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Istres : David de Miranda triomphe pour sa présentation au Palio

Istres : David de Miranda triomphe pour sa présentation au Palio

Première corrida de féria, premier triomphe. Avec cinq trophées coupés à l’issue de l’après-midi, le bilan comptable apparaît flatteur. Cependant, sur le plan artistique les sensations sont plus nuancées. Pour sa première apparition dans les arènes d’Istres, David de Miranda est attendu. Révélation des temporada précédentes et récent triomphateur de la féria de Séville, le natif de Trigueros (Huelva) ouvre la grande porte du Palio au terme d’une prestation plus efficace qu’aboutie.

Résumé
Les toros

Le bétail du jour était composé de trois toros de Zalduendo, d’origine Domecq, et de trois toros de La Purísima, d’origine Núñez del Cuvillo. Les deux élevages appartiennent à l’influente famille mexicaine Bailleres. Le fer de Zalduendo, l’un des plus anciens du campo bravo, possède une ancienneté remontant au 14 juillet 1817. À l’inverse, La Purísima est une ganadería des plus récente, créée en 2021, qui effectue aujourd’hui sa présentation en France ainsi que sa première sortie en corrida formelle.

D’une morphologie globalement modeste et dotés d’armures particulièrement civilisées, les six toros ont offert un jeu permettant aux toreros de s’exprimer. Seul le troisième, un Zalduendo insuffisamment présenté et rapidement éteint, est resté en retrait. Le 4 sans être une terreur aura été le plus compliqué.  Les 1, 2, 5 et 6 se sont en revanche distingués par leur noblesse. Bien entendu, la monopique fut la règle, réduisant le tercio de varas à une simple formalité.

Les toreros            

La terna du jour est andalouse avec trois toreros au répertoire très différent, conférant au cartel un intérêt certain. De Mianda et Aguado ont défilés tête nue. Quant à Luque, il est lui un habitué des lieux.

La corrida vue par l’objectif de Philippe Latour
Fiche Technique
  • Istres. Arènes du Palio. 3 toros de Zalduendo (3,4,5)et 3 toros de La Purísima (1,2 ,6)
    • Daniel Luque (neige et azabache) :  Salut (avis) – Oreille (avis)
    • David de Miranda (vert bouteille et or) : Oreille (avis) – 2 Oreilles
    • Pablo Aguado (lilas et or) :  Silence – Oreille
  • 6 piques, Cavalerie Bonijol
  • Salut de Iván García.
  • Président : Monsieur Abid
  • Sortie en triomphe de David de Miranda
  • Entrée 2/3 d’arène.
  • Grand bleu. Température estivale.
Toro à toro
Daniel Luque
1° toro – La Purísima. N° 6 – 520 kg

Le premier, un colorado ojo de perdiz de La Purísima, commode de tête et doté d’une noblesse remarquable sur les deux cornes, permet à Daniel Luque de soulever les premiers olés au terme d’un bon capoteo par véroniques allurées. Après un début de faena par statuaires liées sans céder un pouce de terrain, le Sévillan déroule son toreo avec aisance. Les séries droitières sont fluides et douces et trouvent un écho dans les gradins. La main gauche demeure plus superficielle et souvent sur le pico. Final par luquesinas, évidemment, et surtout par aidées de ceintures empreintes de toreria. Hélas, une épée laborieuse et deux descabellos refroidissent les ardeurs. Salut après avis. Applaudissement à la dépouille.

4°toro – Zalduendo  N°386 – 530 kg

Le quatrième toro a permis à Daniel Luque de montrer une nouvelle fois l’étendue de ses ressources techniques. Face à un Zalduendo brusque, hésitant dans ses attaques et peu propice aux enchaînements, le maestro de Gerena doit s’employer. Il frôle la correctionnelle suite à un derrote et demande à la musique, lancée de façon inappropriée, de se taire. Plus qu’une œuvre esthétique, la faena a été un labeur composé de muletazos servis les uns après les autres. Luque s’impose finalement à force de patience et de science taurine. Le final est tremendiste, destiné aux gradins.  Oreille après une épée contraire d’effet retardé. Division pour la dépouille.

David de Miranda
2° toro – La Purísima, N° 8– 540 kg

David de Miranda hérite d’un toro de La Purísima acochinado. Mal armé gacho et brocho, il sort abanto. Déséquilibré, le picador reste par miracle sur sa monture après un contact plus violent que poussé. Profitant de la noblesse empreinte de soseria de son adversaire, l’Andalou réalise une faena dans un petit terrain mais sans véritable engagement, ni transmission. La musique, déclenchée prématurément, peine à masquer la monotonie de l’ensemble. Une entière tombée mais efficace lui permet de couper une oreille que l’on jugera généreuse. Applaudissement à l’arrastre.

5°toro – Zalduendo N° 395 – 511kg

Le cinquième de Zalduendo est un toro de bonne noblesse sur les deux pitons. Il va être exploité avec application par David de Miranda. Le toro boit la muleta, tant à droite qu’à gauche. Le Maestro enchaîne les séries avec facilité, mais sans réelle profondeur, ni émotion. Le Zalduendo est essoré jusqu’à la dernière goutte. Un estoconazo contraire lui permet de couper deux oreilles, la seconde apparaissant pour le moins bienveillante. Applaudissement au noble Zalduendo.

Pablo Aguado
3° toro – Zalduendo N°396 – 501 kg

Le troisième est un Zalduendo anovillado et qui s’éclate la corne droite dès les premiers contacts aux burladeros. Il est attiré par le terrain du toril d’où il est difficile de le déloger. Faisant fi du règlement, le picador va directement piquer le toro dans son terrain avant que le toro n’ait déclenché sa charge. Le toro est tardo et deslucido. Devant tel matériel, Pablo Aguado ne parviendra jamais à donner du relief à une faena longue et prudente. Souvent profilé et peu engagé, il conclue par un desplante inutile qui n’est pas du gout du public. Bajonazo. Silence poli et ennui partagé. Sifflets au Zalduendo.

6°toro – La Purísima N°10 – 535kg

Pablo Aguado reconnu comme l’un des grands spécialistes du toreo de capote, si cher aux toreros sévillans,  sera tout l’après-midi, étrangement absent dans ce domaine. Face à son adversaire de La Purísima, pas une véronique lors de l’accueil et il faudra attendre le quite pour gouter au capoteo de l’Andalou. A noter en intermède, le bon tercio de banderilles d’Iván Gárcia qui est appelé à saluer. Avec la muleta, Aguado propose une entame de la droite élégante conclue par une trincherilla de cartel qui laisse espérer une suite avantageuse. Hélas, la faena va s’avérer manquer d’engagement, essentiellement donnée sur le pico. Quelques détails esthétiques, sur fond de « Concha Flamenca » : deux cartuchos de pescado, une circulaire, quelques aidées par le haut, mais rien qui ne parvienne réellement à rehausser le travail muleteril. Une demi-lame en avant permet à Aguado de ne pas repartir bredouille de sa présentation istréenne.

Conclusion

Au cours d’une après-midi plus triomphaliste que triomphale, Daniel Luque a démontré une fois de plus sa technique et sa science de la lidia. David de Miranda a profité de la noblesse du lot le plus favorable, mais nous le préférons face à plus d’adversité. Quant à Pablo Aguado, il n’aura pas laissé à Istres un souvenir impérissable.

Demain sera un autre jour.

Olivier Castelnau

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