San Isidro, Ferrera: polémique, émotion et Puerta Grande.
San Isidro, Ferrera: polémique émotion et Puerta Grande.
Antonio Ferrera est sorti par la Puerta Grande à l’issue de la corrida d’Adolfo Martin à Madrid. Profitant de la qualité de la charge du quatrième, il a construit une très bonne faena et coupé une première oreille. Suite à la blessure de Paco Ureña, il a lidié le dernier. Ferrera est un torero particulier. Souvent pueblerino, il peut être horripilant. Puis parfois, comme face au sixième , sa tauromachie pueblerina devient originale, baroque et même de classe. Il a piqué le toro, servi une faena de très belle facture conclue par un recibir et a coupé une oreille méritée.
Manuel Escribano a bien banderillé le cinquième. Pour le reste ses faenas ont été appliquées mais sans grande émotion. De plus, il a mal tué.
Paco Ureña a touché un toro très compliqué qui lui infligé deux cogidas et deux cornadas de 15 et 20 cm, la première dans la région de l’artère fémorale, l’autre près de la tête du fémur.
Si la seconde partie de la tarde a été aussi entretenue, on le doit à l’excellent quatrième toro d’Adolfo Martin et les deux autres intéressants sortis en cinquième et sixième position. On pourra voir les toros de cette ganaderia, le 21 juin à Aire sur Adour.
Les toros
Très bien présentés, les trois premiers Adolfo Martin ne se sont pas employés au cheval. A la muleta, ils ont manqué de charge. Ils se sont vite retournés et sont devenus de plus en plus parados à l’exception du troisième qui lui est devenu très avisé et a blessé Ureña .
Le quatrième brave au cheval, noble et exigeant à la muleta est à classer dans la catégorie des grands toros. Pas de vuelta, surprenant en comparaison de celles accordées depuis le début de la San Isidro.
Les deux suivants, sans avoir les qualités du quatrième, ont été très intéressants.
Les toreros
Antonio Ferrera tente de faire passer son premier à droite. C’est compliqué parce que le toro ne s’emploie pas. A gauche, il est encore plus difficile. Ferrera tue prudemment et mal, silence. Le quatrième est un grand toro que Ferrera ne laisse pas penser. La faena du torero de Badajoz est excellente et la mise à mort par un recibir cité de loin est spectaculaire. Dommage que cette épée succède à un pinchazo, oreille.
Ferera doit lidier le sixième en lieu et place de Paco Ureña blessé. Il sort le grand jeu, pique le toro, se dispute avec le président. Profitant de la noblesse de son opposant, il construit une faena baroque mais de qualité conclue par un recibir spectaculaire, oreille.
A son premier, Manuel Escribano essaie. L’animal est soso et même deslucido. Il n’y a pas grand-chose à faire et le Sévillan conclut en deux temps une faena sans transmission, silence. La faena d’Escribano est très en dessous du potentiel du noble cinquième. Elle est appliquée mais fade, silence.
Tentative à droite, Paco Ureña subit une cogida et prend un puntazo. Tentative à gauche, nouvelle cogida, l’Adolfo est plus qu’avisé. Le torero prend l’épée, expédie le toro et rejoint l’infirmerie, palmas. Le torero de Lorca ne pourra pas revenir en place.
Fiche technique
- Arènes de Las Ventas, 21ème festejo de la San Isidro 2026. Toros d’Adolfo Martin.
- Antonio Ferrera : silence, oreille, oreille (avis) à celui tué pour Paco Ureña.
- Manuel Escribano : silence (avis), silence (avis).
- Paco Ureña : Palmas au départ du torero vers l’infirmerie.
- Quatorze piques
- Angel Otero salue au quatrième.
- Président: Pedro Fernandez Serrano
- Lleno
- 33°, un peu de vent.
Toro à toro
Volador numéro 74 Antonio Ferera
Le premier sorti est le top weight de la corrida. Il est très armé. Il met la tête dans la cape d’Antonio Ferera. Sans mise en suerte, il prend un premier puyazo en poussant sur une corne. Il ne s’emploie pas lors de la seconde rencontre. Le second tercio est laborieux. Le toro remate aux planches après avoir poursuivi les toreros. Ferera commence sa faena par des doblones. Le toro se retourne vite et a une charge courte. Le torero de Badajoz enchaîne par des derechazos cités à mi-distance.
Seconde série, le toro cherche l’homme qui se cache derrière la muleta. Troisième série, il le désarme. Tentative sur l’autre piton, c’est tout aussi compliqué voir plus. Ferera va chercher l’épée de verdad. Profitant d’une charge inopinée du toro, il tente une épée à la rencontre opportuniste mais le torero pinche. Il pinche ensuite trois fois puis met une entière basse. Silence.
Mentiroso numéro 50 Manuel Escribano
Manuel Escribano attend le second à Porta Gayola. L’Adolfo Martin est très armé. Il met en difficulté le torero de Gerena. Après quelques véroniques de réception, Escribano le met en suerte pour une première rencontre avec la cavalerie. Le toro met les reins mais a du mal à bouger le cheval. Seconde rencontre, il ne pousse pas et sort quasiment seul. Escribano prend les palos et pose deux premières paires limites à cornes passées, la troisième est spectaculaire. Il en pose une quatrième dans le berceau.
Début de faena par pechos et derechazos. Escribano amène l’Adolfo au centre du ruedo et prend la main gauche. Le toro est court de charge et ne s’emploie pas dans la muleta. Changement de main, l’animal est soso et deslucido. Le torero fait une nouvelle tentative mais le toro est de plus en plus parado. Escribano abrège la discussion qui a tourné au monologue. L’épée est trasera et desprendida. Un avis sonne, le premier descabello est efficace. Silence.
Peluquero numéro 67 Paco Ureña
Le troisième met bien la tête dans le capote. Paco Ureña en profite pour donner de bons capotazos de réception. Première pique trasera, le toro pousse. Seconde rencontre, l’Adolfo Martin est peu piqué. Nouveau tercio de banderilles laborieux, Ureña commence sa faena par des derechazos. Le toro se retourne vite et inflige une cogida et un puntazo au torero. Ureña repart au combat en boitant. Il prend la main gauche. L’Adolfo se retourne aussi vite et lui inflige une seconde cornada dès le troisième muletazo. Retour à droite, le toro est de plus en plus avisé. Il est temps de prendre les armes tauricides. L’épée résulte en avant, basse et perpendiculaire. Un descabello et le torero peut rejoindre l’infirmerie pour y être soigné. Palmas.
Mentiroso numéro 68 Antonio Ferera
Antonio Ferrera reçoit le quatrième avec, par nécessité, plus d’efficacité que d’élégance. Le toro prend un premier puyazo en mettant les reins et en poussant. Il est trop piqué lors de la seconde rencontre prise en mettant les reins. Angel Otero est ovationné après deux superbes paires de banderilles . Début de faena par des naturelles main basses, le toro est noble. Il humilie avec classe dans la muleta lors de la série suivante. A droite, il est excellent et permet à Ferrera de lui servir deux bonnes séries de derechazos. Les naturelles qui suivent méritoires mais manquent un peu de temple.
Naturelles de la main droite, c’est superbe. Le toro commence à baisser de rythme. Il est temps de tuer. Entrée à matar, Ferrera marche vers l’Adolfo Martin et le cite à recibir. L’animal ne part pas, Ferera recule et repart en marchant pour un recibir qui se traduit par un pinchazo. Nouvelle tentative, nouveau recibir , l’épée est entière et légèrement contraire. Le toro tombe immédiatement. Oreille pour le torero et ovation pour le toro.
Malagueño numéro 52 Manuel Escribano
Nouvelle Porta Gayola de Manuel Escribano pour recevoir le cinquième, l’animal hésite. Le torero aguante et peut enchaîner sur une bonne série de véroniques. Première mise en suerte, le toro est tardo. Mal piqué, il pousse sur une corne. Seconde rencontre, toujours tardo et distrait, il finit par venir et pousse au contact du fer. Second tercio, le toro est dans le terrain des planches. Escribano pose trois excellentes paires de banderilles. Il est ovationné par le public debout.
Brindis au public, le torero de Gerena commence sa faena par des doblones. Il continue par des naturelles. L’Adolfo Martin embiste sur les premiers muletazos. Il se retourne vite sur les suivants. A droite, il met bien la tête. Le torero réduit les terrains. La faena est appliquée mais manque de transmission probablement plus par la faute du torero que par celle du toro. Un avis sonne avant la première entrée à matar. Escribano pinche, met un tiers de lame puis descabelle au second essai. Silence.
Monedero numéro 51 Antonio Ferera
Paco Ureña, opéré sous anesthésie générale ne peut pas lidier le sixième. C’est Antonio Ferrera qui va s’en charger. Il le reçoit par véroniques. Ferera monte sur le cheval et assure le premier tercio, Escribano s’occupe de la lidia. L’Adolfo Martin prend un bon premier puyazo. Seconde rencontre , le torero ne peut pas poser le palo et ne le repositionne pas. La troisième pique est excellente, Ferera enchaîne par un quite spectaculaire. Le public est debout. Le président impose une rencontre supplémentaire qui est donnée par le picador de turno. Le palco se fait rabrouer par le public. Après ce moment de confusion, le toro est banderillé par la cuadrilla de Paco Ureña.
Ferera dépose la montera devant la porte de l’infirmerie. Début de faena par doblones, le torero de Badajoz est plus que motivé. Il continue à droite, l’Adolfo est noble. Cité et de face, toro et torero s’emploient. A gauche, les naturelles sont excellentes . Grosse ovation après la belle dernière série à droite, il se place loin du toro pour citer pour entrer à matar après avoir placé l’animal au centre du ruedo. Premier recibir, l’épée est entière mais en avant. Un avis sonne, le toro tombe au premier descabello. Oreille et Puerta Grande.
Thierry Reboul (corrida vue sur www.tlmad.es)

Voilà un torero, c’est vrai parfois pueblerino et puis parfois génial! C’est le panache tout simplement. Il semble parti pour une belle saison. Suerte Maestro!
Benat