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Mimizan, l’émotion de Pascal et Pierre.

Mimizan, l’émotion de Pascal et Pierre.

L’histoire retiendra que le quatrième Pagès-Mailhan de la corrida de Mimizan a été indulté et que Colombo a coupé trois oreilles et un rabo.

Le grand public retiendra que c’était une jolie corrida avec des banderilles, un indulto et des oreilles.

Les aficionados retiendront la seconde faena de Solal à la fois technique et avec une vraie et profonde expression artistique , la qualité . Pour les habitués des arènes, Ismael Martin a confirmé, après Madrid, que c’est un torero à suivre. Comme d’habitude, ils débattront de l’indulto , et on peut en débattre, regrettant probablement que ce quatrième toro n’ait pas rencontré un torero plus complet et plus lidiador.

Ceux qui connaissent un peu la famille Mailhan et son engagement de tous les jours pour faire vivre leur ganaderia, c’est l’émotion que l’on pouvait lire dans les yeux de Pascal et Pierre qu’ils retiendront quand leur toro a été indulté.

Les toros

Le lot de Pagès-Mailhan a été hétérogène de présentation et de comportement. Les deux premiers, les plus sérieux de présentation, ont été les plus exigeants. Le troisième, plus léger, a manqué de fond et de race. Les trois derniers, les plus adaptés à une arène de troisième catégorie, ont été d’une grande noblesse même si les deux derniers ont fini par aller à menos. Ces trois toros ont permis aux toreros de s’exprimer.

L’indulto du quatrième.

Le Président a sorti le mouchoir orange pour indulter le quatrième. Ce toro a eu une corne droite exceptionnelle et, au troisième tiers, sa noblesse est allée a mas. Malheureusement, il a été lidié uniquement sur la corne droite. Son torero, Jésus Enrique Colombo, a fait une tentative avortée à gauche et n’est pas revenu sur ce piton et a joué la facilité en restant sur l’autre corne. Il a construit sa faena pour se mettre en évidence et non pour montrer les qualités du toro.

De même au premier tiers, le toro a été discret lors de la première rencontre et a semblé mieux se comporter sur la seconde. C’est là que la troisième rencontre, même avec une puya de tienta de macho, manque pour confirmer et infirmer le ressenti de la seconde. Une vrai lidia centrée sur la mise en évidence du toro, à droite à gauche et surtout au cheval, aurait donné une autre dimension à cet indulto. C’est pour cela qu’à l’orgine l’indulto n’était possible qu’en corrida concours.

Les toreros

Jésus Enrique Colombo tue bien un premier Pagès-Mailhan qu’il a toréé de façon décousue et souvent brouillonne. Le manque de construction et de fil conducteur de la faena n’a pas permis de voir les qualités ou défauts du toro . Oreille pour l’estocade. Le quatrième a une exceptionnelle corne droite. Colombo ne le torée que sur cette corne . Après un début sur le pico, le Péruvien se centre un peu plus et surexploite la corne droite pour provoquer l’indulto qui finit par arriver, deux oreilles et la queue symboliques.

Solal torée avec beaucoup de sérieux, peut-être un peu trop, et de sincérité un toro tardo et brusque. L’estocade conclut bien la faena L’oreille est méritée. Solal coupe deux oreilles méritées après une faena alliant technique et classe à un toro noble mais qui est allé a menos. L’estocade a recibir est très spectaculaire.

Ismael Martin construit une faena appliquée et sérieuse à un toro qui manque de fond et de race Estocade en deux intentions, oreille. Ismael Martin perd à l’épée les trophées qu’il avait, potentiellement gagnés, après une faena intéressante à un sixième toro noble, vuelta.

Fiche technique
  • Arènes de Mimizan, corrida. Toros de Pagès-Mailhan.
    • Jésus Enrique Colombo : oreille, deux oreilles et la queue symboliques.
    • Solal : oreille, deux oreilles.
    • Ismael Martin: oreille, vuelta
  • Dix piques, cuadra Bonijol
  • Indulto du quatrième (numéro 253 Habilidoso)
  • Sortie a hombros de Colombo, Solal et Pierre Mailhan
  • Président: Jean Nevière
  • Demi-arène
  • Grand soleil

Toro à toro

Numéro 224 Adulador Jésus Enrique Colombo

Le premier remate les planches dès sa sortie en piste. Jésus Enrique Colombo le reçoit par des véroniques Le toro s’emploie dans la cape. Par contre, il ne pousse pas lors de des deux rencontres avec la cavalerie . Le péruvien invite ses deux collègues à partager les banderilles. Les meilleures paires sont celles de Solal et Ismael Martin. Début de faena par des doblones, le Pagès-Mailhan est noble. Premières séries à droite puis à gauche, le torero est brouillon. Sur les naturelles suivantes, le péruvien est distant et ne conduit pas la charge. Final à droite puis Colombo prend l’épée. L’estocade est en place et efficace. Oreille.

Numéro  161 Hostelero Solal

Le second, le seul cinqueño de la course est applaudi à son entrée en piste. Il est arrêté et incertain quand Solal le reçoit à la cape. Bien piqué, il ne pousse pas lors de la première rencontre. Mis au centre, il tarde à charger pour une seconde rencontre où il met les reins sans bouger le cheval. Nouvel échange international de banderilles, la France remporte la manche. Début de faena par le haut près des planches, le toro est court de charge et se défend. Solal s’applique et arrache deux séries méritoires. Le Pagès-Mailhan s’est éteint et se jette dans la muleta plus qu’il ne charge. Une série appliquée à gauche, le nîmois enchaîne sur deux séries à droite sérieuses et qui obligent un toro qui est allé à menos. Bon final par statuaires, Solal s’engage pour une entière qui tue rapidement. Oreille.

Numéro 281 Huron Ismael Martin

Ismael Martin reçoit le troisième par une larga de rodillas et des véroniques. Le toro, moiins rematé que les précédents, se défend lors des deux rencontres avec la cavalerie. Troisième et dernière manche du desafio banderillero, les points seront partagés entre les trois toreros . Ismael Martin entame les débats par des doblones. Avec efficacité et temple, le torero oblige à droite, un toro qui naturellement ne va pas au bout de la passe. A gauche, c’est un peu moins bien. Série suivante à droite, le toro est allé à menos. Nouvelle tentative à gauche, le toro a tendance à vouloir partir aux planches. Le final trémendiste porte sur le public . Martin pinche puis met une entière tombée et suffisante. Oreille.

Numéro 253 Habilidoso Jésus Enrique Colombo

Le quatrième est anovillado Il est bien reçu à la cape par Jésus Enrique Colombo. Il se colle au cheval sans pousser lors des deux rencontres avec la cavalerie, même s’il s’emploie plus sur la seconde Solal fait un bon quite par chicuelinas, tafalleras, farol et gaonera. Les trois paires de banderilles sont posées à cornes passées. Début de faena de rodillas, puis le Péruvien cite de loin pour des derechazos donnés sur le pico. Le toro est noble et assure presqu’à lui seul la transmission de la faena. Le public apprécie.

Le Péruvien prend la gauche et se fait désarmer. Le Péruvien part à la chasse à l’indulto et cela marche. Il torée avec plus de sincérité tout en esquivant le risque potentiel de la corne gauche. Retour à droite, pour deux séries qui sont les meilleures et surtout les plus sincères de la faena. Le Péruvien sait connecter avec le public dans certaines arènes. La tension monte sur les gradins et le mouchoir orange est sorti. Deux oreilles et la queue symboliques.

Numéro 205 Comisario Solal

Le cinquième est lui aussi anovillado. Solal le reçoit avec efficacité. Il met les reins et renverse le groupe équestre lors de la première et unique rencontre. Le Nîmois pose trois bonnes paires de banderilles. Bon début de faena par le haut, le toro a une très bonne corne droite. Le Nîmois enchaîne des muletazos sincères, templés et profonds. Les naturelles sont aussi de qualité. Le novillo est intéressant sur les deux cornes. Le Pagès-Mailhan baisse de rythme et Solal continue à en tirer le maximum avec beaucoup d’aguante. Bon final par luquesinas, l’estocade a recibir est fulminante. Deux oreilles.

Numéro 284 Illuminado Ismael Martin

Le dernier est plus charpenté. Ismael Martin le reçoit par des largas de rodillas. Sans mise en suerte, il prend une première et unique pique légère. Après un bon quite , Ie torero pose trois paires de banderilles , la troisième avec poursuite. Le torero en offre une quatrième avec une poursuite encore plus spectaculaire. Ismael Martin, motivé, commence sa faena par des derechazos de rodillas. Le toro est noble et le torero en tire des muletazos de qualité. Les naturelles sont excellentes. La noblesse du toro également sur ce piton les facilitent. Le final de rodillas est adapté au contexte. La première entrée a matar se solde par un pinchazo, la seconde par un tiers de lame. La troisième épée est entière, un avis a sonné. Elle suffit. Vuelta.

 

Texte Thierry Reboul

Photos Philippe Latour

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