San Isidro, Damian Castaño et les mauvais garçons
San Isidro, Damian Castaño et les mauvais garçons.
Corrida mansa et difficile d’Escolar Gil pour ce 22ème festejo de la San Isidro, Les cinq premiers étaient des mauvais garçons et le dernier pas tout à fait un ange. Damian Castaño a montré une fois de plus qu’il est un torero courageux et efficace face à ce type de bétail. Gomez del Pilar a évité de justesse les trois avis à son premier et a gâché à l’épée, la faena qu’il venait de faire au plus abordable des six toros. Pepe Moral est, comme à Vic, passé avec beaucoup de peine et peu de gloire.
Les toros
Il est à souhaiter que les toros d’Escolar Gil sortent mieux à Céret et à Mont de Marsan . Très correctement présentés, ils ne sont pas employés lors du premier tercio. A la muleta, ils se comportés en sales gosses aux intentions pas très claires et toujours prêts à faire un mauvais coup. Seul le dernier, sans être vraiment bon, a été plus sympathique pour le torero.
Les toreros
Au premier, Pepe Moral construit une faena appliquée mais la noblesse fade du toro ne permet pas qu’elle transmette. La première épée est entière et suffit, silence. Le quatirème est compliqué pour un Pepe Moral qui en plus tue mal, pitos.
Le second n’a pas beaucoup de passes à offrir. Damian Castaño s’applique, s’arrime, aguante et lui arrache quelques bons muletazos. Conclusion en trois entrées et un descabello, silence. Damian Castaño est très courageux. Il l’a encore montré face au cinquième un toro décasté et dangereux. Il parvient à lui arracher deux séries inespérées à droite, vuelta méritée.
Faena appliquée et méritoire de Gomez del Pilar à un troisième Escolar exigeant, malheureusement la séance de descabellos est plus que laborieuse, pitos. La faena de Gomez del Pilar, au sixième le toro le moins compliqué de la tarde, comporte de bons passage mais est très mal conclue avec les aciers.
Fiche technique
- Arènes de Las Ventas, 21ème festejo de la San Isidro 2026. Toros de Escolar Gil.
- Pepe Moral : silence (avis), pitos.
- Damian Castaño : silence, vuelta.
- Gomez del Pilar : pitos (deux avis), silence (deux avis).
- Quatorze piques.
- Président : Ñaki Sanjuan Rodriguez
- 19553 spectateurs
- Temps chaud et agréable, un peu de vent.
Toro à toro
Capitan numéro 32 Pepe Moral
Le premier est sérieux de présentation. Il est applaudi à son entrée en piste. Pepe Moral peine à le fixer. Première rencontre, le toro met les reins mais ne bouge pas le cheval. Il s’emploie encore moins lors de la seconde. Il poursuit Juan Sierra, qui le banderille, jusqu’au burladero. Début de faena par doblones, le toro est un peu juste de forces mais il met la tête. Première série à droite, il est moins collaborateur et proteste dans la muleta.
Passe à passe, Moral lui arrache plus qu’il ne lui sert des derechazos. A gauche, c’est compliqué d’autant plus que le vent s’en mêle. Retour à droite, c’est un peu mieux mais la faena ne transmet pas. Nouvelles naturelles, l’Escolar s’implique un peu plus avec toujours cette noblesse fade et sans classe qu’il a depuis le début. Dernière série à droite. et le torero entre à matar. L’épée résulte entière mais desprendida. Un avis sonne, Silence.
Chulito numéro 23 Damian Castaño
Le second est lui aussi bien présenté. Damian Castaño bataille pour le parer et le mettre au centre du ruedo . Première pique rectifiée, le toro ne pousse pas. Seconde rencontre, le picador est maladroit et rate sa cible. Un picotazo conclut le premier tercio. Début par doblones, le toro marche plus qu’il ne charge. Premiers derechazos, il se défend. Sur le troisième, il met la tête et au quatrième il accroche muleta et torero. A gauche, Castaño s’arrime, aguante et arrache des quarts de naturelles. Retour à droite, le torero baisse un peu plus la main et l’Escolar permet une poignée de muletazos. Première entrée à matar, premier pinchazo, Castaño pinche encore une fois puis met une entière presque en place. Silence.
Cobrador numéro 79 Gomez del Pilar
Le troisième est applaudi à son entrée en piste. Il se défend dans la cape de Gomez del Pilar qui l’amène avec efficacité au centre du ruedo. Première rencontre et premier picotazo, seconde rencontre le toro s’emploie et est plus et mieux piqué. Début de faena par doblones, le torero continue sur le piton droit. Le toro manque de race, n’humilie pas et est exigeant. Le torero s’applique et sert à l’Escolar Gil des derechazos inégaux. Tentative avortée à gauche, Del Pilar reprend la main droite pour une dernière série à un toro de plus en plus compliqué. Un pinchazo et un pinchazo plus hondo, un avis sonne. Sans nouvelle entrée à matar, le torero s’y prend à plusieurs reprises et sans succès pour descabeller. Un second avis sonne puis le toro tombe à la limite du troisième. Pitos
Cabestrero numéro 27 Pepe Moral
Le quatrième est très typé Albaserrada. Il met la tête dans la cape de Pepe Moral. Il prend deux puyazos légers sans s’employer. Le torero place son toro au centre du ruedo et commence la faena par des derechazos. L’Escolar Gil est tout sauf collaborateur. Gêné par le vent, Pepe Moral arrache quelques muletazos à un animal sur la défensive au début puis aplomado par la suite. Le torero n’insiste pas et va chercher l’épée de muerte. Prudemment il met une demi épée pas très bien placée. Ce n’est pas le jour pour descabeller, pitos.
Minutero numéro 24 Damian Castaño
Le cinquième se défend dans la cape de Damian Castaño. Il sort seul de la première rencontre et s’emploie encore moins lors de la seconde rencontre. La troisième confirme que le toro est manso sin casta. Au second tercio, il prend spectaculairement Ruben Sanchez, le lidiando, qui doit être évacué vers l’infirmerie. Montera vissée sur la tête, Castaño double le toro avec autorité. Il continue à droite.
Le toro est décasté et compliqué. Le torero s’arrime, lui arrache des quarts, au mieux des moitiés de passes. Il finit par en tirer deux séries de derechazos plus que méritoires. La troisième est compromise par un adversaire de plus en plus sur la défensive. A gauche, c’est la bagarre. Le torero va chercher l’épée de muerte. Il pinche et tombe devant le toro sauvé par le quite de Toñete. Seconde entrée à matar, l’épée est entière, un peu en avant et basse. Le premier descabello est le bon. Vuelta.
Buenacara numéro 45 Gomez del Pilar
Le dernier est plus typé Santa Coloma. Il ne s’emploie pas dans la cape de Gomez del Pilar. Deux picotazos tiennent lieu de piques. Début par doblones, le torero continue à droite. Le toro semble noble (comparativement aux autres Escolar) et met la tête dans la muleta. Il est plus collaborateur que les cinq autres mais il ne permet pas l’approximation. Del Pilar est en difficulté lors des deux séries suivantes. A gauche, il met la tête et permet une série intéressante. Bonne série à droite, le torero conclut sa faena par des naturelles de qualité, certaines de face. Un avis sonne avant la première entrée à matar. La demi-épée et l’aide de la cuadrilla n’ont pas raison de Buenacara. Un second avis sonne. Le second descabello met fin à la corrida de José Escolar Gil. Silence.
Thierry Reboul (corrida vue sur www.tlmad.es)

leurs mauvaises manieres: c’est ce que je preferes dans l’elevage de lanzahita!
certes on ne fait pas dans le précieux et le toro de collaboration.
il faut du coeur et d’autres attribus pour arracher des scories de lumiere à ces mal élevés.
j’adore!
ils sont crus,rustres,réfléchis et d’une fixité effrayante.vive les escolar!!