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Mont de Marsan, novillada: Clovis inaugure la Grande Porte.

Mont de Marsan, novillada: Clovis inaugure la Porte Nimeño II.

Que cette corrida a été longue et languissante. Sur six faenas, quatre aurait pu être écourtées de plus de 50% voire plus.

Décevante novillada de José Cruz, cinq novillos sur six ont trainé leur spleen de leur entrée en piste jusqu’à leur dernier souffle. Face à de tels animaux, il faut des novilleros avec une forte entrega. Ce n’est pas la qualité première d’Emiliano Osornio. Le Mexicain a probablement donné les muletazos les plus aboutis mais aussi les plus pauvres en émotion de la matinée. Julio Norte est inquiétant. A trois semaines de son alternative, il ne semble capable que de réciter des faenas standards sans adéquation avec le toro. Il n’est même plus clivant.

Clovis Germain a coupé trois oreilles. Il est ainsi le premier torero à sortir par la Porte Nimeño II depuis que le réglement montois a été modifié. Novillero dynamique, mieux servi au sorteo, il a construit deux faenas intéessantes et avec une transmission certaine. S’il a mal tué son premier utrero, il a magistralement estoqué son second José Cruz.

Les novillos

Le point fort du lot de novillos de José Cruz est incontestablement sa présentation. Ils auraient pu sortir en corrida y compris au Plumaçon. Pour ce qui est du comportement, la note sera très nettement plus basse. Les cinq premiers, tous sosos et faibles, ont totalement manqué de race et mobilité.. Leur transmission était la même que celle d’un carreton oublié au fond d’un hangar. Le dernier a eu un plus d’énergie et a permis à Clovis de s’exprimer.

Les novilleros

Le premier bis est faible et soso. La faena de Emiliano Osornio se limite à deux naturelles. La mise à mort est laborieuse, silence. Pour la lidia du quatrième par Osornio se reporter à celle du second par Norte.

Quand il ne se passe rien, il n’y a rien à écrire. Second novillo, silence pour l’animal et pour Julio Norte. Pour le cinquième se reporter au second, silence.

Le troisième fait illusion une demie faena puis il s’éteint.  Clovis en tire le plus possible puis tue vite mais mal, une oreille. Le dernier permettait un peu plus. Clovis en profite pour construire une faena intéressante sur les deux cornes avec de très bonnes naturelles.  Son entrega porte sur un public sevré d’émotions depuis le début de la corrida. L’estocade vaut une oreille. La seconde est généreuse mais il n’existe pas de demi trophée.

Fiche technique
  • Arènes de Mont de Marsan, novillada des Fêtes de la Madeleine 2026. Novillos de José Cruz dont un sobrero (2nd bis).
    • Emiliano Osornio: silence (avis), silence.
    • Julio Norte : silence (avis), silence (avis).
    • Clovis : oreille (avis), deux oreilles.
  • Douze piques, cuadra Bonijol
  • Président: Maxime Aurensan
  • Plus d’une demie arène.
  • Ciel gris, il faisait presque frais.
Novillo à novillo
Numéro 15 Alcoholico Emiliano Osornio

Le premier est applaudi à son entrée en piste. Emiliano Osornio le reçoit par des véroniques. Le novillo tombe avant la pique et se relève en boitant. Il est économisé à la pique. Le président sort le mouchoir vert.

Numéro  54 Sudanes Emiliano Osornio

Le sobrero est un colorado très charpenté. Il sort abanto. et met la tête sans conviction dans la cape d’Emiliano Osornio. Il prend deux piques sans pousser. Julio Norte fait un quite par chicuelinas et tafalleras. Le Mexicain double en douceur un toro juste de forces et noblote. Il s’arrête à mi-passe. Les naturelles sont de qualité mais la faena manque de transmission par la faute d’un José Cruz éteint. Malgré les efforts du torero, la faena va a menos. Osornio pinche puis met une entière en avant et desprendida. Un avis sonne. Troisième tentative aussi médiocre que les précédentes, le descabello n’est pas le fort du jeune garçon. Silence.

Numéro 15 Repique Julio Norte

Le second est abanto. Julio Norte a du mal à le fixer. Il prend ses deux piques réglementaires sans conviction. Clovis fait un quite spectaculaire. Norte répond par des gaoneras. Le novillero entame les débats par des passes à mi-hauteur. Cela n’empêche le toro de tomber.  Le toro n’a pas suivi le cours de charge lors de sa formation. Il est aussi mobile qu’une statue. Norte insiste et le public s’ennuie. Plusieurs pinchazos précèdent une entière mal placée. Un avis a sonné et le bœuf tombe. Le puntillero le relève. Silence.

Numéro 44 Travieso Clovis

Clovis reçoit le troisième par des véroniques.  Le José Cruz est juste de forces. Donc il est épargné au premier tiers. Osornio tente un quite, le novillo tombe. Le second tercio à charge de Clovis réveille le public. Début de faena par cambiadas et pechos, le novillero cite de loin pour une bonne série à droite. Le José Cruz a plus de peps que les deux précédents, Le Nîmois en tire de bons derechazos puis prend la main gauche. Sur ce piton, le novillo n’avance pas. Retour à droite, le bicho est éteint. Trois manoletinas et le bovidé part aux planches. L’épée est entière et basse. Un avis sonne. Oreille malgré l’épée.

Numéro 30 Nigeriano Emiliano Orsonio

Le quatrième est commode de tête. Une pique, un quite de Emiliano Osornio le toro tombe puis prend un picotazo. Le quite de Norte est sans intérêt. Début de faena par le haut, le toro est économe de sa charge.  A gauche, il en est même avare. Il part rapidement aux planches. Il ne se passe rien en piste. Un pinchazo et une entière prudente mettent fin à notre souffrance. Silence.

Numero 45 Salinero Julio Norte

Julio Norte reçoit le cinquième par une larga. Deux picotazo et on passe au second tercio.  Clovis fait un quite par chicuelinas. La faena commence par des cambiadas et derechazos de rodillas. Le toro a lui aussi séché le cours de charge. Il est soso. Les derechazos de Norte font illusion. La musique joue pour que le public ne s’endorme pas. Le toro est éteint dès la seconde série.  Le numéro de tremendisme final en est presque ridicule. Norte accumule les pinchazos. Un avis sonne, une demie et un descabello plus tard le toro tombe. Silence.

Numero 57 Corregido Clovis

Clovis attend le dernier à porta gayola un novillo abanto et  suelto. Deux rencontres, deux picotazos et on passe à la suite. Le Nîmois pose trois bonnes paires de banderilles et le torero est ovationné. Clovis commence par des derechazos de rodillas. Il enchaîne sur une bonne série à droite. Une autre sur même côté et une à gauche, le  novillo est soso. Le novillero s’applique, torée bien mais le toro ne transmet pas grand chose et s’éteint. Un grand coup d’épée et deux oreilles tombent. 

Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour et Romain Tastet.

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