Madrid, gris comme le ciel
Madrid, gris comme le ciel
Fin du premier tronçon de la Feria de Otoño. Pour l’instant, le voyage madrilène s’est fait en seconde classe. Urdiales et l’orage ont été les deux seuls moments d’émotion des trois premiers festejos. Avec les Victorino, on a toujours l’espoir que le fils du sorcier de Galapagar nous envoie quelques bestioles enracées et encastées qui vont faire suer les porteurs de montera et tenir en haleine les spectateurs.
Côté toreros.. On retrouve le classieux Uceda Leal, torero de Madrid s’il en est, qui fête ses trente ans (pile-poil) d’alternative. Paco Ureña espère retrouver le rang qu’il avait, il y encore quelques années. Borja Jimenez doit se dire qu’il préférerait être un spécialiste des Juan Pedro que des Victorino , cela fait blanchir les cheveux beaucoup moins vite.
Résumé
Quelques naturelles de chacun des participants, une grande pique au cinquième et une oreille pour Borja Jimenez qui ne sera de celle dont on garde un souvenir impérissable. Voilà ce que l’on retiendra de positif de cette corrida que le ciel eut bon goût de laisser se dérouler sans pluie. Celle-ci n’arriva qu’une fois le festejo terminée. Les Victorino furent âpres et compliqués pour la plupart d’entre eux.
La corrida
Les toros
542kg de moyenne pour les Cardenos de la maison Martin. Seul le premier avec quelques marques blanches était aussi Bragado Meano. Des Victorino pur jus. Sans excès de poids sur les carcasses mais bien armés, les pupilles de Las Tiesas n’ont pas apporté ce que l’on attend généralement d’eux sinon leurs aspérités.
Le lot d’Uceda Leal fut compliqué et offrait peu de passes. Celui d’Ureña fut celui des extrêmes. Un premier Victorino qui prend les passes avec de la noblesse et un dernier dangereux et inédit, le torero de Lorca ne tentant pas le diable. Borja tomba lui aussi sur un premier toro qui avait une bonne corna gauche et une alimaña comme deuxième opposant.
A la pique, le moment d’émotion vient du cinquième qui fit passer un sale moment à Richi qui fit front à cheval levé pour donner le châtiment. Dommage qu’il échappe le palo que le Victorino promena pendant une bonne trentaine de secondes sur le dos. La deuxième fut mal donnée, Ureña ne souhaitant pas faire briller outre mesure ce rude adversaire.

Uceda Leal
Le premier Victorino ne se confie pas dans le capote en donnant quelques signes de faiblesse dès l’entame. Il est court de charge et freine fort à droite. Uceda reste prudent. Quelques naturelles vont émerger dans une faena courte et conclue par une epée de côté rapidement efficace. Silence pour les 2 protagonistes


Uceda accueille le 4ème en gagnant le centre sur les jambes. Le toro n’est franc du collier. Il est piqué en conséquence. Le madrilène donne deux bonnes séries à gauche et conduit le Victorino. C’est beaucoup lui demander et sa nature profonde refait vite surface. De plus en plus court côté gauche, quasi sans charge sur la droite. Uceda expédie ad patres non sans accroc au 1er essai son adversaire. Le bel habit blanc du maestro vétéran termine immaculé. Le public l’invite à saluer plus pour ses trente ans de carrière que pour sa prestation du jour.


Paco Ureña
Sur la réception à la cape, Ureña conduit le victorino vers le centre avec maitrise. on le sent plein d’envie. La faena debute par des séries droitières qui profitent de la noblesse et la fixité du Victorino. Le toro manque néanmoins de moteur. Celui de Lorca change de main, pour des séries moins limpides mais parsemées de quelques passes qui ont de l’empaque. Il parachève sa faena en donnant des « naturelles de la droite » bien senties. Malheureusement l’épée défaille. Chaud salut pour le torero, et des avis qui se partagent pour le toro.


Les premières passes données au cinquième lui donnent quelques sueurs froides. Très grande première pique donnée par Richi. Dommage que le palo lui échappe des mains et reste un temps suspendu sur le dos du toro. Uren̈a ne donne pas le change en positionnant le toro au plus près du cheval pour la seconde rencontre, ce qui va lui valoir le courroux du public. Azuquita prend une dérouillée aux palos dont il sort meurtri en prenant la direction de l’infirmerie. L’ambiance monte de plusieurs crans. Mais Ureña ne veut pas risquer son intégrité physique face à un toro qui regarde le torero avant de charger sur la muleta. Quelques essais multerils prudents et une épée donnée à bout de bras en guise de conclusion. Sifflets pour le torero et ovation pour le toro que l’on a pas vu du tout au dernier tiers.


Borja Jimenez
Après deux premiers tiers sans histoire, Borja trouve le tempo en iniciant sa faena par des doblones dominateurs. La suite sera bien plus standard . Le vent se lève, la fraîcheur arrive et n’annonce rien de bon côté météo. Puis l’andalou prend la main gauche et donne une autre dimension à la faena. Il administre les les meilleurs séquences dans cette deuxième moitié de faena face à un Victorino qui suit l’étoffre. L’entière donnée avec foi un peu de côté est fulminante. Elle déclenche une pétition suivie par la présidence.


Le dernier va « à son air » durant tout le 1er tiers avec un Borja peu inspiré durant la lidia. Il commence sa faena par des dures passes de castigo. Elles révèlent bien vite l’alimaña qui sommeille que d’un oeil dans ce Victorino. Les quelques essais de passes se terminent par le haut ou avec un toro qui se retourne comme un chat. Borja se protège en abrégeant. Silence.


Victorino pouvait aller souffler ses bougies d’anniversaire, et la pluie pouvait se mettre à tomber.
Fiche Technique
- Madrid, 4° festejo de l’abono de la feria de Otoño. Toros de Victorino Martin pour
- José Ignacio Uceda Leal : silence, saluts
- Paco Ureña : saluts (avis), sifflets
- Borja Jiménez : oreille, silence
- 12 piques, cuadra Equigarce
- Président : José Luis Gonzalez Gonzalez
- Public : lleno de « no hay billetes »
- Météo : ciel couleur Victorino Martin
- Victorino Martin fétait son anniversaire aujourd’hui
Philippe Latour (vu du tendido 6)
