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Bayonne, des toros et des hommes

Bayonne, des toros et des hommes

Décalée à 22h pour raison de rugby, la corrida des promesses 2026 a été aussi celle des lumières avec une mise en scène du paseo originale et plutôt réussie. Elle a aussi été l’occasion d’améliorer significativement l’éclairage des arènes bayonnaises.

La formule du cinq toreros pour six toros a confirmé qu’elle était la bonne pour cette corrida des promesses.

Par contre , le mélange des genres entre corrida toriste et compétition entre toreros peut poser question. Surtout que Bayonne n’est ni Céret ni Vic, le public, dans sa majorité, n’a pas forcément tous les codes qui permettent de comprendre et juger la lidia de ce type de toros et en particulier lors du tercio de varas. Cela peut fausser la compétition.

Manuel Diosleguarde a remporté la compétition après une faena très technique et une estocade efficace. Dorian Canton, avec un toro compliqué et insuffisament piqué, a montré qu’il avait la maturité et la technique nécessaire pour affronter ce type de bétail. Damian Castaño a une fois de plus mal tué.

El Rafi et Julio Mendez avaient un handicap trop difficile à surmonter. Ce ne sont pas, à ce jour, des toreros de « corridas dures ».

Tous les toreros qui ont participé méritent le respect car eux ce sont mis devant un lot de toros de respect et non de garantie comme ceux qu’affrontent les figuras.

Les toros

La présentation des toros d’Arauz de Roblès lidiés à Bayonne ce samedi soir était celle d’un lot qui aurait pu sortir à Madrid. A l’exception du premier le plus noble du lot, ils étaient plus proche par les intentions belliqueuses et leur complexité d’une bande de blousons noirs que d’un groupe de premiers communiants. Ils l’ont joué « quand on arrive en ville » mais c’est cela que l’on attend de ce type d’élévage. Aucun n’a été brave au cheval, ni vraiment noble, au sens corrida moderne du terme. Tous ont posé des difficultés. Tous les toreros n’étaient pas aptes à résoudre les problèmes posés.

Les toreros

Damian Castaño confond bagarre et lidia. Son premier toro est le plus « agréable » de la soirée. Le torero part au combat avec lui alors qu’il fallait, probablement, user de plus de douceur. La faena est sincère mais elle reste en dessous de ce que l’on pouvait tirer du toro. Comme souvent Castaño tue mal. Silence.

Pas assez piqué, le second est violent au troisième tiers.  Dorian Canton s’arrime et donne quelques bons muletazos sincères et méritoires au toro le plus compliqué et le plus dangereux de la soirée. Il tue en deux fois et fait une vuelta..

Le troisième est exigeant et El Rafi n’est pas en confiance. Il y a beaucoup de déchets dans sa faena y compris lors de la mise à mort.  Silence.

Le quatrième est compliqué. Le public n’a pas compris le travail du piquero. Mais heureusement que Curro Sanchez s’est affranchi des lignes, sinon, par la suite, toute lidia aurait été impossible. Manuel Diosleguarde doit s’employer pour le faire passer.  Il le fait avec patience, technique et efficacité. Il finit par obliger le toro et à enchaîner des passes en fin de faena.  L’épée portée avec engagement est efficace. Oreille.  Le dernier Arauz de la soirée est allé à menos malgré les efforts du torero. Silence.

Julio Mendez est trop vert pour ce type de toro. Après un bon début de faena, il se retrouve en difficulté puis il tue mal un toro pas assez dominé. Silence.

Fiche technique
  • Arènes de Bayonne, corrida des Lumières et des Promesses de la tauromachie 2026. Toros de Arauz de Roblès.
    • Damian Castaño : silence.
    • Dorian Canton : vuelta.
    • El Rafi : silence.
    • Manuel Diosleguarde :oreille, silence (deux avis).
    • Julio Mendez :silence.
  • Douze piques, cuadra Bonijol
  • Le vote du public et de la présidence a choisi Manuel Diosleguarde pour lidier le sixième toro.
  • Président: Guillaume Garces
  • Un tiers d’arène
  • Il n’y avait pas besoin d’un pull
Toro à toro
Numéro 32 Tasador Damian Castaño

Le premier met bien la tête dans la cape de Damian Castaño. Il prend deux puyazos en poussant. Le second est trasero. Castaño entame sa faena par des doblones.  Il enchaîne sur une bonne série à droite. Le toro est noble. Le torero torée avec sincérité un Arauz de Roblès sérieux mais toréable. Il commet l’erreur de chercher la bagarre avec son toro . Du coup à gauche, il se fait déborder sur la deuxième série.  Final à droite puis il va chercher l’épée. A vouloir trop se battre le torero a perdu son Arauz de Roblès. Il écourte les « hostilités, » alors que le toro a probablement encore quelques passes à donner. Le torero pinche à plusieurs reprises avant de placer trois quarts de lame tombée et concluante. Silence.

Numéro 93 Rumano Dorian Canton

Le second est bien présenté et surtout très armé. Il tarde à  s’intéresser à la cape de Dorian Canton. La première pique est trasera,  le toro pousse, il s’emploie moins à la seconde.  Dorian brinde au public puis commence sa faena par des doblones.  Le bicho a une charge violente. A droite comme à gauche depuis sa sortie en piste,  il est tardo et violent,  il lui manque clairement une pique. Le béarnais, qui a gagné en maturité, s’arrime et gère efficacement la situation Il doit faire des séries courtes, le toro devenant compliqué à la quatrième passe.  Une série méritoire puis Canton prend l’épée. Il pinche puis met une entière tombée et trasera. Vuelta. 

Numéro 41 Viicioso El Rafi

Le troisième remate contre tous les burladeros. El Rafi le pare avec efficacité. Bien piqué, il ne pousse pas au contact du fer lors de ses deux rencontres avec la cavalerie. Rafi double son toro avec autorité. Le toro est exigeant. Le  nimois donne une bonne série à droite  même s’il n’est pas très en confiance. A gauche il a du mal à trouver le sitio.  Rafi reprend la main droite et recule sur certaines passes. Le torero est de moins en moins à l’aise. Il prend sur lui, après avoir changé le toro de terrain, et fait en sorte que la dernière série soit la meilleure. Rafi tue d’une entière basse sans s’engager à la seconde tentative. Silence.

Numéro 6 Lotero Manuel Diosleguarde

Le quatrième est abanto puis finit par mettre la tête dans la cape de Manuel Diosleguarde. Le toro est compliqué à mettre en suerte à la pique. Le piquero doit franchir les lignes pour le faire charger sinon on serait encore à attendre que le toro le fasse. Le public ne comprend pas mais pourtant Curro Sanchez a fait ce qu’il fallait faire. Les banderilleros sont plus que maladroits. Le toro est compliqué. Diosleguarde doit l’entreprendre passe à passe. C’est compliqué pour le torero. Le salmantin s’applique et tire des muletazos méritoires à un toro parado. Tout sauf collaborateur, l’Arauz de Roblès finit par être plus conciliant en fin de lidia. La faena manque de transmission et d’intensité mais pas de risques et surtout de technicité. L’épée est un peu en avant mais portée avec engagement compte tenu du contexte.  Oreille.

Numéro 40 Capuchino Julio Mendez

Le cinquième est un tio. Il sort abanto. Julio Mendez ne lui donne pas de passes de cape. Bien piqué, l’animal pousse sur une corne.  Il s’emploie moins lors de la seconde rencontre.  Mendez brinde au public. Il commence sa faena par des doblones genoux ployés.  Il est un peu près sur  les premiers derechazos. C’est compliqué pour un torero avec aussi peu de métier que l’ancien élève de l’Ecole Taurine de Badajoz. Petit à petit, il perd pied et met de plus en plus de distance entre lui et le toro.  Le toro n’est pas dominé et Mendez pinche à plusieurs reprises avant de mettre une entière tombée et en avant. Silence.

Numéro 24 Taquillero Manuel Diosleguarde

C’est Diosleguarde qui est choisi pour lidier le dernier. L’animal est superbe. Le torero le reçoit par une larga puis des véroniques.  Le toro prend deux puyazos en poussant un peu. Au second tercio, la cuadrilla est toujours aussi peu efficace ce qui est assez étonnant de la part des toreros qui la composent. Diosleguarde double le toro puis enchaîne à droite.  Le toro passe .La première série est appliquée mais le torero a tendance à donner la sortie par le haut.  Il baisse un peu plus la main par la suite. La suite à gauche est meilleure même si le toro baisse de rythme.  Toro et faena vont à menos.  L’Arauz finit aux planches. L’épée est trasera. Un avis sonne.  L’estocade est longue à faire effet.  Un second avis sonne.  Silence.

Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour

4 réflexions sur “Bayonne, des toros et des hommes

  • Le public bayonnais et les lignes de picadors ! C a toujours été une grande histoire ca. Pour eux c’est plus important qu’une pique mal donnée ou une épée en bajonazo. Le public de Bayonne est inculte. La preuve ! Que font les peñas bayonnaises pour l’éduquer ? pas grand chose… personnellement je suis resté chez moi même si j’aurai voulu soutenir Dorian Canton.
    Espérons que les empresas pensent à lui l’an prochain et que son apoderado ne fera pas des barages stupides come les années passées….

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  • Je suis d’accord avec vous, pourquoi sortir de tels toros pour la « corrida des promesses »? Et, en même temps, comme dirait l’autre, ce sont des toros comme ceux d’hier soir que l’on devrait voir beaucoup plus souvent.
    Bravo à Dorian Canton qui mérite beaucoup plus de contrats la saison prochaine.
    Benat

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