Vic, Iban le pas terrible.
Vic, Iban le pas terrible
L’histoire retiendra de cette troisième corrida vicois que les Baltasar Iban n’ont pas été terribles et que le dernier toro n’était pas un toro de Vic.
Morenito de Aranda a fait une bonne faena à son premier mais il a très mal tué. Son second ne permettait rien et en plus il l’a mal occis.
La tauromachie de José Garrido a eu du mal à passer la rampe. Lui aussi a mal tué.
Juan de Castilla n’est pas encore revenu à son niveau d’avant sa blessure.
On attend le desquite demain avec la corrida de Miura.
Les toros
Il ne s’est pas passé grand chose dans la corrida du dimanche après-midi à Vic jusqu’à la sortie du dernier toro. Les cinq premiers desiguales de présentation, n’ont pas eu le comportement habituel des toros de Baltasar Iban. Mansotes au cheval, la plupart ont commencé le dernier tiers en chargeant avec noblesse. Ensuite ils se sont décomposés et sont allés a menos. Le moins bon a été le quatrième qui dès le début de la faena a fait une fixation sur le terrain des planches. Puis est sorti Camarito, le toro est astigordo. Il détonne avec tous les toros sortis lors de cette féria. Honnêtement, ce n’est pas un toro de Vic. De plus il arrive après deux jours de bilan artistique plus que moyen et l’ire du public est compréhensible.
Les toreros
Morenito de Aranda profite de la très bonne corne droite du premier Baltasar Iban pour construire une faena classique et élégante. Malheureusement l’épée le trahit une fois de plus, silence.
Le quatrième est querencioso. De Aranda essaie de le fixer. C’est peine perdue. La mise à mort est plus que laborieuse, pitos.
José Garrido semble motivé mais son premier toro se décompose en début d’une faena qui finit par devenir lassante. La mise à mort est plus que laborieuse, pitos.
Le cinquième est noble, il se laisse toréer. La faena de José Garrido est appliquée mais ne transmet rien. La mise à mort est approximative. Salut.
Le troisième est noble mais désordonné. Il va à menos tout comme la faena parfois brouillonne de Juan de Castilla. La conclusion avec le descabello est laborieuse. Le dernier n’aurait pas du sortir à Vic. Soso le Colombien l’a toréé dans l’indifférence générale. Silence.
La corrida vue par l’objectif de Philippe Latour
Fiche technique
- Arènes de Vic, troisième corrida de la Féria 2026. Toros de Baltasar Iban
- Morenito de Aranda : silence (avis), pitos (avis).
- José Garrido :pitos, salut.
- Juan de Castilla : silence, silence.
- Dix huit piques, cuadra Bonijol
- Président: Marc Amestoy
- Trois quarts d’arène
- C’est toujours le grand beau temps.
Toro à toro
Santanero numéro 21 Morenito de Aranda
Le premier est bien armé. Il est reçu avec élégance par Morenito de Aranda. Mis loin il prend un premier picotazo puis un second puis un troisième. Début de faena par derechazos, le toro est noble. Morenito profite de sa charge et son humiliation pour lier des muletazos dominateurs sur le piton droit. Sur le piton gauche, c’est un peu moins lié car le toro est moins coopératif sur ce côté. Passage à droite puis final par naturelles. Comme souvent Morenito de Aranda pinche à plusieurs reprises puis met une demie basse. Un avis a sonné. Le premier descabello suffit. Silence.
Mejicano numéro 13 José Garrido
Le second est haut. Bonne réception de José Garrido, le toro prend une bonne première pique en poussant. Il pousse aussi lors des deux rencontres suivantes. Juan de Castilla fait un quite par chicuelinas auquel répond avec efficacité Juan Garrido. Le torero brinde au ciel. Début de faena classique par doblones, le toro se défend dans la muleta. Il charge en crabe. Garrido enchaîne des séries courtes à droite. C’est technique mais un peu froid. Le toro est décomposé quand le torero prend la main gauche. Le torero abrége. Il pinche puis met une demie trasera. Il pinche à nouveau puis conclut d’un bajonazo. Pitos.
Espantativos numéro 48 Juan de Castilla
Le troisième est léger mais bien armé. Il ne s’emploie pas dans la cape de Juan de Castilla. Première pique, premier picotazo il est économisé à la seconde rencontre. Le toro se colle au peto sans pousser. La troisième rencontre est là pour la forme. Le Baltasar Iban arrive bouche ouverte et décomposé au troisième tiers. De Castilla commence sa faena par des derechazos de rodillas. C’est brouillon mais cela réveille le public. Première série, le toro est noble et répète sur ce piton. Le torero se fait désarmer en donnant un pecho. Le toro commence à baisser de rythme. A gauche, il passe moins bien. La faena va à menos. Après que le torero a mis une quasi entière desprendida, un avis sonne. C’est compliqué avec le descabello. Silence.
Saltillo numéro 60 Morenito de Aranda
Le quatrième est plus sérieux de présentation. Il met bien la tête dans la cape de Morenito de Aranda. Il prend un premier puyazo léger en poussant sur une corne et reste collé au peto. Mis en suerte, il tarde à charger puis vient au cheval pour y être mal piqué. Le président écourte un second tercio qui n’a que trop duré. Début de faena par doblones, le toro cherche à partir. Première série le bicho s’échappe. Série suivante, c’est le même scénario. Le torero abrége. Il pinche à plusieurs reprises, le toro se couvrant de plus en plus. Un avis sonne. Morenito descabelle sans mettre une épée. Pitos aux deux acteurs.
Arbolario numéro 34 José Garrido
Le cinquième est le mieux présenté de l’envoi. La réception de José Garrido manque de transmission. Mal mis en suerte, il desarçonne le piquero. Le second puyazo est bien trop appuyé. La troisième l’est aussi. La quatrième rencontre ne se justifie pas. Début de faena à droite, le toro est noble. Les derechazos sont appliqués, mais ne transmettent pas grand-chose. C’est un peu mieux sur la série suivante. Il y a aussi peu de transmission à droite comme à gauche. L’épée est entière mais tombée. Mais elle suffit. Salut.
Camarito numéro 47 Juan de Castilla
Le dernier est astigordo. Il ne correspond absolument pas au standard d’une arène de première catégorie et encore plus à celui de Vic. Il provoque la colère d’une grande partie du public.et n’aurait jamais du sortir dans le ruedo vicois. Le sujet de l’ire du public prend trois piques sous la bronca. Juan de Castilla lcommence par le doubler. Le toro est soso et de peu d’intérêt. La faena se déroule dans l’indifférence générale. Silence.
Thierry Reboul

Bonjour,
Je n’arrive pas à comprendre le concept tauromachique de Vic. En gros, j’ai l’impression – aider par une partie du public – qu’il faut piquer coûte que coûte. Ainsi, la corrida de Baltasar Ibán a pris 20 piques sans pour autant montrer beaucoup de bravoure ! Comment s’étonner ensuite que les toros n’aillent pas au bout du combat ?
Je prendrai deux exemples lors de cette corrida : le premier toro vient de loin à la pique, tête très haute – il a failli toucher le cou du cheval – et il ne pousse pas. Deuxième pique, encore tête haute et en frappant par à-coups dans le peto. Dès lors, pourquoi une troisième pique qui n’apportera évidemment rien de plus ? Et que dire du cinquième avec ses quatre piques alors qu’il a été assaisonné deux fois ?
En dehors de cet aspect – bien regrettable quand même – je pense que les toreros sont passés complétement à côté de ce qu’il y avait à sortir de ces toros. Le premier de Morenito permettait une faena plus artistique – ce n’est pas trop son corte – et le quatrième avait dix passes à prendre dans les planches au lieu d’essayer vainement de le sortir de sa querencia. Garrido a paru se méfier de ses toros d’où un engagement à minima – mauvais jour peut-être. Juan de Castilla, comme vous l’indiquez, n’est pas revenu à son bon niveau. Et que dire des mauvaises mises à mort ? Sinon qu’il y a du travail à faire à l’entraînement.
Cordialement.
Vic, à la recherche du toro complet contemporain à 4/5 piques .On croit rêver ! Combien de très bons toros « massacrés » dans ces arènes.Trop,un rêve impossible.