Les toros d’encaste Graciliano

Après Albaserrada, ce sont les toros d’encaste Graciliano qui sont à l’honneur.

Origine des Graciliano Perez Tabernero
La création de l’encaste

En 1905, le Comte de Santa Coloma a créé sa ganaderia à partir de toros et vaches d’origine Ibarra et Saltillo. En 1920 ,Il vend à son frère le Marquis de Albaserrada les reses les plus typées Saltillo. Dans la foulée D. Graciliano Pérez Tabernero lui achète 120 vaches et sementales les plus typés Ibarra. Ainsi est née la branche Graciliano de l’encaste Santa Coloma. Grâce aux produits d’un étalon, Mesonero, l’élevage a commencé à obtenir des résultats satisfaisants et à créer un type de taureau avec plus de bravoure, remportant des triomphes dans les principales arènes d’Espagne. L’un des bichos de Graciliano, Fandanguero, est devenu tristement célèbre pour avoir causé la mort en 1931 du torero Francisco Vega de los Reyes « Gitanillo de Triana ».

Les premières difficultés

En 1939, en proie à des problèmes économiques, le ganadero vend la quasi-totalité de sa vacada (400 têtes) à José Escobar Barrilaro, ne conservant que le fer, un étalon et quelques vaches. En 1940, le nouveau propriétaire transfère le bétail de Salamanque vers le Sud de l’Espagne. Le propriétaire actuel Mauricio a du faire face à des problèmes de présentation et de consanguinité résolus dans les années 90 par l’apport de deux sementales de José Chafik (Buendia). Il possède aujourd’hui une rame pur Graciliano (souvent juste de forces) et une , plus solide et de meilleure présentation issue du croisement avec Chafik.

Le renouveau des « Graciliano ».

Graciliano Perez Tabernero est un amoureux de l’élevage des toros. A partir des quelques têtes de bétail qu’il a conservées, il va rebâtir une ganaderia importante. Il meurt en 1950 , l’élevage est partagé entre ses enfants qui gardent le fer original et sa femme Trinidad Nogales. Ce second fer est acheté en 1962 par Javier Sánchez Ferrero de Salamanque. Revendu dix ans plus tard à Germán Pimentel et Matias Sanromán, la ganaderia est annoncée sous le nom de « Jarales de Huelmos ».

Les début de Juan Luis Fraile

En 1973, Nicolás et Juan Luis Fraile achètent devise et bétail. Ils s’installent pour s’installer à Robliza de Cojos, à deux pas de la finca historique de don Graciliano. La famille Fraile est déjà propriétaire de plusieurs fers (origine Atanasio Fernandez) et est bien instaléee dans le paysage ganadero de Salamanque. Très rapidement juan Luis Fraile se retrouve seul à la tête du bétail d’origine Gracilano.  A Madrid, Bayonne et Bilbao, les Juan Luis sortent de belle manière.

En 1999, Juan Luis décède. Il ne verra pas le triomphe de sa ganaderia à Madrid avec un toro Pensate qui fait la vuelta al ruedo et remporte tous les prix de la San isidro. La ganaderia est reprise par ses enfants Carolina et Juan Luis hijo. La tâche est dure pour les deux ganaderos qui doivent en plus gérer les fers de Puerto de San Lorenzo et Maria Cascon. L’élevage connait des moments difficiles. Des problèmes sanitaires affaiblissent le troupeau. Juan Luis est gravement blessé en 2001 (5 cornadas).
Petit à petit, la ganaderia se refait une santé. L’état sanitaire se bonifie même si  Fraile a perdu sa carte verte en 2021. L’élevage est encore fragile mais quelques résultats ont redonné l’espoir aux deux ganaderos.

Fraile, Cenicientos
Hoyo de la Gitana et autres fers des enfants de Graciliano

Un des frères de Graciliano, Alipio, a dès 1911 géré son propre fer d’origine Murube et Veragua. Peu rigoureux en matière d’élevage , le ganadero connait des fortunes diverses. En 1925, il remplace son ganado d’origine par du bétail acheté à son frère Graciliano. Alipio, devenu plus rigoureux, construit alors une ganaderia qui jusqu’à sa mort en 1977 va devenir une référence du Campo Charro.  

En 1939, il avait créé, pour ses six enfants, le fer de Hoyo de la Gitana. Titillé par ses anciennes amours, Alipio créé sous ce fer une rame Veragua. Les résultats sont plus que décevants et Hoyo de la Gitana restera un pur fer d’origine Santa Coloma. Dès 1950 Alipio fils gèrent le fer créé par son père. Ignacio et Javier créeront leurs propres ganaderias.

Fernando prend en main les destinées d’Hoyo de la Gitana. Cette ganaderia , qui a eu des apports Buendia, périclitera jusqu’en 1974, année où un de ses toros tue José Falcon. Les enfants de Ignacio reprennent la ganaderia. Ils se concentrent sur ce fer. Hoyo de la Gitana depuis 20 ans connaîtra des hauts et des bas. Elle a alterné des succès avec de grands lots avec de la bravoure  (en particulier à Vic) et des fracasos (en pariculier à Dax) par manque de forces et de caste.

Novillo Hoyo de la Gitana
Le dernier venu Valdellan

Dans les années 2000, Fernando Álvarez Sobrado et Jesús M. Martínez Pinilla créent une ganaderia en mélangeant les sangs de de Hoyo de la Gitana et Pilar Población, deux élevages 75% Graciliano, 25% Buendia, avec pour le second des apports de Juan Luis Fraile ( Graciliano pur). La nouvelle ganaderia, Valdellan, connait ses premiers succès rapidement. En France elle découverte par Parentis, elle s’illustrera à Vic. Après une période faste, les Valdellan sont dans un moment plus difficile. Comme les autres fers de cet encaste, les toros de cette ganaderia manquent de forces et ont des problèmes de tamaño (cf la corrida de Vic et la novillada de Madrid en 2022).

Valdellan, Vic
Eléments statistiques:

Cet encaste regroupe actuellement 12 ganaderias, 723 vaches de ventre et 30 sementales.

Caractéristiques morphologiques principales
  • Les plus hauts et volumineux des Santa Coloma mais d’un gabarit moyen par rapport aux autres encastes
  • Les robes noires prédominent, peu de toros cardeños, parfois entrepelados, bragados, meanos, listónes ou rabicanos (poils blacs dans le rabo).
  • cornes les mieux développées de l’ encaste,
  • profil droit, tête allongée et frisée, yeux grands et globuleux, museau de souris, camus (nez court et plat).

Comportement en piste
Premier tiers
  • Répète au cheval en partant de loin pour les meilleurs.
  • Met les reins au contact du cheval puis pousse moins
  • Caste irrégulière avec des toros mansos qui se défendent au cheval
Second tiers
  • Ces toros apprennent vite donc il faut minimiser le nombre de capotazos et les passages à faux
Troisième tiers
  • Le Graciliano apprend vite , d’où la nécessité d’un bout en bout de la lidia de bien faire les choses.
  • Repère assez rapidement la présence du torero et développe du sentido s’il est mal lidié
  • Transmet et Répète bien à la muleta, ces toros permettent pour les meilleurs, de lier des passes et de générer de l’émotion
Trois faits marquants de l’histoire de l’encaste
  • Pensate de Juan Luis Fraile à Madrid , fait la vuelta al ruedo et remporte tout les prix de la San Isidro
  • Pie de Plomo, grand novillo d’une très bonne novillada en Août 2013 , vuelta au mayoral et prix de la meilleure novillada 2013
  • Fandanguero ( Graciliano Perez Tabernero ) qui a tué Gitanillo de Triana en 1931 à Madrid
  • Cuchatero (Hoyo de la Gitana) qui a tué José Falcon en 1974 à Barcelone
Principales ganaderias de l’encaste en Espagne
  • Juan Luis Fraile
  • Hoyo de la Gitana
  • Valdellan
  • Doña Pilar Poblacion del Castillo
  • José Juan Pérez-Tabernero Población
Novillo Hoyo de la Gitana ©️Studio Vidal
Valdellan, Vic
Juan Luis Fraile, Cenicientos
Principales ganaderias de l’encaste en France

Pas représenté en France

Sources : www.terresdetoros.fr, Corps des Présidents et Alguaciles de corridas, Chaine You Tube « Les Encastes »

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