Mont de Marsan, l’envie de Marco Perez.
Mont de Marsan, l’envie de Marco Perez.
Roca Rey a quitté le Plumaçon en tirant une tête de six pieds de long. Il a déçu le public par son manque de motivation et ses mises à mort approximatives. On a attend autre chose de celui qui se déclare être le numéro un. Il a réussi à arracher à force d’insister et en découvrant un peu tard le soupçon de qualité de la corne gauche du cinquième, quelques muletazos intéressants. Mais on a attend autre chose, et surtout plus d’envie, de celui qui se déclare être le numéro un.
Borja Jimenez a été minimaliste face à deux toros sans grande qualité.
Marco Perez connecte avec le public. Il a encore la fougue et l’envie d’un novillero. Sa faena au dernier a été le seul moment intéressant de la tarde. Par contre, que ses mises à mort sont approximatives même si elles sont efficaces!
Apathiques et fades, les pupilles de la maison Jandilla ont distillé l’ennui tout au long de l’après-midi.
Les toros
Quelle soit la raison, génétique ou météorologique, le lot de toros de Jandilla lidié ce jour à Mont de Marsan a manqué de fond, de race et d’entrega. Certes ils ont été mal lidiés au premier tiers mais ils ont été plus que discrets quand il s’est agi d’aller au contact du groupe équestre. A la muleta, ils ont oscillé entre une noblesse fade et sans chispa, ce que certains appellent de la soseria et un manque de moteur qui les a fait tous s’éteindre rapidement. Ils ont largement contribué à plomber l’après-midi.

Les toreros
Le premier Jandilla est collaborateur. Borja Jimenez lui propose une faena uniquement droitière, appliquée mais sans grande transmission qu’il conclut mal, silence. Le quatrième ne vaut pas mieux que les précédents. Jimenez tue mal mais vite. Silence.
Le second n’a aucun moteur et Roca Rey n’est pas motivé. Bronca. Roca Rey , sans grande envie, essaie de sauver ses meubles et finit par arracher quelques muletazos méritoires à un toro sans grand intérêt. Il tue mal. Division d’opiniones.
Le troisième n’a pas plus de moteur que les précédents. La faena de Marco Perez manque d’intensité. L’épée est approximative mais elle tue vite et le torero salue. Le sixième a un peu plus de jus. Marco Perez essaie, par son entrega, de sauver la tarde mais l’épée le prive de trophées, vuelta.
Fiche technique
- Arènes de Mont de Marsan, première corrida de la Madeleine 2026. Toros de Jandilla.
- Borja Jimenez : silence, silence.
- Andres Roca Rey : bronca (avis) , division (deux avis).
- Marco Perez : salut; vuelta (avis)
- Douze piques, cuadra Bonijol.
- Président: Denis Labarthe.
- Lleno
- Il a fait chaud mais c’était supportable.
Toro à toro
Numéro 68 Senador Borja Jimenez
Le premier est acochinado et commode de tête. Il ne s’emploie pas dans la cape de Borja Jimenez puis prend une première pique légère en poussant sur une corne. Il sort seul de la seconde rencontre. Brindis au public, Borja Jimenez double un toro qui a déjà la bouche ouverte. Le Sévillan continue à droite. Le toro passe bien mais il est juste de forces. Le torero fait bien les choses mais le toro ne transmet pas beaucoup. Le public apprécie pourtant. A gauche, le Jandilla s’emploie moins, le torero n’insiste pas. Retour à droite pour une dernière série avant de prendre l’épée de muerte, Jimenez conclut par un temps de tremendisme. La première entrée à matar se solde par une demie tombée. Un avis sonne, le torero tarde à descabeller. Palmas y pitos pour le toro et silence pour le torero.



Numéro 52 Ornitologo Andrès Roca Rey
Le second est agréable de présentation. Il met la tête dans la cape de Roca Rey. Mal lidié il prend une pique carioquée. La seconde l’est aussi. Le péruvien fait un quite par saltilleras. Nouveau brindis au respectable, Roca Rey commence sa faena de rodillas avec un soupçon de tremendisme. Ce Jandilla est soso. La première série à droite est sur le voyage et profilée. La première à gauche est du même tonneau. L’ennui s’installe sur les gradins. Le numéro de porfia ne passe pas. Roca Rey pinche deux fois et le toro se couche tout seul. Relevé, il subit plusieurs pinchazos, un avis sonne. Le toro tombe et un puntillero en profite pour l’achever. Bronca aux deux acteurs.



Numéro 28 Trochero Marco Perez
Le troisième est mieux présenté. Marco Perez le reçoit par des véroniques de rodillas. Très mal piqué, le toro pousse sur une corne lors de la première rencontre. Il se défend lors de la seconde. Pitos au piquero. Le toro fait une vuelta de campana. Marco Perez brinde au public puis commence sa faena par des derechazos de rodillas. Il cite de loin pour la série suivante, le toro est noble mais juste de forces. Rapidement sa charge est de plus en plus chancelante. A gauche le Jandilla est éteint. Le torero prolonge inutilement une faena sans intérêt. L’épée est plate et vilaine mais elle suffit. Bronca au toro et salut du torero.



Numéro 3 Olivo Borja Jimenez Vegahermosa
Le Vegahermosa est juste de forces. Borja Jimenez fait moins que le minimum syndical à la cape. Première rencontre, c’est un picotazo dans l’épaule. La seconde est anecdotique. Début de faena par cambiadas et derechazos, le toro est court de charge. On continue à droite, le Vegahermosa est soso et tient difficilement debout. Inutile de dire que la faena ne transmet rien et paraît interminable. Jimenez réduit les terrains mais il n’y a pas plus d’émotion. L’épée est très vilaine mais elle tue vite. Pitos au toro, silence pour le torero.



Numéro 108 Adinerado Andrès Roca Rey.
Le cinquième nous fait penser aux quatre premiers. Il ne s’emploie pas dans la cape de Roca Rey. Pas de lidia au premier tiers le toro prend deux piques sans s’employer et en sortant seul. Le toro est flojo, Roca Rey commence par des doblones. Le Jandilla est surtoit soso. La faena manque de transmission et d’intérêt. L’animal s’éteint comme une bougie en mal d’oxygène. Le torero essaie en vain de ranimer la flamme mais tire quelques muletazos corrects en fin de faena. L’avant dernière série fait illusion jusqu’au désarmé final. Un avis sonne. L’épée est entière et dans le rincon. Un second avis sonne. Le bicho finit par se coucher. Pitos au toro et division de opiniones défavorable pour le torero.



Numéro 115 Oportuno Marco Perez
Le dernier ne s’emploie pas dans la cape de Marco Perez. La lidia est inexistante et le toro prend un premier picotazo à la sortie du patio de caballos. La seconde est mal donnée. Brindis au public, le torero entame les débats par des doblones, les premiers derechazos déclenchent la musique, soit. Le torero l’a fait stopper. Le toro est noblote, une nouvelle série et la musique reprend. A gauche, le toro est surtout soso. Le torero s’applique essaie de sauver la tarde avec l’eNtrega d’un novillero. Le public adhère. Le toro va à menos et Perez torée par redondos. Premières entrées à matar, premiers pinchazos, le troisième essai se solde par un pinchazo hondo. Un avis sonne avant une conclusion par une entière dans le recoin. Vuelta.



Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour
