Vic 2026 : une feria dans la fidélité de son ADN
Vic 2026 : une feria dans la fidélité de son ADN
La feria de Vic-Fezensac s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, dans un contexte aussi chargé d’émotion que d’enjeux. La disparition récente d’Alain Lartigue, a profondément marqué le Club Taurin Vicois. Dans le même temps, Xavier Barella entame sa première année pleine à la présidence, avec la lourde responsabilité de perpétuer une identité unique : celle d’une feria où le toro reste souverain.
Entre continuité assumée, ajustements nécessaires et défis structurels — sanitaires, économiques et organisationnels — cette interview éclaire les coulisses d’une édition 2026 fidèle à l’ADN de Vic, tout en s’inscrivant dans une réalité en mutation.
Tertulias: Alain Lartigue une des chevilles ouvrières de Vic vient de récemment décéder. Comment avez-vous vécu cette triste nouvelle ? Qu’est-ce que ça va impliquer dans l’organisation de Vic ?
Xavier Barella :« Alain est resté totalement impliqué à 100% dans l’organisation de la feria 2026. Présent lors du premier déplacement en Espagne il a du ensuite se soigner. Il était mandataire de Vic depuis 2013. Au fil du temps, la relation professionnelle s’était transformée en relation d’amitié. Pour ma part, c’était un ami très cher, avec qui je pouvais échanger au delà de la tauromachie. Sa disparition est vécue comme une sacrée secousse.
Alain a eu à cœur de valider l’ensemble des contrats prévus aux cartels de cette année. Pour cette feria 2026, on va pallier son absence en interne pour tous les sujet dont il s’occupait notamment les embarquements. Ensuite viendra le temps de se poser et de la reflexion pour notre future organisation. »
Tertulias : « Au delà de ce triste et malheureux évènement, c’est pour toi, ta première année dans l’exercice de ta fonction de président. Quelles surprises ou difficultés as-tu rencontrées ou découvertes? »
Xavier Barella :« De grandes surprises, il n’y en a pas eues, parce que mon implication sur ces dernières années était quand même très importante. Quand on assume le rôle de trésorier sur les trois dernières férias, on a un regard sur tout ce qui s’y passe. La charge de travail est un peu plus importante, puisque le spectre de la fonction de président est plus important que celui de trésorier.
Nous sommes aussi réorganisés. Trois nouvelles têtes sont apparues dans le bureau qui reste inchangé en nombre (6). Ces nouveaux membres étaient déjà au conseil d’administration. Ils étaient impliquées par ailleurs dans d’autres fonctions pendant la féria. Je m’appuie sur cette équipe pour gérer l’organisation dans son ensemble. Nous avons réfléchi tranquillement l’été dernier, après la féria 2025, pour mettre en place cette nouvelle équipe. Et force est de constater que pour l’instant ça fonctionne. »
Tertulias : « Que bilan tires-tu de l’année dernière et est-ce que cela a impacté l’organisation de la Féria 2026 ? »
Xavier Barella :« Sur ce qui s’est passé en piste, et très honnêtement, c’est une féria qu’on peut qualifier de moyenne, notamment en comparaison de 2023 et 2024.
La novillada de Prieto de La Cal a été intéressante, avec peut-être un manque de transmission. Elle permettait de triompher et je pense que les novilleros ont peut-être été surpris qui s’attendaient peut-être à avoir des novillos avec plus de gaz et de difficultés. La corrida de Saltillo, a été décevante. La présentation, un peu en dessous de ce que l’on a l’habitude d’attendre à Vic a subi le passage aux corrales où les toros ont énormément perdu de poids à cause de la pluie qui a précédé Pentecôte et a détérioré les conditions d’accueil de nos corrales. »

Tertulias : « Leur comportements ont aussi déçu avec des toros qui ont manqué de mordant ? »
Xavier Barella : « II est indéniable que chez Saltillo, depuis quelque temps, il y a un côté un peu plus Buendia qui ressort par rapport à l’origine initiale qui était beaucoup plus piquante. Cela s’est vu à Vic, et aussi en 2024 lors d’une corrida à Saint-Martin-de-Crau. Ils ont plus de toréabilité, c’est une réalité. »
La corrida concours, quant à elle, d’un niveau moindre que les deux précédentes éditions, est resté intéressante. Un très bon toro de Prieto de la Cal est tombé sur José Garrido, qui était un petit pari côté torero. Le pari s’est révélé gagnant car il a mis ce toro en avant en se livrant complètement.
Le toro de Miura, avec une belle fixité, était aussi interessant mais n’a pas été exploité comme on l’aurait aimé. Je retiendrai également le toro de Pallares aussi, qui n’a pas été inintéressant. Les autres toros se sont révélés en dessous.
Tertulias : « Quel bilan tirer de la corrida de Dolores Aguirre ? »
Xavier Barella : « En ce qui concerne la corrida de Dolores Aguirre, la présentation était de haut niveau. Mias globalement, elle a déçu, car seul le troisième a impacté. Juan de Castilla, a touché ce toro, qui a livré un tercio de pique impressionnant avec sûrment une pique de trop, car à la faena, il y a eu une série, et tout d’un coup, il s’est complètement arrêté.
Et il faut dire que la première rencontre a été d’une violence rare. Le toro a poussé le cheval contre le burladero, et le bas du burladero et l’estribo ont été complètement descellés. On a dû finir la feria comme çela, d’ailleurs, car nous n’avons pas eu le temps matériel de réparer. »
Tertulias : « Au sujet de ce toro, il y a eu des polémiques, sur l’attribution de ce mouchoir bleu qui finalement n’a récompensé que le tercio de piques ? »
Xavier Barella : « A titre personnel, je pense que pour délivrer un mouchoir bleu, il faut un toro complet. Le toro a été certes impressionnant à la pique mais quand même en gardant la tête haute contre le peto et à la muleta s’est très vite arrêté. Le président ce jour-là, a jugé que cela suffisait pour donner la vuelta.
Après, je ne pense qu’il n’y a pas eu une très grande polémique. C’est plutôt, un débat d’aficionados. Le toro qui a été lidié à Orthez au mois de juillet, Yeguizo était pour moi bien plus complet, et le mouchoir bleu était sans conteste. Je le dis avec une petite aigreur (sourires), dans la mesure où il était sobrero dans les corrales de Vic. On ne peut pas refaire l’histoire. »

Tertulias : « Comment s’est conclue cette Féria 2025 ? »
Xavier Barella : « La non piquée du lundi matin a été entretenue avec les novillos du Sud-ouest. Il y avait celui de Jérôme Bonnet, ceux des deux fers de Jean-Louis Darré, puis d’Alma Serena et La Espera. Il faut féliciter les ganaderos du Sud-ouest. On a eu une novillada très intéressante avec le novillo du Lartet qui a été supérieur. Ce succès leur permet d’ailleurs de revenir cette année avec un lot entier.
Le soir, l’encerrona de Morenito de Aranda a clos la Féria. C’était une première à Vic. Il faut rendre hommage au torero car affronter six toros à Vic, c’est un défi. Il a coupé deux oreilles sur deux toros de Flor de Jara qui en étaient au-dessus des toros de Arauz de Robles. Cette corrida se justifiait, car Morenito a été triomphateur de Vic pendant deux années consécutives. Il a marqué la Féria 2023 le jour de sa blessure devant les Baltasar Iban. Par contre, je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose que l’on refera de sitôt. »
Tertulias : « Qu’en est-il du bilan de la fréquentation 2025 ? »
Xavier Barella : « Pour ce qui est de l’affluence, par contre, nous sommes satisfaits. On a retrouvé des affluences que l’on n’avait pas vues depuis avant Covid. La journée du dimanche, nous a permis le matin d’enregistrer des entrées avec une progression de plus de mille places par rapport aux années précédentes sur chaque spectacle. Le fait que la Feria ait été diffusée par OneToro, n’a pas enlevé du monde dans les arènes. »
Tertulias : « A quoi tu attribues ce surplus de spectateurs ? »
Xavier Barella : « Nous étions sur la lancée de deux ferias 2023 et 2024 de bon niveau. Il y a aussi les retombées je le pense , de notre communication sur les réseaux sociaux et sur le site internet qui s’est largement améliorée.»
Tertulias : « Comment avez-vous pu en mesurer l’impact ? »
Xavier Barella :« Pour donner un exemple, lorsque l’on a diffusé le débarquement de la novillada de Prieto de la Cal, le lendemain, il y a eu des réservations en nombre uniquement sur cette course.
Le développement d’une offre aussi en faveur des jeunes avec ces abonnements pour les moins de 25 ans est un réel succès ce qui entraîne un rajeunissement du public. Pour la communication , nous travaillons avec Samuel Soto et Théo Portal depuis maintenant trois ans. De la couverture de la Feria, la première année nous sommes passés à la couverture de l’annonce des cartels jusqu’à la Feria. Cette année, nous avons franchi un pas supplémentaire puisque le duo s’occupe entièrement de la communication du club. »
Tertulias : « La feria 2025 était couverte par les caméras de Onetoro, L’expérience est-elle à renouveler ? »
Xavier Barella :« One toro ne nous a fait aucun retour sur les audiences. Pour notre part nous n’avons pas reçu de messages particuliers du public. Difficile d’avoir donc un avis tranché. C’est quelque chose qui ne se refera pas forcément non plus. Au cas où nous aurions été de nouveau sollicités, notre décision était de ne pas donner suite, mais nous n’avons pas été contactés. Le faire donne une image de l’arène, le systématiser n’est pas souhaitable.
Vic est un petit village de 3500 habitants. Les infrastuctures de logement, ne sont pas celles de Mont-de-Marsan, Dax ou Bayonne et venir demande une logistique quelquefois compliquée. Donc habituer les gens à regarder les corridas de Vic depuis le canapé, n’est pas souhaitable. Donc, le faire si l’occasion se représente dans quelques années, peut-être, mais pas de suite. »

Tertulias : « Quels enseignements au final as-tu tiré pour 2026 ? »
Xavier Barella :« Fondamentalement on reste sur notre ligne de toujours. La Féria 2026 est bâtie sur ce qui a toujours été l’ADN de Vic : le toro avant tout. Nous défendons cette diversité des encastes et pour chacun nous défendons, dans le choix des toros, le type de chaque encaste. Autant en 2022, il fallait vraiment se remettre en question, après 2025, ce n’est pas le cas même si la feria a été moyenne. Il n’y a pas eu de problématiques particulières ou criantes qui obligent à tout revoir. »
Tertulias : « Quelle est la programmation de cette Féria 2026, pourquoi avez-vous fait ces choix et qu’en attendez-vous ? »
Xavier Barella : « Nous avons choisi Aguadulce pour la novillada inaugurale du samedi matin pour deux raisons. Cette année la feria arrive tôt dans la saison à mi-mai, et les difficultés n’en sont que plus grandes pour trouver une novillada bien présentée en début de temporada surtout avec du Santa Coloma.
C’est pourquoi nous avons choisi cette fois-ci du Nuñez – Aguadulce = Nuñez avec une part de Villamarta – La sortie de l’élevage à Orthez en 2025 nous a convaincu. Le lot avait du piquant. C’est ce que l’on recherche également à Vic. A l’automne le ganadero d’Aguadulce nous a présenté une magnifique novillada, puisque c’est la tête de camada. On a eu le choix parmi 13 novillos que nous avons affiné début mars. La dernière sélection se fera au moment de l’embarquement. »

Tertulias : « Pour cette novillada, comment gèrerez-le le problème de la DNC, et le retour impossible des sobreros en Espagne ? »
Xavier Barella : « Pour le moment, nous sommes encore dans le questionnement. Nous sommes en zone vaccinée mais il n’y a pas d’accord avec l’Espagne pour que les sobreros puissent revenir dans le pays. Il se peut que dans un avenir proche il y ait des des évolutions mais la situation est assez complexe. Pour cette novillada, c’est Jérôme Bonnet, qui nous fournira les deux novillos de réserve.
Pour la DNC, la problématique de la zone vaccinale se pose également vis-à-vis de la Camargue. Les toros du Sud-est peuvent venir dans le sud-ouest et repartir mais uniquement sur une période de 48 heures. Ils doivent être désinsectisés et ne pas être en contact avec les toros espagnols. Toutes ces contraintes, compliquent l’organisation et vont entrainer des coûts supplémentaires.»
Tertulias : « Comment s’est fait le choix des novilleros? »
Xavier Barella : « Le chef de lidia sera Gonzalo Capdevila, novillero originaire du Puerto de Santa Maria. Il a une tauromachie classique et sobre. Et il est suivi par Juan José Padilla, qui est intervenu pour le proposer. Son parcours fait de lui un novillero qui peut correspondre à nos attentes pour une novillada à Vic.
Le deuxième, c’est Pedro Andrés, originaire de Vitoria dans le nord de l’Espagne. C’est une révélation de la temporada 2025. C’est un habitué des ganaderias dures. L’an dernier, il a enregistré de beaux succès, face à de telles ganaderias, en particulier Cebada Gago. Il a également coupé deux oreilles à des Dolorès à Tordesillas, ou encore sur des novilladas de Prieto de la Cal. C’est un novillero aguerri.
Pedro Luis complètera la terna. On le connaît plus dans le Sud-ouest, puisqu’on l’a déjà vu à plusieurs reprises, que ce soit à Saint-Perdon l’an dernier devant les Condesa de Sobral, ou également à plusieurs reprises à Parentis, et Bayonne. Sa tauromachie peut être spectaculaire et il nous a paru intéressant de le programmer. »
Tertulias : « Est-il facile de trouver des novilleros qui acceptent de venir à Vic? »
Xavier Barella : « Cette année, à part quelques refus, marginaux, tout s’est fait assez naturellement alors que sans faire de la publicité à outrance, la novillada va être sérieusement présentée. »
Tertulias : « L’après-midi, Tomas Prieto de la Cal va jouer gros? »
Xavier Barella :« Le soir, ce sera effectivement une corrida de Prieto de la Cal. Le choix de ce fer se justifie par rapport au toro de la concours de l’an dernier. C’est également une première pour le ganadero, qui présentera pour la première fois une corrida entière dans une arène de 1ère catégorie de notre pays.
C‘est un défi pour le ganadero. Il nous a gardé à l’heure actuelle dix toros, lot composé jusqu’à présent de cinqueños et de cuatreños, en grande majorité des jaboneros, il y a deux toros qui sont négros. »
Tertulias: Comment constitue t-on le cartel pour une telle première? »
Xavier Barella :« Alberto Lamelas, après un an d’absence à Vic, ouvrira le cartel. On ne le présente plus à Vic depuis ce fameux combat contre Cantinillo de Dolorès Aguirre en 2014. Sa prestation -la seule qu’il a faite l’an dernier – à Saint-Martin-de-Crau devant les Escolar, où il a coupé deux fois une oreille, a influencé notre choix. Dans le Sud-ouest, et en particulier Vic, ce torero est attendu.
Luis Gerpe. va faire son quatrième paseo à Vic. A chaque venue, il a montré que c’est un torero qui ne triche pas, qui se livre. On a pu l’apprécier les deux premières fois sur deux corridas de Dolorès, notamment en 2024 lorsqu’il coupe l’oreille au toro qui avait reçu le prix Paul Clarac du meilleur toro de la Feria. L’an dernier, il fait une prestation remarquée sur le dernier Saltillo qui aurait pu lui valoir une oreille.
Et pour terminer ce cartel, le français Maxime Solera, fera son deuxième paseo à Vic après celui des Dolores en 2023. Lui aussi, on a eu l’occasion de le voir en 2025 à Saint-Martin-de-Crau devant les Escolar. Il y a coupé une oreille. Il connait bien cette ganaderia qu’il a affronté à plusieurs reprises en novilladas. »
Tertulias : « avec le dimanche vient ensuite la corrida concours!»
Xavier Barella : « C’est un rendez-vous traditionnel à Vic, puisque qu’on ne doit pas être très loin de la 25ème édition.
Les ganaderias
Saltillo, est un habitué de l’exercice. La Quinta, fera son retour après sept ans d’absence. C’est un élément à relever, car La Quinta a gagné à six reprises le prix Jean-Jacques Baylac du meilleur toro de la corrida concours. C’est la seule. Partido de Resina, suite notamment aux sorties intéressantes de l’an dernier à Madrid méritait une place.
Ensuite, nouveauté pour Vic, la présentation dans nos arènes d’un toro de Benitez Cubero. C’est un vieil encaste. Alors que nous étions allés en octobre chez Pallares, pour voir une corrida, le ganadero nous a montré un toro de son autre fer, Benitez Cubero, pour la concours. Il est particulier, puisqu’il a une robe vraiment à part. Il est blanc pommelé avec une particularité sur un des flancs et une tache en forme de point d’interrogation. L’éleveur est confiant, car ce toro fait partie d’une vieille famille qui a de bons résultats. Il avait même un temps envisagé de le garder comme semental.
Pour Dolorès Aguirre, nous avions une volonté commune avec la ganadera de ne pas remettre une corrida entière, par rapport à la sortie de 2025. Nous avons souhaité garder le lien avec cet élevage important de Vic. Le toro choisi a 4 ans avec une présentation vraiment exceptionnelle, c’est l’un des plus beaux toros de la camada en 2026. Nous l’avons d’ailleurs choisi pour illustrer l’annonce de la soirée de présentation de la Féria.
Pour clore cette Corrida-Concours, sortira un toro de Pagès-Mailhan. Même si celui de l’an dernier n’a pas été convaincant, on n’oublie pas quand même qu’en 2024, cette ganaderia a gagné le prix. C’est un magnifique toro colorado dont les cornes sont véritablement des aiguilles. Il est vraiment impressionnant.
Les toreros
Xavier Barella : « Sanchez Vara, est un habitué de cette Corrida-Concours. Peu nombreux sont les toreros capables de prendre un Saltillo. Il est aguerri et habitué à toutes les ganaderias dures dont il sait parfaitement mettre en valeur les toros dans les différents tercios. Il combattra le Saltillo et le Benitez Cubero.

Le second sera Roman qui fera son troisième paseo à Vic. Il aura donc face à lui le toro de La Quinta dont il est un des habitués. Il devra également affronter le toro de Dolorès Aguirre. C’est une ganaderia qu’il a déjà rencontrée, il y a quelques années à Céret. Luis Bolivar, un torero habitué des corridas dures qui l’apodère maintenant, peut sans doute lui apporter aussi quelque chose d’intéressant à ce niveau-là.
Et le dernier torero, c’est Isaac Fonseca, qui revient en Europe. L’an dernier, il n’avait eu qu’un seul contrat à Madrid, pour la San Isidro, devant la corrida de Pedraza. Il avait coupé une oreille de poids. C’est pour ça aussi qu’on a décidé de lui faire confiance cette année sur le Partido de Resina et le Pagès-Mailhan. Isaac, dans le Sud-ouest, a une bonne presse car il y a toujours fait de bonnes sorties.
Pour cette Corrida Concours, le tercio de varas est fondamental. Nous avons donc décidé de créer le prix Michel Bouix à remettre au meilleur picador de la concours. Michel est un picador qui a magnifié ce tercio dans nos arènes. Il a remporté à trois reprises le prix du meilleur picador de la Feria, en 87 avec une corrida du Marquis d’Albaserrada, en 93 avec une novillada de Barcial, et en 98 de nouveau avec une corrida de Barcial. Il est décédé malheureusement fin de l’année 2025. En accord avec sa famille, le Club Taurin Vicois a décidé de lui rendre hommage et donc sera remis à la fin de la Corrida Concours, ce prix qui récompensera le meilleur piquero. »
Tertulias : « Au niveau des piques, pendant longtemps, vous avez exigé 4 piques obligatoires. L’année dernière c’était 3 avec si nécessaire, la pique de tienta, sur la quatrième. Quelle est votre philosophie pour cette année ? »
Xavier Barella : « Ce sera 3 piques minimum pour avoir le prix du meilleur toro de la Concours. Mais elles doivent être données dans les règles de l’art. Pour les autres corridas, c’est trois piques si c’est nécessaire.
Pour la pique de tienta, nous n’en avons encore pas parlé. Je ne sais pas ce qui est le mieux entre la pique de tienta et le regaton. Mais si le toro doit prendre 4 piques véritables, qu’il les prenne. Il ne faut pas non plus que la corrida s’arrête après la pique car la corrida ne peut se résumer qu’à un tercio. En tout cas le toro doit être correctement mis en suerte et les piqueros doivent correctement faire leur travail. »
Tertulias : « Le soir, les Baltasar Iban reviennent! »
Xavier Barella : « Le dimanche soir, effectivement, corrida de Baltasar Iban. Cette ganaderia fera son retour à Vic après 2 années d’absence et les 2 grandes corridas de 2022 et 2023. Cette absence s’explique. C’est un élevage de camadas courtes. Quand la ganadria a la possibilité d’aller à Madrid, il n’y a pas assez de toros pour une autre arène de première.
Courant de novembre, Luis Miguel Encabo nous a contactés pour nous dire qu’il était très sceptique sur le fait d’aller à Las Ventas car il n’avait pas une douzaine de toros capables d’y aller. Lors de notre déplacement du mois de novembre, il nous a invité à voir la corrida de 1ère catégorie qu’il avait au campo.
Nous avons fait rapidement affaire. Nous avons eu la possibilité de remettre les Iban à l’affiche et nous n’avons pas laissé passer l’occasion. »
Tertulias: « Quels toreros avez-vous choisis? »
Xavier Barella : « Au paseo défileront Morenito de Aranda, José Garrido et Juan de Castilla. Donc, l’idée, c’était, sur cette corrida, de donner une opportunité à des toreros qui ont triomphé les années passées, Morenito , souvent triomphateur, en particulier l’an dernier est rentré naturellement au cartel.

José Garrido a coupé une oreille au toro de Prieto lors de la concours. C’est un pari gagnant que l’on a fait l’an dernier.
Juan de Castilla rentre également aussi dans ce cartel. Nous n’avons pas oublié 2024 avec la corrida concours, le matin (Prieto et de Pagès-Mailhan) et sa présence l’après-midi devant les Miuras à Madrid. Qui plus est, c’est un des toros de la casa, puisqu’il est apodéré par Luis Miguel Encabo. »
Tertulias : « Nous en arrivons au lundi avec la non piquée ….. »
Xavier Barella : « « Nous commencerons la journée avec des erales de Paul et Jérôme Bonnet. Leur ganaderia du Lartet a fourni le meilleur eral l’an dernier de la non piquée du lundi matin. Au cartel, comme d’habitude, il y aura le vainqueur de Bougue. Cette année « Realito », un novillero andalou, qui a triomphé en début d’année dans les novilladas de Puebla del Rio, en coupant deux oreilles et une queue lors d’un festejo télévisé et que nous avions déjà mis au cartel en amont de Bougue. Le cartel sera complété par le jeune Nîmois Rémi Asensio, qui est suivi par Serge Almeras. Enfin, nous avons choisi de proposer le troisième poste au second finaliste de Bougue : Julio Aparicio »
Tertulias : « Pourquoi avoir choisi les Miura pour la dernière corrida de la Féria ? »
Xavier Barella : « C’est un événement, puisqu’il n’y a pas eu de corrida de Miura à Vic depuis 1984. Il y a eu entre-temps, deux novilladas, et des toros dans des corridas concours. Le toro de l’an dernier nous a plu. L’idée, est de terminer cette féria par une ganaderia emblématique.
A Vic on vend la Féria comme celle du toro, et il nous apparu antinomique de ne pas avoir une corrida de Miura depuis 42 ans. Antonio Miura nous a présenté un lot correspondant à nos attentes. C’est une corrida de 4 ans en majorité avec deux toros de 5 ans. »
Tertulias : « Est-il facile à convaincre, dans une contrainte budgétaire donnée, Antonio Miura de revenir à Vic ? »
Xavier Barella : « Chez Miura, on nous dit « vous voulez la corrida, ça coûte tant !». On savait où on allait, puisque avec l’an dernier on connaissait le prix du toro de la Concours. C’est un choix délibéré de notre part d’aller chez Miura. On en avait discuté depuis un petit moment. On a la chance aussi d’avoir un veedor en Espagne assez proche de la famille Miura. Cela a permis aussi de faciliter les choses. »
Tertulias : « Monter le cartel d’une miurada n’est pas chose facile? »
Xavier Barella : « Je ne dirai pas le nom, mais un des toreros qu’on pensait mettre sur une autre corrida nous a dit « non, moi, je veux les Miuras ».
Le chef de lidia sera Pepe Moral , un habitué de la ganaderia devant laquelle il a triomphét à Séville en coupant une oreille à chacun de ses toros, ou à Sanlucar en coupant deux oreilles. C’est une valeur sûre. C’est un torero qui revient assez bien, après avoir connu un creux de la vague.
A ses côtés il y aura Damian Castaño, lui aussi un habitué des corridas dures. Les Miura il les connaît également puisqu’il les a affrontés l’an dernier à Pampelune où il a fait un bon passage. Il les a affrontés quelques jours plus tard à Santander malgré une grosse blessure d’ailleurs, et iI coupe une oreille. C’est un torero classique avec un courage impressionnant.
Gomez del Pilar complétera donc ce cartel. Torero habitué des corridas toristas, à Vic c’est une valeur sûre, puisque chaque fois qu’il est venu il n’a jamais triché. On se souvient d’une de ces grandes tardes chez nous en 2021 devant les Escolar. Au dernier toro de la Feria, il avait coupé deux oreilles de poids. »

Tertulias : « On a évoqué le problème des sobreros pour la novillada, mais qu’en est-il pour les corridas ? »
Xavier Barella : « Ce sont les mêmes contraintes. Pour la novillada, on a eu la chance de trouver des novillos à la ganaderia du Lartet. En corrida, nous sommes en train de finaliser un accord pour qu’il y ait suffisamment de sobreros pour la Feria. C’est véritablement une problématique, pour le coup, kafkaïenne.
Je comprends aussi, par rapport aux agriculteurs, que les services vétérinaires et les autorités n’aient pas envie de déclencher une nouvelle épidémie. Il est difficile à trouver le juste milieu entre ceux qui pourraient servir aux uns et ne pas être défavorables aux autres. Donc, pour l’instant, on y travaille.»
Tertulias : « Sur toute la Féria si tu devais miser sur une corrida, ce serait laquelle ? »
Xavier Barella : « Celle qui me fait le plus envie, c’est celle de Miura. J’espère qu’elles vont être toutes bonnes, et j’ai envie qu’elles soient toutes bonnes, bien entendu. Mais le fait d’avoir fait ce pari de Miura à Vic, après ces 42 ans d’absence, le fait qu’on ait réussi, parce que c’était un pari pour nous, à convaincre aussi Antonio Miura de véritablement jouer aussi le jeu, lui donnera un petit goût supplémentaire si elle se passe bien. »
Tertulias : « Pourquoi faites-vous une présentation officielle alors que les cartels son connus? »
Xavier Barella : « C’est essentiellement une soirée pour les Vicois ou des gens des alentours. Il y a une tradition à Vic de faire des grandes soirées de présentation. Ces soirées,ont été arrêtées par la force des choses avec le Covid. Puis les vicois nous ont demandé de les refaire.
Ca s’est fait au cinéma, sur grand écran, cela a quand même eu une certaine résonance. Cette année, les étoiles se sont alignées et on a réussi à avoir un beau plateau pour la présentation. Je pense que c’est pas mal aussi pour préparer une Féria. »
Tertulias : « Le nombre de spectateurs n’est-il pas un handicap pour Vic? »
Xavier Barella : « Nous sommes une petite arène de première avec à peine plus de 6 800 places. Monter une corrida coûte de plus en plus cher. Cela oblige quand même aussi à avoir une politique tarifaire qui n’est pas évidente à mener. La période est économiquement compliquée, tout le monde regarde son porte- monnaie.
Ces deux dernières années, on a dû à la marge appliquer quelques augmentations qui sont, je pense, tout à fait supportables. Nous restons à un niveau de prix moindre par rapport à d’autres arènes.
Il n’en demeure pas moins qu’effectivement, tout a augmenté même au niveau du bétail. Nous savons avec l’expérience sur quelle base d’entrées il est nécessaire de raisonner. C’est à partir de là qu’on établit le budget.
Devant Les ganaderias choisies, on sait que l’on aura pas les dix premiers de l’escalafon. Sur cet aspect-là, on n’a pas ces négociations à mener même si l’on ne pratique pas la politique du minimum syndical. Il faut quand même justement rémunérer les toreros qui acceptent de toréer le toro de Vic.»
Tertulias : « Qu’est-ce qui fera que tu seras particulièrement content le lundi soir, en fin de Féria ? »
Xavier Barella : « Si tout se passe comme sur du papier à musique, je serai le plus heureux des hommes. Maintenant, sur une Féria, rien ne se passe comme on l’avait prévu. Ce qui me rendra le plus heureux, je pense, c’est surtout qu’à la sortie de chaque corrida, les gens sortent en étant satisfaits d’avoir vu quelque chose.
Voir des grands triomphes à Vic, est des sorties « a hombros » ce n’est pas la philosophie de l’arène. Mais que les personnes qui sont venues à Vic y trouvent ce qu’ils étaient venus chercher, qu’ils aient le sourire en sortant des arènes me ferait plaisir. Et bien entendu d’avoir du beau temps et du monde, c’est le souhait de tous les organisateurs. Pour la météo, on a commandé le soleil, il fera beau temps. »
Dans une époque où tout évolue — les publics, les contraintes sanitaires, les équilibres économiques — Vic revendique plus que jamais sa singularité. Et au-delà des cartels, des débats et des attentes, une seule boussole demeure : que chaque spectateur reparte avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’authentique.
Propos recueillis par Philippe Latour et Thierry Reboul

J’ai découvert Vic depuis l’an dernier, j’ai rencontré des vrais aficionados, férus de toros qui me donnent des frissons… C’est cela que l’on recherche lorsque l’on est vivant !
Quant aux toreros, leur courage n’a d’égal que la bravoure du Toro…
Vive la corrida, vive la féria de Vic…
Un passionné…
Un échange tout en douceur dans un monde d’Incompétents / Arrivistes / Fous (Trump, nos professionnels de la politique), la devise « Liberté – Egalité – Fidélité » vicoise (on n’est pas chez les Apoderados gestionnaires d’arènes) augmentée de « Bonifier » (un 3ème Tiers & autres …. dans les arènes Joseph-Fourniol chers Ayatollahs) en 2026.
Par mesure de salubrité Taurine, on passera un cran de plus à notre ceinture d’Aficionado responsable.
Suerte Mr Xavier Barella / CTV, VIC un Jour – VIC Toujours (j’y serais).
D.ROGER