Eauze non piquée, Julio Martin triomphe
Eauze non piquée, Julio Martin triomphe
Au delà du résultat artistique et même du résultat financier, l’important est que la non piquée d’Eauze ait eu lieu. Il a manqué du monde sur les gradins mais il y a course de toros ce dimanche dans la cité élusate. La présence d’un député local est de celle qui a du faire plaisir aux organisateurs. Mais que grande est la passion des clubs taurins qui se battent pour monter des spectacles qui sont boudés par le public. N’oublions pas que c’est dans les novilladas non piquées et piquées, et en particulier celles du Sud-ouest, que sont nés Sébastien Castella et Andres Roca Rey. Donc il est bien que la novillada ait eu lieu mais l’Aficion en général n’assume pas ses responsabilités en ne soutenant pas plus ce type d’organisation.
Résumé
On sait que pour les éleveurs et les toreros , la non piquée est un laboratoire ou un temps d’apprentissage. Les novillos du Lartet, bien présentés, ont posé des problèmes que n’ont pas toujours su résoudre les deux novilleros. Mais Moreno Leal et Julio Martin se sont appliqués même s’ils ont encore des défauts à corriger. Les deux plus importants qui sautent aux yeux de l’aficionado moyen que nous sommes sont la difficulté que les jeunes toreros ont à baisser la main surtout face à des toros qu’il faut canaliser et obliger. Par ailleurs, les mises à mort ont été loin d’être parfaites. Certes, un eral c’est étroit et mettre l’épée en pleine croix est plus compliqué que sur un toro de 500 Kg aux épaules bien larges. Mais il y a une différence entre une estocade un peu tombée et un bajonazo. Les fans clubs qui demandent, et obtiennent parce que la pétition est majoritaire, des trophées alors que l’épée est plus que basse ne rendent pas service aux apprentis toreros.
Les erales
Très bien présentés, les erales du Lartet ont manqué de fixité. Ils se sont beaucoup déplacés dans le ruedo. Il fallait des muletas poderosas. Cette tendance n’a pas été corrigée par les jeunes toreros qui les ont toréés souvent à mi-hauteur sans baisser la main. Quand ils ont été lidiés muleta basse, ils se sont fixés et ont permis les meilleurs muletazos de la tarde.
Les toreros
Malgré les efforts de Moreno Leal, le premier eral brusque et suelto ne permet pas au novillero de construire une faena structurée et avec de la transmission, silence. La faena du jeune espagnol au troisième est décousue et ne pèse pas sur un bicho à la charge désordonnée. C’est compliqué avec les aciers, silence.

Julio Martin conclut par une épée basse une faena appliquée avec quelques bons passages à un novillo qui manque de classe, oreille. La faena de Julio au quatrième a gagné en fluidité et en domination donc en qualité quand le jeune torero a baissé la main. L’estocade est efficace mais approximative, oreille. C’est compliqué pour un jeune torero de lidier dans la même après-midi trois erales. Triomphateur de la novillada, Julio Martin a été invité à lidier le cinquième novillo. Probablement fatigué, le novillero a du mal à peser sur un animal qui demandait une muleta plus autoritaire que celle qui lui a été proposée, salut.

Fiche technique
- Arènes d’Eauze, novillada non piquée des Fêtes 2026. Erales du Lartet.
- Moreno Leal : silence (avis), silence (avis)
- Julio Martin: oreille, oreille, sallut
- Triomphateur de la tarde, Julio Martin a lidié le cinquième et dernier novillo.
- Président: Pascal Darquié
- Un petit cinquième d’arène
- Ce n’est pas tout à fait la canicule mais cela y ressemble.
Eral à Eral
Numéro 20 Moreno Leal
Le premier est sérieux de présentation. Il sort abanto puis met la tête sans humilier dans la cape de Moreno Leal. Julio Martin fait un quite par delantales. Début de faena par le haut, le torero enchaîne par des derechazos à mi-hauteur car le toro est noble mais juste de forces. Première naturelle, le Lartet part aux planches. Retour à droite, le bicho est toujours aussi brusque et n’humilie pas. La faena, trop longue, manque forcément de lien et de transmission malgré les efforts du novillero. L’épée est entière et tarde’à faire effet. Un avis sonne avant que le toro ne tombe. Silence.
Numéro 16 Julio Martin
Le second sort lui aussi abanto. Julio Martin le reçoit avec des véroniques templées. Son compagnon de cartel fait un quite applaudi par le public. Le landais entame les débats en doublant le novillo. Première série à droite à mi-hauteur, le novillo esr noble. Julio prend la main gauche. Il lie une bonne série de naturelles. Le toro se décompose rapidement et’a tendance à s’échapper de la passe . Le torero a plus de classe que le novillo. L’épée est entière mais très basse et comme souvent dans ce cas elle est efficace. Oreille.
Numéro 3 Moreno Leal
Moreno Leal attend le troisième à Porta Gayola. Cela passe juste mais cela passe. La suite de la réception par véroniques est plus classique tout comme le quite de Julio Martin par chicuelinas. Leal répond par des tafalleras. Début de faena de rodillas, le toro est noble mais juste de forces. Série à gauche, elle débute au centre et finit dans les planches. Le torero ne pèse pas beaucoup sur le toro. Le novillero s’applique mais la faena ne transmet pas. Retour à gauche, il se fait accrocher la muleta. Le final par joselillas porte un peu sur le public. Moreno pinche plusieurs fois avant de mettre une épée de gendarme. Un avis sonne. Le second descabello est le bon. Silence.
Numéro 83 Julio Martin
Réception originale par faroles, Julio Martin enchaîne par des véroniques allurées. Aux banderilles le novillo est très désordonné. Le novillero commence sa faena par le haut,. Il continue par des derechazos. La série suivante est meilleure même si le torero hésite à baisser la main. Il finit par le faire en prenant la main gauche. La faena y gagne en ligazon y compris sur le piton droit. L’épée est entière mais basse. Elle est efficace. Oreille
Numéro 81 Julio Martin
Le cinquième sera lidié par Julio Martin qui le reçoit avec élégance. Après avoir brindé au ganadero, le torero français double avec élégance son novillo. Le Lartet marche plus qu’il ne charge. Julio le torée à mi-hauteur. Il prend la main gauche , le novillo a tendance à partir aux planches. Dans les tablas Julio tire une bonne série. Le novillero pinche plusieurs fois avant de mettre une demie , un avis sonne. Un descabello suffit. Salut.
Texte Thierry Reboul, photos Pierre Delhoste
