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Séville, Victorino Martin ?

Séville, Victorino Martin ?

De cette Victorinade sévillanne, on retiendra la présentation indigne de la Maestranza du cinquième. Pour le reste on a vu une corrida « bonita » sans grand moments. Pour un mano à mano, aucun torero n’a fait un quite, pas de comptencia entre les deux toreros qui pourtant se sont appliqués. Malheureusement Manuel Escribano et Borja Jimenez n’ont pas une tauromachie qui peut transmettre de l’émotion avec des toros, vendus comme des Victorino Martin mais dont la noblesse fade les font ressembler à des La Quinta.

Les toros

On a vu ce samedi à Séville une corrida de Victorino Martin d’encaste Buendia. Certes c’est du Santa Coloma mais on est loin du piquant de la branche Albaserrada. Très juste de présentation, le cinquième n’étant même pas digne de sortir à Marbella, les Victorino ont été bravitos au cheval mais ont trop manqué de poder. Seul le dernier a un peu bougé la cavalerie. Le novillo sorti en cinquième position a été mauvais, en plus d’être imprésentable . Les cinq autres humiliaient avec suavité et même avec de la classe mais chargeaient à la vitesse d’une tortue. Ils se sont vraiment plus comportés comme des La Quinta que comme des pupilles de Victorino.

Les toreros

Le premier est compliqué en début de faena en particulier à gauche. Manuel Escribano insiste sur ce piton et le Victorino rompt ce qui permet au torero de lui instrumenter quatre séries de naturelles appliquées . Salut après une entière tombée et deux descabellos.

La lidia au premier tiers du troisième est laborieuse. Le toro est noble, humilie mais manque de chispa. Il va rapidement à menos malgré les efforts de Manuel Escribano. Silence.

Le cinquième n’était même pas digne de sortir à Marbella. Et en plus il était mauvais. On ne peut rien reprocher à Manuel Escribano. Par contre ganadero, empresa et vétérinaires mériteraient de sortit des arènes sur une poutre couverts de plumes et de goudron.

Le second est du style qui enchante les uns et exaspère les autres. Noble, il charge en humiliant mais en marchant. La faena de Borja Jimenez est intéressante, bien construite mais elle met du temps à transmettre de l’émotion . La fin et particulièrement la résistance que met le toro à tomber porte sur le public mais pas sur le palco. Vuelta.

Borja Jimenez perd à l’épée l’oreille à laquelle il pouvait prétendre à l’issue d’une faena appliquée réalisée face à un toro noble , qui humiliait avec un peu plus de poder que les trois précédents. Vuelta.

Le sixième, brave au cheval, manque trop de forces. La faena va rapidement à menos. Silence.

Fiche technique

  • Arènes de Séville, septième festejo de la Féria d’Avril. Cinq toros et un novillo (5ème) de Victorino Martin.
    • Manuel Escribano : salut (avis), silence (avis), silence.
    • Borja Jimenez : vuelta (avis), vuelta, silence
  • Dix piques, une chute. On ne comptabilisera pas le tercio de piques du novillo sorti en cinquième position.
  • Les deux matadors ont eté invités à saluer à l’issue du paseo.
  • Salut de Ivan Garcia au sixième
  • Président : Jose Luque Teruel
  • Lleno de « No Hay Billetes”
  • 30° un peu de vent
Toro à toro
Toro numéro 78 Placentino Manuel Escribano

Le premier est dans le type de l’encaste.  Juste de forces, il s’emploie quand même dans la cape de Manuel Escribano. Bien piqué, il prend un premier puyazo léger sans pousser. Il sort seul de la seconde rencontre. Escribano pose ses trois paires de banderilles avec efficacité, les deux premières à la limite de la corne passée. Après avoir brindé au public, le torero entame les débats par derechazos et pechos. Le toro humilie après avoir attaqué la muleta avec un brin de violence puisse se retourne vite. Il fléchit si on l’oblige trop. A gauche, il exige plus et Escribano n’insiste pas.

A droite, le toro continue à protester et Escribano subit. Le torero revient à gauche et donne des naturelles courtes mais méritoires. La musique joue. Le toro a rompu sur le piton gauche et le torero peut enchaîner de bonnes naturelles mains basses. Le Victorino va à menos, il est temps de tuer. Une bonne série à gauche puis Escribano, au moment où sonne le premier avis, met une entière légèrement tombée qui suffit. Salut.

Toro numéro 13 Midanito Borja Jimenez

Le second juste de présentation  est contestée à son entrée en piste. Il fléchit dès les premiers capotazos de Borja Jimenez, prend un premier puyazo en mettant les reins mais sans bouger le cheval. Il vient avec alegria lors de la seconde rencontre mais sort seul après avoir poussé sur une corne. Le piquero est applaudi. Nouveau brindis au public, Borja Jimenez commence sa faena par des doblones. Le Victorino, fils de Cobradiezmos, est noble et charge en humiliant.

Derechazos muleta basse, le toro a beaucoup de fixité. Le cadet des Jimenez exploite bien le piton droit mais paradoxalement la faena manque un peu de transmission. A gauche, l’animal a moins de rythme. La seconde série de naturelles réveille le public et la musique joue.  Borja Jimenez continue sur cette corne mais le toro a une charge de plus en plus lente, certains diraient quasi mexicaine. Le torero réduit de plus en plus les terrains ce qu’apprécie le public. L’estocade entière est efficace. Le Victorino lutte pour ne pas tomber ce qui fait se lever le public. Un avis a sonné. Pétition d’oreille, le palco ne donne pas suite. Vuelta.

Toro numéro 15  Dirimente Manuel Escribano

Manuel Escribano attend le troisième à porta gayola. Le toro s’emploie avec alegria dans la cape et les véroniques de réception déclenchent les olés. La lidia au premier tiers est laborieuse. Tardo, le Victorino, mal piqué, s’emploie mais avec peu de poder lors de la première rencontre.  Le piquero doit franchir la ligne pour provoquer l’arrancade d’un animal qui se défend au contact du fer. Le Sévillan est ovationné à l’issue du second tercio. Il brinde son toro à son compagnon de cartel.

Début de faena par doblones, le Victorino est noble et humilie. Première série à droite, le toro répond sur les trois premiers cites puis est tardo quand il s’agit du pecho final. A gauche, il humilie toujours autant mais sa charge est bien plus retenue. Escribano s’applique mais l’ensemble manque de transmission. Le toro est de plus en plus parado. Retour à droite, le Victorino est allé à menos. Il est temps d’aller chercher l’épée de verdad. L’estocade est entière et légèrement tombée. Le toro tarde à tomber, un avis sonne. Silence.

Toro numéro 02 Bolsilillo Borja Jimenez

Le quatrième est lui aussi un fils de Cobradiezmos. Typé Albasarreda, il se défend dans la cape de Borja Jimenez. Il prend un premier puyazo en poussant. Mal lidié, il s’emploie moins lors de la seconde rencontre. Le toro montre des signes de faiblesse lors du second tercio. Début de faena par doblones, le Victorino humilie mais il manque de forces et d’entrega. Naturelles mains basses , le toro est noble, a une certaine classe mais avance au pas. La musique joue.  C’est un peu plus « vibrant » lors de la série suivante sur le même piton.  A droite, même charge suave et ralentie, Jimenez reprend rapidement la main gauche pour deux séries qui portent sur le public. Un pinchazo, une demie et le toro finit par tomber au premier descabello. Vuelta.

Toro numéro  26 Mirandès Manuel Escribano

Manuel Escribano reçoit le cinquième, comme il avait accueilli le troisième, à la sortie du toril. Le toro n’est pas pressé de sortir et le matador doit aguanter, l’animal dans le couloir ostensiblement tourné dos à la piste.  Quand il sort on comprend pourquoi le Victorino voulait rester caché. Quelques cris « es un novillo » montent des gradins. La présentation est indigne d’une arène de première catégorie.  Sous les protestations, on assiste à un simulacre de premier tiers. Escribano essaie d’animer le ruedo, palos en main mais le public reste froid .  On entend même des miaous très madrilènes en début de faena. Pour tout arranger, le novillo de Victorino Martin n’a ni noblesse, ni caste. Le public sévillan d’habitude si policé s’énerve. Escribano abrège et tue d’un quasi bajonazo trasero rapide d’effet. Silence pour le torero et sifflets pour le toro.

Toro numéro 11 Hebreo Borja Jimenez

Le dernier très asaltillado est lui aussi protesté. Il s’emploie sans conviction dans la cape de Borja Jimenez. Il prend une première pique en poussant et fait tomber cheval et cavalier puis prend avec bravoure la seconde. Le piquero est ovationné. Ivan Garcia salue après deux très belles paires de banderilles, les meilleures de la tarde. Jimenez commence sa faena par des doblones. Le toro est noble, humilie mais a une charge « molle » et courte. Il manque aussi de forces. Le torero l’entreprend avec la main gauche. La faena est appliquée mais, à droite comme à gauche, il manque trop d’entrega au toro et la prestation du Victorino ne transmet aucune émotion. L’animal se couche après le quatrième pinchazo. Silence.

Thierry Reboul corrida vue sur Onetoro TV

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