Actualités TaurinesInterviewsOrganisateurs interviews

Captieux, des paroles aux actes militants.

Captieux, des paroles aux actes militants.

En 2026, comme en 2025, la seule arène girondine qui accueillera une corrida ou une novillada sera celle de Captieux.

Après la suspension de la corrida de La Brède et la position pour le moins contestable du tribunal adaministratif de Bordeaux, venir aux arènes Jean Sango est le seul acte véritable pour soutenir les organisateurs locaux. Montrer à ceux qui en doutent que la Gironde est une terre de Culture Taurine est la seule réponse valable aux attaques anti-taurines d’autant que le programme 2026 est d’un intérêt certain. Crier au loup devient inutile si l’on ne fait pas ce qu’il faut pour s’en protéger.

Tertulias a rencontré Stéphane Brèthes, président de Rugby y Toros, pour qu’il nous présente la journée taurine du 07 juin.

Tertulias : « Quels bilans tires-tu des dernières éditions de la novillada de Captieux depuis que Victor Lamothe vous a rejoint? »

Stéphane Brèthes : « Victor Lamothe nous a rejoint en 2022. Depuis, nous avons construit nos cartels en préservant ce qui constitue l’identité capsylvaine. Nous présentons deux novilleros expérimentés et punteros en leur adjoignant un novillero qui débute en piquée, inédit au moins dans le Sud-ouest.

Pour les novillos on choisit des ganaderias qui permettent aux toreros de s’exprimer. La première année, grâce à Victor, nous avons eu l’opportunité de programmer Alcurrucen dont le lot, bien présenté, a été excellent en piste.

Cela nous a conforté dans l’idée que nous étions une arène de troisième catégorie mais avec une certaine  importance. Depuis on a conservé la même structure de cartel. L’aspect économique a fait que nous ne pouvions pas contracter chaque année des ganaderias au nom prestigieux comme Alcurrucen.

L’aide que l’UVTF apporte aux arènes qui programment des toros ou novillos français nous a permis de touver des solutions d’intérêt. En 2024, nous avons pris des novillos de Jalabert et de La Golosina. En 2025, nous sommes allés chez les frères Gallon. Ce sont des novillos qui correspondent à notre ADN. Ils sont très bien sortis et rapidement nous avons décidé de les renouveler. »

Tertulias : «  Comment définis-tu cet ADN capsylvain ? »

Stéphane Brèthes : « C’est de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. Il nous faut accrocher et fidéliser un public dont une grande partie ne voit qu’un ou deux spectacles taurins dans l’année. Ce n’est pas le cartel qui les fait venir aux arènes mais plutôt l’envie de passer un bon moment.

Nous avons aussi envie de satisfaire l’aficionado plus averti en proposant une programmation de qualité et sérieuse. C’est pour cela que les novillos de Gallon par exemple sont adaptés à Captieux. Ils sont sérieux et permettent aux toreros de s’exprimer. »

Tertulias : « Captieux c’est un week-end Rugby y Toros, d’où est venue cette idée d’associer ces deux disciplines? »

Stéphane Brèthes : « On doit tout cela à André Durantau Président d’Honneur de Rugby y Toros et qui était un grand aficionado. Il en est le fondateur et, sans lui, il n’y aurait rien de tout cela. Il y avait déjà eu de la tauromachie espagnole à Captieux. Paquirri est venu toréer dans nos arènes en 1963. Pour fêter les 60 ans du Sporting Club, en 93, il a tout mis en oeuvre pour associer ses deux passions en organisant une novillada et une journée rugby.

On a des éléments de vocabulaire communs, on vient aux arènes et au stade avec la même envie, la même passion. C’est ce qui a donné le côté un peu fou et surtout la convivialité qui règne à Captieux. On l’a encore vu lors de la Nuit de Rugby y Toros. Yannick Bru entraîneur de l’UBB, gersois mais sans accointance avec la tauromachie, a été fasciné par Clemente qu’il a rencontré lors de cette soirée. Les passerelles existentent.

C’est quelque chose d’important pour nous de faire perdurer cela. Ca l’est aussi pour les partenaires qui nous aident. »

Tertulias : « Comment évolue la fréquentation des arènes de Captieux ? »

Stéphane Brèthes : « Nos arènes ont une capacité de 1486 places. Assurer un taux de remplissage de 80% est notre objectif. Après une baisse de fréquentation par rapport à il y a dix ans, la venue des Alcurrucen a provoqué un regain . Après des éditions en progression entre 2022 et 2024, il y a eu un recul en 2025 certainement lié au fait que la Feria tombait le week-end de l’Ascension.

C’ette année notre date ne correspond pas au week-end de l’Ascension ou à un match de rugby du club local. La météo jouera certes mais il n’y aura pas de causes extérieures (vacances, fêtes des mères, rugby ou autres) pour ne pas venir aux arènes pour nos spectateurs locaux. A ce jour, la taquilla est en progression par rapport à l’an passé mais j’aimerai qu’elle soit encore bien plus conséquente.»

Tertulias : « Penses-tu attirer une public de l’extérieur grâce à la qualité du cartel? »

Stéphane Brèthes : « Sans faire une réponse de gascon, je te dirai oui mais nous n’en aurons la certitude qu’au soir du 07 juin. Nous avons rencontré beaucoup d’aficionados qui nous ont dit que notre cartel était de qualité. Mais seront-ils présents le 07 juin ? On espère grâce à la qualité de la programmation de faire bouger les aficionados..»

Tertulias : « « Quelle en est la raison ? Problème d’image de Captieux, de communication ? »

Stéphane Brèthes : « Cette une question que nous nous posons sans cesse. Nous n’avons pas l’impression de rater quelque chose en matière de communication. On utilise les réseaux, la presse locale, les sites internet. On crée du trafic. J’ai la faiblesse de penser que notre communication est bonne. On se fait aider par des bénévoles dont c’est le métier. Nous nous remettons en question et avons toujours des interrogations. Peut-être que le public aficionado va attendre le dernier moment, qu’il se déplacera en fonction de la météo et cela reste une inconnue.. »

Tertulias : « La problématique de La Brède est-elle susceptible de vous amener du monde? »

Stéphane Brèthes : « J’ai la faiblesse de croire que cela bougera au niveau des peñas girondines. Dès que la corrida de La Brède a été suspendue j’ai reçu beaucoup de messages en ce sens. On sent qu’il y a une volonté de venir à Captieux, que cela bouge mais il faudra que cela se concrétise en passant de la parole aux actes. On a besoin que les gens fassent l’effort de venir à notre novillada.»

Tertulias : « Comment, le Girondin que tu es, a vécu la décision du Tribunal Administratif concernant La Brède? »

Stéphane Brèthes : « Cette décision n’envoie pas un signal fort à la tauromachie et encore moins à nos libertés. Les anti-taurins sur cette affaire ont gagné une bataille mais pas la guerre. Voir disparaître une arène même temporairement n’est pas réconfortant. J’espére que le jugement définitif ira dans notre sens. Aujourd’hui il est important de se mobiliser et remplir les gradins est un premier signal fort.»

Tertulias : « Captieux est-il à l’abri d’un coup de Trafalgar. Etes-vous carrés pour éviter un problème de type administratif? »

Stéphane Brèthes : « Je le pense. Nous ne sommes pas sur le même modèle que La Brède. Nous sommes une association qui organise sur ses fonds propres la novillada. Le partenariat public représente moins de 2%. La Mairie met à notre disposition les arènes qui sont un bâtiment communal et les équipes techniques de la commune.

Victor Lamothe nous a amené un recul et une aide précieuse sur les aspects légaux et administratifs. Nous y sommes très attentifs.»

Tertulias : « Quel est l’importance du partenariat dans l’équilibre financier de la novillada? »

Stéphane Brèthes : « Sans les partenaires, rien ne serait possible. La taquilla ne suffit pas pour boucler entièrement le budget d’une novillada de troisième catégorie. Nous avons pris le parti de ne pas augmenter les prix des places depuis deux ans. On démarre à 22 euros au dernier rang soleil et les barreras ombre sont à 49 euros. Nous restons dans la moyenne de ce qui se fait ailleurs. Nous faisons en sorte que le prix des places ne soit pas un frein.

La journée rugby du samedi et le partenariat nous permmettent d’atteindre l’équilibre. Nous avons un niveau de sponsoring très élevé. Les partenaires, même s’ils ne sont pas aficionados, nous suivent. Ils le font pour préserver un évènement dans lequel il se retrouve beaucoup. Nous avons des partenaires locaux mais iaussi des entreprises bordelaises qui nous soutiennent et apprécient ce moment de partage. »

Tertulias : « Pour en revenir à la partie taurine présentes-nous le cartel de la novillada? »

Stéphane Brèthes : « Le chef de lidia sera Emiliano Osornio. Le novillero mexicain a gagné l’an dernier le Zapato de Oro à Arnedo. Il a été très bien récemment à Madrid, Séville et Nîmes. A Las Ventas, c’est lui qui fait la tauromachie la plus pure et avec un peu plus d’efficacité à l’épée, il aurait pu couper des trophées. Il a eu une main gauche exceptionnelle. Son apoderado est le Maestro Curro Vasquez. C’est un torero qui parle aux aficionados et qui devraient les faire venir.  

Pour l’accompagner, il y aura Alvaro Serrano. Quand on le programme, c’est le novillero qui a gagné la Ligue des novilladas de Madrid et qui a triomphé à Roquefort. Il  a fait 24 novilladas avec 39 oreilles et une queue. On a fait un pari en le prenant. On voulait comme avec Osornio, un torero solide. Depuis, il est sorti par la Puerta Grande à Madrid. il vient de prendre une dimension supplémentaire. Le choix de ces deux toreros va dans le sens de fidéliser notre public local et de faire venir les aficionados. »

Tertulias : « Pourquoi le choix de Clovis pour le troisième poste ? »

Stéphane Brèthes : « Ce choix s’est imposé de lui-même. Clovis entre dans la catégorie des découvertes. Il est bien connu dans le Sud-ouest. Il banderille ce qui va plaire à notre public. C’est un espoir qui a triomphé l’an dernier chez nous le matin lors de la non piquée de Fiesta Garona. Nous essayons de construire un lien et donner de la cohérence entre le spectacle du matin et celui de l’après-midi. Il est également suivi par beaucoup de gens et même des partenaires de la région. On essaie d’intégrer un Français au cartel sans que cela soit pour nous une obligation. L’an dernier, le cartel était composé uniquement de toreros espagnols avec Palacio, Zulueta et El Mene. »

Tertulias : « Et côté novillos? »

Stéphane Brèthes : « Après l’excellente sortie de ses novillos en 2025 dans nos arènes , nous avons rapidement repris contact pour 2026 avec Michel Gallon. Il nous a réservé la tête de camada. Les novillos sont jolis. Tout est réuni pour qu’il y ait une belle après-midi. »

Tertulias : « Comment allez-vous faire avec les sobreros et la problématique de la Dermatose Nodulaire? »

Stéphane Brèthes : « La Gironde et les Bouches du Rhône ne sont pas en zone sous contrôle. Le sobrero pourra repartir en Camargue. Il y aura donc sept novillos de Gallon dans le camion. »

Tertulias : « Captieux c’est aussi une matinale avec une non piquée organisée par Fiesta Garona ? »

Stéphane Brèthes : « La matinale est construite par Fiesta Garona, main dans la main avec les gens de Captieux. Nos accointances avec Jean-François Majesté sont telles que nous ne faisons qu’un.

n général, il y a un Français, souvent un élève d’Adour Aficion. Cette année, ce sera Julio Martin. Lui aussi a un public qui le suit. Il y aura aussi Manuel Leon de l’Ecole Taurine de Badajoz. Ils vont toréer chacun un eral de La Espera, le troisième, du même fer, sera lidié par le triomphateur. »

Tertulias : « Question traditionnelle pour conclure cette interview. Qu’est-ce qui fera qu’au soir du 07 juin tu seras satisfait de cette édition 2026 ? »

Stéphane Brèthes : « Il faudrait deux choses. Tout d’abord, il faudrait que le spectacle du matin et celui de l’après-midi soient très bons, que les toros aient embisté et que les toreros aient connecté avec le public. Il faudrait qu’il y ait eu des oreilles parce que la novillada aura fonctionné.

Autre élément, et on ne va pas se le cacher, c’est un élément primordial c’est qu’il y ait eu du monde sur les gradins, public local, aficionados girondins et d’autres départements. La pérennité économique de notre organisation en dépend et c’est le moyen le plus sût pour montrer que Captieux et la Gironde sont des terres de Culture Taurine. »

Merci Stéphane, et suerte pour cette journée taurine.

Les réservations sont ouvertes sur le net : billetterie.festik.net/feria-rugby-y-toros/ ou à la Billetterie physique en Mairie de Captieux ou par tel au 06.37.18.48.02

Propos recueillis par Thierry Reboul et Philippe Latour.

Verified by ExactMetrics