Madrid: grandeur et décadence
Madrid : grandeur et décadence
Il est quand même paradoxal de penser qu’à 25 kilomètres de la plus grande arène d’Europe, des aficionados organisent une feria toriste qui a tenu la promesse annoncée. On pourra toujours discuter de la vision jusque boutiste des 3Puyazos qui peut heurter certaine sensibilité, mais au moins à San Agustin de Guadalix , on ne prend pas des vessies pour des lanternes.
Comment est-il possible en effet d’avoir laissé venir cette corrida de Palha (dont une partie du lot initial fut retoquée par les vétérinaires), absolument pas préparée pour sortir à Madrid. Disparate de présentation (de 516- à 618 kg), les toros portugais ne furent que l’ombre de ce qu’on peut penser qu’ils doivent être. Du coup les lidias sont négligées, la cavalerie fait toujours autant débat (avec les banderoles de protestation dès la fin du paseo) et le spectacle proposé devient indigne de Madrid.
Les toros
Outre leur présentation sujette à caution, ils ne brillèrent guère par leur comportement. Si le premier noble permettait mieux, entre le 2ème sans options , le 3ème boiteux et deslucido, le 4ème soso et vide au dernier tiers et le dernier décomposé et qui blessa Luis Gerpe, la coupe est pleine. Un Couto de Fornilhos cornalon venu intégrer la corrida se mit au diapason en se montrant vite éteint
Les toreros
Sanchez Vara
Le vétéran a voulu marquer son territoire en allant accueillir le premier a Porta Gaiola, Mais avec son Palha noble des deux bords, il resta très profilé et la faena en ressortit bien fade. Une fois n’est pas coutume Vara n’assura pas bien la lidia du 4ème, ce qui lui valu des chacailleries au moment de prendre les banderilles. En doublant par le bas tout en gagnant le centre, la faena débuta bien. Elle retomba rapidement dans un faux rythme, la faute à la soseria du Palha. Passage pour rien sur le sable venteño pour Sanchez Vara.

Francisco José Espada
Face a un toro qui manque de moteur, Espada essaiera de construire une faena qui tient un tant soit peu..on ne pourra lui reprocher que d’avoir éte trop long vu le peu de potentiel de l’adversaire. Avec son second qui ne fut pas le Couto le plus aiguisé du tiroir de la maison Fornilhos, Espada fit un effort méritoire pour l’animer sur le côté droit avant que le toro ne s’éteigne sur l’autre bord.

Luis Gerpe
Avec son prmier toro deslucido, coup de tête génant et charge désordonée. Gerpe fit le métier mais ne put rien tirer de notable. Avec le dernier, le torero n’eut guère plus de chance. Le Palha arriva décomposé à la faena. En insistant, le torero finit par prendre une rouste qui l’envoya directement a l’infirmerie sans qu’il puisse en ressortir.

Philippe Latour
Voir le reportage photos complet de Philippe Gil Mir
Fiche technique
- Arènes de Las Ventas. 5 toros de Palha et un de Couto de Fornhilos (5ème) pour
- Sanchez Vara : palmas, salut.
- Francisco José Espada : salut, salut
- Luis Gerpe : silence, blessure.
- 17 piques et contacts
- Président : Iñaki Sanjuan Rodriguez
- Un tiers d’arène (12 000 spectateurs officiellement)
- Grand soleil
Parte medico Luis Gerpe : Luis Gerpe a été pris en charge à l’infirmerie pour plusieurs blessures : plaies à la tête (région pariétale et menton), traumatisme thoracique droit et un coup de corne à la cuisse droite avec hématome. Le torero a été transféré à la clinique La Fraternidad Muprespa Habana afin de subir des examens radiologiques. Pronostic : réservé
Toro à toro
Numéro 248 Apagado Sanchez Vara
Le premier est reçu à porta gayola par Sanchez Vara. Abanto, le toro prend trois piques traseras en s’employant lors des deux dernières rencontres. Le Palha poursuit Vara jusqu’aux tablas à l’issue de la pose des trois paires de banderilles. Quelques doblones puis le torero prend la main droite. Le toro n’humilie pas. Vara prend la main gauche pour deux séries profilées dans lesquelles le toro ne s’emploie pas. Première entrée à matar et premier picnhazo, la seconde se solde par une entière dans le recoin efficace. Palmas.
Numéro 923 Camarito Francsco José Espada
Le second se défend dans la cape de Francisco José Espada. Il prend un gros puyazo au picador de réserve et une autre trasero à celui de turno. Au troisième tiers, le Palha, très faible, a une demie charge; Espada le torée à mi-hauteur. A droite comme à gauche, la faena ne transmet rien. Les efforts du torero pour donner de l’intensité sont vains. L’épée est entière et efficace. Salut contesté.
Numéro 304 Lumbrero Luis Gerpe
Le troisième est boiteux. Il ne s’emploie pas dans la cape de Luis Gerpe. Trois puyazos anecdotiques et on passe au second tercio. Joao Perez Silva se retrouve sous les pattes du toro après avoir posé une paire de banderilles. Premiers muletazos à droite, ll’animal se défend plus qu’il ne charge. Le Palha est deslucido et sur les deux pitons la faena ne transmet rien. Plusieurs pinchazos et une entière basse met fin au pensum. Silence.
Numéro 4 Peluquero Sanchez Vara
Le quatrième est protesté. Trois capotazos de Sanchez Vara et les piqueros entrent en piste. Première pique appuyé au réserve, plus carioquée n’est pas possible. Mise en suerte lamentable, le picador de turno se contente d’un simple picotazo. à la seconde rencontre. Après un tercio de banderilles passable, Sanchez Vara ouvre les débats par des doblones. Le Palha est soso. Quelques derechazos, quelques naturelles le public balance entre ennui et désintérêt. Un pinchazo, une entière basse et nouveau silence.
Numéro 44 Estorvo Francisco José Espada
Le cinquième est un Couto de Fornhilos très armé. Abanto, il n’est pas fixé par Francisco José Espada. Première rencontre sans mise en suerte, le toro pousse. Seconde rencontre, toujours pas de mise en suerte, le toro sort seul. Enfin une mise en suerte, troisième pique, le toro ne s’emploie pas. Angel Gomez salue depuis le burladero après le second tercio. Quelques muletazos appliqués et un toro un peu moins insipide sort le public de sa somnolence. La suite des évènements l’y replonge. Le toro se décompose et la faena va a menos. L’épée est rapide à faire son oeuvre.
Numéro 6 Tesugo Luis Gerpe
Le sixième est le plus lourd du lot. Il s’emploie dans la cape de Luis Gerpe. Le Palha subit, en poussant, un premier puyazo trasero. Seconde rencontre, un picotazo rectifié, le toro ne pousse plus. Gerpe commence sa faena au centre. Le torero s’applique mais le toro se décompose dès la deuxième série. A gauche, le Palha qui a oublié de suivre les cours concernant la caste se retourne et prend spectaculairement Gerpe. Diection l’infirmerie. Le toro bouscule un banderillero avant que Vara ne l’envoie ad patres de façon prudente.
Toro a toro réalisé par Thierry Reboul
