San Isidro, Pedraza : revoir Jarocho
San Isidro, Pedraza : revoir Jarocho
Revoir Jarocho, c’est ce que les aficionados qui ont vu ce dix septième festejo de la San Isidro ont du inscrire sur leur petit carnet ou dans leur mémoire. Le jeune torero a fait deux faenas très différentes. La première très vaillante à un toro encasté et une seconde plus posé avec de très bonnes naturelles à un sixième Pedraza noble mais faible. On sent chez ce jeune garçon une envie et une capacité à bien toréer. Il manque encore de maturité et d’expérience. Mais pourquoi pas………….
Isaac Fonseca et José Fernando Molina sont vaillants mais ils ont montré ce jour leurs limites.
Pour ce qui est des toros de Pedraza de Yeltès, ils ont confirmé qu’ils n’étaient plus ce qu’ils ont été.
Les toros
Correctement présentés, les toros de Pedraza de Yeltès ont eu des comportements divers au cheval. S’ils ont parfois poussé lors de la première pique, ils n’ont pas eu le poder nécessaire pour s’employer lors de la seconde rencontre. Au troisième tiers, ils ont manqué de race et de fond. Seul le troisième, plus encasté et exigeant que les autres, a pu rappeler aux aficionados ce qu’ont été les Pedraza de Yeltès.
Les toreros
La faena d’Isaac Fonseca a son premier est essentiellement droitière. Le Mexicain a mis du temps à baisser la main et seules les deux dernières séries à droite ont obligé vraiment le toro qui par ailleurs a manqué d’entrega. L’épée est en place et efficace, silence. Début de faena spectaculaire de la part d’Isaac Fonseca et du Pedraza, malheureusement le toro va rapidement a menos et la faena perd toute intensité. La mise à mort est laborieuse, silence.
Le second est distrait, juste de forces et sans race. Cela fait vraiment beaucoup de défauts pour que José Fernando Molina puisse , malgré son envie, en tirer une faena intéressante, silence. Le cinquième est complexe, il demande une muleta plus efficace et autoritaire que celle que lui propose Molina. Torero, toro et faena vont a menos , sllence après une mise à mort en deux temps.
Le troisième est imposant, encasté et exigeant. Jarocho est motivé. Sa faena est marqué du sceau du courage. Il aguante et s’arrime malgré les difficultés posées par le toro. C’est parfois brouillon mais la faena transmet . Le joven torero perd l’oreille à l’épée. Salut. Le dernier a du fond mais pas de forces. La faena de Jarocho est essentiellement gauchère. Le jeune torero enchaîne avec beaucoup de calme d’excellentes naturelles mais la faena manque, par la faute du Pedraza, de transmission. Il conclut par une entière un peu basse, silence.
Fiche technique
- Arènes de Las Ventas, dix-septième festejo de la San Isidro 2026. Toros de Pedraza de Yeltès.
- Isaac Fonseca : silence (avis), silence (deux avis).
- José Fernando Molina : silence (avis), silence ( avis)
- Jarocho : salut, silence.
- Douze piques, une chute.
- Ivan Garcia a salué au premier.
- Président: Ñaki San juan Rodriguez.
- 19058 spectateurs
- 34° du vent
Toro à toro
Buscadero numéro 39 Isaac Fonseca
Le premier parcourt le ruedo au pas d’un sénateur fatigué. Il finit par s’intéresser à cape d’Isaac Fonseca. Le Mexicain peut lui donner quelques capotazos avant l’entrée des cavaliers. Le Pedraza, mal piqué, pousse sur une corne lors de la première rencontre. Seconde rencontre, il ne s’emploie pas. Molina fait un quite par tafalleras et manque de se faire prendre. C’est une tradition, Ivan Garcia banderille puis il salue. Début par doblones, le toro est juste de forces. Première série à droite, le toro est noble mais manque d’entrega. A gauche, il s’arrête à mi-passe. Fonseca reprend la main droite. Le toro passe mieux mais la faena ne dégage toujours pas d’émotion. Plus près des planches et en baissant un peu plus la main, le toro se livre un peu plus. Fonseca tue d’une bonne épée en place. Un avis sonne juste avant que le toro ne tombe.
Tontillato numéro 15 José Fernando Molina
Le second est sérieux de présentation. Il finit les yeux dans les gradins à la fin de chaque capotazo de José Fernando Molina. Le toro prend un premier puyazo sans vraiment s’employer. Il s’endort sous le fer lors de la seconde rencontre. Jarocho fait un quite par chicuelinas. Après un brindis familial, Molina commence sa faena par des derechazos et pechos. Il continue à droite. Le toro est noble et juste de forces s’agenouillant à plusieurs reprises. Le toro continue à chercher un copain sur les gradins à la fin de chaque passe. Il manque de fond et de race. Molina essaie à gauche, le Pedraza est de plus décomposé. Le torero finit par arrêter les frais. Il met une entière en place un peu longue à faire effet. Un avis sonne. Le Pedraza se couche devant le 7. Silence.
Dulce numéro 60 Jarocho
Le troisième est le top weight de la course. Il se défend dans la cape de Jarocho. Bien mis en suerte, il met les reins puis pousse sur un corne lors de la première rencontre. Seconde rencontre, distrait il tarde à partir puis s’élance avec alegria pour prendre un puyazo en poussant à la manière d’un Pedraza. Isaac Fonseca fait un quite par chicuelinas. Tercio de banderilles, il y a plus de banderilles par terre que sur le toro. Jarocho, très motivé, commence sa faena par des derechazos citant à mi-distance au centre du ruedo. Le toro est encasté et le début de faena transmet. Le jeune torero aguante et tente de maîtriser la charge vive du Pedraza. Il y parvient en donnant les troisnaturelles suivantes. La dernière série à gauche est plus que méritoire. Jarocho pinche avant de mettre une entière basse. Ovation au toro, salut du torero.
Hurante numéro 45 Isaac Fonseca
Le quatrième est lui aussi sérieux de présentation. Isaac Fonseca le reçoit par une bonne série de véroniques. Mal piqué, le Pedrazapous se lors de la première rencontre. La seconde pique est trasera, le toro sort seul. Molina fait un quite par saltilleras. Fonseca tente de faire un cambiada pour commencer sa faena. Le toro lui vient directement dessus et lui inflige une voltereta. Le Mexicain reprend sa muleta pour des derechazos de rodillas spectaculaires car le toro semble noble et encasté.
“De pie” il continue par des derechazos puis prend la main gauche. Le torero s’appliqe mais la faena va “ a menos” parce que le toro, qui n’est pas si noble et encasté qu’il n’y paraissait, proteste plus qu’il ne charge. Fonseca met le toro plus près des planches pour deux manoletinas et un pecho. Un avis sonne avant que le torero n’entre à matar. Il pinche deux fois, tombant devant le toro à la seconde tentative. Un quite opportun lui évite la cornada. Fonseca pinche encore une fois puis place une entière très basse. Un second avis a sonné. Silence.
Mironcillo numéro 23 José Fernando Molina
Le cinquième est typé Garcigrande. Il met la tête dans la cape de José Fernando Molina. Bien mis en suerte, il pousse lors de la première rencontre et renverse le groupe équestre. Le cheval met du temps à se relever. La seconde pique est donnée au picador de réserve. Le toro s’emploie au contact du fer. Le changement de tercio est diversement accueilli par le public. Second tercio, le toro inflige une voltereta à Victor Manuel Martinez le tercero de la cuadrilla de Molina. (contusions nécessitant un examen radiologique).
Début de faena par des aidées par le haut, le torero enchaîne par des derechazos. Il cite de loin, le Pedraza manque de caste. Il met la tête sans conviction. C’est un peu mieux lors de la série suivante. Troisième série, le toro s’améliore. Molina prend la main gauche, comme à droite il a tendance à toréer sur le pico. Le Pedraza, peu dominé, finit lui aussi par chercher du regard un ami sur les gradins. Molina place une demi épée. Un avis sonne. Nouvelle entrée à matar, elle est entière et suffisante. Silence.
Huron numéro 41 Jarocho
Le sixième ne s’emploie pas dans la cape de Jarocho. La mise en suerte pour la première rencontre est laborieuse. Bien piqué, le toro pousse au contact du fer. Le Pedraza manque toutefois de forces donc de poder. Seconde rencontre, il vient avec alegria mais est très peu piqué. Isaac Fonseca fait un quite. Brindis au public, Jarocho commence sa faena par des naturelles. Le toro est faible et il se défend dans la muleta. Le torero garde son calme et instrumente de très bons muletazos sur ce piton. Dommage que le toro ne transmette pas plus d’émotion. Le torero prend la main droite et enchaîne avec beaucoup de quiétude des derechazos de qualité. Jarocho pinche deux fois puis met une épée basse. Silence.
Thierry Reboul (corrida vue sur www.tlmad.es)
