Málaga : au moins trois raisons d’être là.
Revenir à Málaga au mois d’août, lorsque la ville entre en feria, est toujours une joie.
Si on devait comparer la cité côtière à sa sœur ainée, Séville, la fête, paraît ici moins ostentatoire : on s’y prend, en quelque sorte, moins au sérieux. Ensuite parce que le climat, subissant l’influence maritime, y est plus tempéré, ce qui, par les temps qui courent, est appréciable.
Mais c’est surtout l’excitation de retrouver ses arènes : la Malagueta.
Rares sont les cités aussi intimement identifiées à leur plaza de toros, au point d’en partager leur nom. Rappelons, s’il en est besoin, que Málaga est, avec Séville et Cordoue, l’une des trois plazas de première catégorie d’Andalousie, contribuant à faire de cette province la région la plus taurine d’Espagne.
Inauguré en 1876, l’édifice emblématique aux briques orange de style néo-mudéjar est toujours debout, désormais cerné par les tours surgies dans les années 1970, lorsque Málaga subit la fièvre immobilière anarchique, qui la transforma en cité balnéaire touristique.
Depuis le mirador de Gibralfaro, près de la forteresse qui domine la ville, elle apparaît en contrebas telle un nid posé au milieu du béton, ronde et magnifique comme un témoignage anachronique d’une époque révolue.
Trois raisons
Si nous ne devions retenir que trois raisons de revenir ici cette année, ce serait celles-ci :
- La célébration du 150ᵉ anniversaire de l’inauguration de la Malagueta, avec pour l’occasion un cartelazo : Morante de la Puebla, Andrés Roca Rey et David de Miranda face à des toros de Torrealta et de Garcigrande.

- En 2025, nous avions été frustrés par l’absence de Morante, blessé quelques jours auparavant à Pontevedra, alors que toute la feria avait été bâtie autour de son nom. Le retrouver cette année, annoncé à deux reprises, suffit à nourrir l’attente — avec tout ce que Morante suscite d’espoir et d’imprévisible.
- La troisième raison, c’est David de Miranda. L’an passé, face à deux adversaires compliqués de Victoriano del Río, il s’était imposé, allant jusqu’à signer ce qui fut sans doute la meilleure faena de sa temporada et qui fait aujourd’hui référence. Nous voulions le revoir en ces lieux, en 2026. Le premier acte a déjà tenu ses promesses : lundi, devant les Juan Pedro Domecq, il a triomphé en coupant deux oreilles, qu’en sera-t-il samedi ?
Suerte a todos.
Olivier Castelnau
