des élevages français de toros bravos.
Initialement constituée à partir de bétail d’origine Yonnet et Pouly, elle a progressivement évolué vers des lignées Jandilla et Victoriano del Río, notamment à partir de 2002. Olivier Fernay a choisi de préserver certaines familles de reproducteurs tout en recherchant un équilibre entre bravoure, caste, mobilité et toréabilité.
La sélection occupe une place centrale dans son travail. Lors des tientas, il accorde une importance particulière à la bravoure au cheval, à la qualité du galop, à l’humiliation et à la capacité des animaux à maintenir leurs qualités tout au long de la faena.
L’élevage a connu une étape marquante en 2023 avec la présentation de novillos dans les arènes de Madrid. Une expérience aussi prestigieuse que difficile, révélatrice des obstacles auxquels peuvent être confrontées les ganaderías françaises.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Olivier Fernay revient sur sept décennies d’histoire familiale, ses choix de sélection, les réalités économiques de l’élevage et son souhait de transmettre cette passion à ses deux filles.
Lire notre entretien : Olivier Fernay, « l’élevage doit rester une passion ».
Yonnet
Fondée en 1859 par Joseph Yonnet, la ganadería Yonnet, installée à La Belugue, en Camargue, occupe une place singulière dans l’histoire de l’élevage français du toro bravo. Souvent surnommés les « Miura français », ses toros ont acquis une réputation de sérieux, de caractère et d’exigence en piste.
L’histoire de l’élevage est indissociable de celle de la famille Yonnet. Plusieurs générations ont contribué au développement de la ganadería. Hubert Yonnet a notamment marqué la tauromachie française en présentant ses toros à Madrid, où l’élevage a obtenu son ancienneté en 1991, puis à Séville l’année suivante.
Issue historiquement de bétail Pinto Barreiros, la ganadería poursuit aujourd’hui une sélection fondée sur ses propres lignées. Les deux fers, Hubert Yonnet et Christophe Yonnet, sont conservés et conduits parallèlement, avec leurs particularités respectives.
À la tête de cette tradition familiale, Charlotte Yonnet recherche un toro alliant présence, bravoure, mobilité et transmission, sans renoncer au caractère qui a fait la réputation de l’élevage. Elle souligne également les difficultés économiques et les incertitudes qui pèsent sur l’avenir des ganaderías françaises.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Charlotte Yonnet revient sur l’héritage familial, les exigences de la sélection, les succès dans les arènes et la relation particulière qui unit le ganadero à ses toros.
Lire notre entretien : Yonnet, l’histoire continue…
Turquay
Installée au Mas des Cavales, à Eyguières, en Provence, la ganadería Turquay perpétue une tradition familiale dont Emmanuel « Manu » Turquay représente la troisième génération.
Créé en 1976 par son père Jean-François, l’élevage a d’abord travaillé avec différentes origines, notamment Guardiola. Il connaît un tournant décisif en 1996. Contraint de reconstituer son troupeau après un abattage sanitaire lié à la leucose, il s’oriente alors vers l’encaste Santa Coloma, avec du bétail issu de Pablo Mayoral.
À partir de 2015, Manu Turquay entreprend un nouveau travail de sélection en introduisant des reproducteurs d’origine Buendía. Son ambition est de préserver les qualités de caste, de bravoure au cheval et de personnalité propres à cet encaste, tout en recherchant davantage de classe, d’humiliation et de transmission dans les charges.
Attaché à un toro exigeant, capable d’aller a más au cours de la lidia, le ganadero défend une conception personnelle de la sélection. La qualité des tientas et la connaissance des familles de reproducteurs occupent une place essentielle.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Manu Turquay revient sur cette histoire familiale, les difficultés de l’élevage, les résultats encourageants obtenus à Orthez et Riscle en 2023, ainsi que son ambition de présenter un jour une corrida complète.
Lire notre entretien : Turquay, voyage au pays du toro gris.
Pagès-Mailhan
Créée en 2000 en Camargue par Philippe Pagès et Pascal Mailhan, la ganadería Pagès-Mailhan s’est construite autour d’une conception exigeante mais pragmatique de l’élevage du toro bravo. Installée au Mas des Jasses, elle bénéficie d’un vaste territoire permettant une conduite largement extensive du troupeau.
Initialement constituée avec du bétail de César Chico, d’origine Santa Coloma, la ganadería a progressivement changé d’orientation avec l’introduction de reproducteurs issus de Fuente Ymbro, acquis auprès de Julio García. Ce choix a profondément marqué son évolution et contribué à ses premiers succès importants dans les arènes.
Après la disparition de Philippe Pagès en 2021, son épouse et ses enfants ont poursuivi l’aventure aux côtés de Pascal Mailhan et de son fils Pierre.
La sélection repose sur une recherche de mobilité, de bravoure au cheval et de transmission d’émotion. Les éleveurs défendent un toro capable de répéter ses charges et de conserver son énergie tout au long de la lidia. Ils ne se laissent pas enfermer dans une opposition entre conceptions toriste et toreriste.
Dans un entretien accordé à Tertulias, Pascal et Pierre Mailhan reviennent sur les origines de la ganadería, les difficultés de la sélection, les succès rencontrés notamment à Nîmes et Saint-Vincent-de-Tyrosse, ainsi que sur leur volonté de préserver un élevage respectueux de son environnement.
Lire notre entretien : Pagès-Mailhan, au-delà des obstacles.
La Espera
Créée en 2015 par Jean-François Majesté, la ganadería La Espera s’est installée en 2017 à Cagnotte, dans les Landes, après deux années durant lesquelles son bétail avait été accueilli en Camargue. Constituée à partir de reproducteurs provenant notamment d’Olivier Fernay, puis complétée par des apports de Jean-Marie Raymond, elle s’appuie sur des origines Jandilla et Victoriano del Río.
Rapidement remarquée dans le circuit des novilladas sans picadors du Sud-Ouest, La Espera connaît une temporada 2021 particulièrement réussie, avec plusieurs distinctions et des novillos remarqués à Dax, Bayonne ou Mont-de-Marsan. Le semental Nazareño, disparu cette même année, a joué un rôle déterminant dans les premiers succès de l’élevage.
La sélection menée par Jean-François Majesté privilégie un toro sérieux, harmonieux, doté de race, de fijeza, d’humiliation et surtout de cette capacité à transmettre de l’émotion qui distingue, à ses yeux, un animal véritablement encasté. La recherche de régularité et la connaissance des familles de reproducteurs constituent les fondements de son travail.
Dans un entretien accordé à Tertulias , le ganadero revient sur les difficultés de son installation, les succès de ses premières temporadas, les contraintes économiques des novilladas sans picadors et son ambition de faire progressivement évoluer son élevage vers les novilladas piquées.
Lire notre entretien : La Espera, travail, patience, passion.
Alma Serena
Installée à Aurice, dans les Landes, la ganadería Alma Serena est une aventure familiale portée par Philippe Bats, qui l’avait créée avec son frère Pierre, disparu en 2019.
L’élevage s’est construit autour de différentes origines, notamment Algarra et Miranda de Pericalvo, complétées par l’utilisation de reproducteurs issus de Garcigrande. Cette diversité a conduit Philippe Bats à mener un patient travail de sélection pour rechercher davantage de régularité, de bravoure et de qualité dans les charges.
Particulièrement présente dans le circuit des novilladas sans picadors du Sud-Ouest, Alma Serena a progressivement acquis une réputation grâce à ses erales, notamment dans les arènes de Mugron, Hagetmau, Maurrin et Bayonne.
Dans sa sélection, Philippe Bats accorde une importance particulière à la bravoure au cheval, à la fijeza, à l’humiliation et à la répétition des charges. Il insiste également sur la nécessité de prendre le temps d’évaluer les familles de reproducteurs avant d’engager l’élevage vers de nouvelles étapes.
Dans un entretien accordé à Tertulias en 2023, le ganadero revient sur les difficultés sanitaires, les conséquences de la pandémie, les résultats obtenus dans les arènes et ses ambitions pour l’avenir.
Lire notre entretien : Alma Serena, « Les toros ? C’est affaire de patience ! » et Alma Serena, des projets plein la tête
Les ganaderías et leurs encastes : comprendre les origines du toro bravo
Chaque ganadería possède une histoire particulière, mais son identité repose aussi sur les origines du bétail qu’elle élève. Les encastes du toro bravo sont le résultat de plusieurs générations de sélection, au cours desquelles se sont développées différentes lignées présentant des caractéristiques morphologiques et comportementales spécifiques.
Certaines ganaderías ont conservé des origines historiques, tandis que d’autres ont fait évoluer leur cheptel en introduisant de nouvelles lignées. Ces choix reflètent la conception de la bravoure propre à chaque éleveur et les objectifs qu’il poursuit dans son travail de sélection.
De Miura à Santa Coloma, de Núñez à Juan Pedro Domecq, en passant par Atanasio Fernández ou la Casta Navarra, la diversité des origines contribue à la richesse du patrimoine taurin.
Pour mieux comprendre ces filiations et les particularités des principales lignées, consultez notre dossier : Les encastes du toro bravo : origines et caractéristiques.

