Bayonne: alternative heureuse de Pedro Luis.
Bayonne: alternative heureuse de Pedro Luis.
Commencée avec huit minutes de retard, la corrida de ce jour à Bayonne ne restera dans les mémoires que parce qu’elle est celle de l’alternative de Pedro Luis. Le récipiendaire a coupé une oreille à chacun de ses toros après avoir fait preuve de courage, de bonne volonté et montré ses limites actuelles.

Le public a été (trop) gentil avec Roca Rey. Il a abrégé à son premier parce que son toro était désagréable. L’oreille coupée a son second l’a été après une faena médiocre, pourtant bien commencée, et qui est allée à menos. Ses deux mises à mort sont à montrer dans les écoles taurines comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire. On attend autre chose de celui qui prétend être le numéro un.
Marco Perez a une très grande capacité à s’adapter au contexte public-toro. Il veut couper des oreilles et il y est arrivé. On l’attend aussi à un autre niveau.
Ceux que l’on attend aussi à un autre niveau dans une arène de première catégorie, ce sont les membres du palco. La triplette de ce soir n’était pas dans un bon jour allant jusquà donner une oreille à Roca Rey après une épée hideuse. Pour les autres trophées, on est loin du niveau d’exigence attendu dans une arène comme Bayonne.
Juste une dernière remarque, merci à Monsieur le chef de la musique de ne plus jouer le second mouvement du concerto d’Aranjuez surtout quand il est complètement à contre rythme de la faena.
Les toros
Les toros de Zacarias Moreno lidiés ce vendredi à Bayonne ont confirmé que cette ganaderia est dans le creux de la vague. Si on excepte le premier noble avec un peu d’entrega, les quatre autres ont manqué de bravoure, de forces, de race et de caste. Le sobrero de Nuñez del Cuvillo (4ème bis) n’a pas relevé le niveau.
Les toreros
Pedro Luis a coupé une oreille à son toro d’alternative à l’issue d’une faena appliquée, dynamique mais souvent sur le voyage qui n’a pas pesé sur le Zacarias Moreno. Le toro permettait plus. L’épée est surtout efficace. Au dernier Pedro Luis, est encore vert. Mais très motivé, il construit une faena appliquée, méritoire a un toro noblote qui est allé à menos. Oreille.
Le second est désagréable et mal élevé. Offusqué Roca Rey n’engage pas la conversation. Il tue d’un bajonazo périphérique. Silence poli. Le quatrième, qui ne semblait pas inspirer le Péruvien et qui en plus était très juste de forces, est renvoyé au ttoril. Il est remplacé oar un Nuñez del Cuvillo. On a presque retrouvé le Roi Roca de la réception à la cape jusqu’à la fin de la deuxième série à droite. Ensuite toro, torero et faena sont allés plus qu’à menos. L’estocade est un vilain bajonazo transformée en mete y saca par le Péruvien. Le toro tombe très vite, aussi vite que l’oreille. C’est incompréhensible dans une arène de première catégorie.
Le troisième n’a ni forces, ni race, ni caste . Deslucido il ne permet à Marco Perez que des demi-passes qui portent sur le public. L’épée est efficace. Le cinquième devient invalide après un choc contre un burladero. Il est puntillé en piste. Le sobrero est un Zacarias Moreno d’une grande soseria. Marco Perez a du tempérament et sait s’adapter au contexte toro-public. Il construit une faena qui porte sur les gradins. Le meilleur moment est l’estocade en place (enfin une) et efficace. Deux oreilles tombent du palco, la seconde est de trop.
Fiche technique
- Arènes de Bayonne, corrida bleue 2026. Cinq toros de Zacarias Moreno dont un sobrero (5ème bis) et un Nuñez del Cuvillo ( 4ème bis)
- Andres Roca Rey: silence, oreille.
- Marco Perez: oreille, deux oreilles.
- Pedro Luis (alternative): oreille, oreille.
- Tomás López et Pascual Mellinas ont salué après avoir banderillé le sixième.
- Douze piques, cuadra Bonijol.
- Président: Christophe Robin
- 3/4 d’arène
- chaleur lourde

Toro à toro
Numéro 56 Ceniciento Pedro Luis
Le premier est gordito. Pedro Luis le reçoit par une jolie série de véroniques. Il prend deux puyazos, le dernier light, en poussant sur une corne. Il est mal banderillé. Pedro Luis reçoit les trastos des mains de Roca Rey, le voilà matador de toros. Début de faena par aidées par le haut. Le toro est juste de forces Au centre Luis continue par des derechazos sur le voyage. Le Zacarias est noble, répète mais a du mal à tenir la distance. C’est mieux à gauche, les naturelles du Péruvien sont bien faites mais ne pèse pas sur le toro qui en fin de faena n’est pas dominé. Le final plus spectaculaire porte sur le public. L’épée est entière mais tombée et verticale et surtout efficace. Oreille.



Numéro 19 Pantanoso Roca Rey
Le second saute dans la cape de Roca Rey. Il est distrait et suelto. Il prend un premier puyazo carioqué en se défendant au contact du fer. Mal lidié , il prend un picotazo en guise de seconde rencontre. Pedro Luis rend épée et muleta à Roca Rey qui commence sa faena par des doblones. Il enchaîne par des derechazos. Le toro est violent et donne des coups de tête en fin de passe. Roca Rey fait semblant d’essayer à gauche. Même en baissant la main, le toro derrote toujours, d’autant plus que le torero a tout fait pour accentuer le défaut de l’animal. Le Péruvien prend l’épée au bout de deux séries et tue d’un vilain bajonazo en prenant le périphérique. Silence réservé.

Numéro 35 Mocito Marco Perez
Marco Perez reçoit le troisième avec douceur. Après une belle mise en suerte par chicuelinas marchées, la première pique est légère. La seconde ressemble à la première. Le jeune torero brinde au public. Il entame les débats assis sur l’estribo puis par le haut. Le toro est très court de charge. Perez enchaîne par des demi-passes à un toro qui n’a ni forces ni race. On ne peut pas nier la bonne volonté du torero mais la faena est superficielle et manque de transmission et d’intensité. Petit à petit le toro part aux planches. Le Zacarias finit andarin. Il est compliqué à fixer. Un avis sonne. L’épée est surtout efficace. Oreille.



Numéro 85 Montes Roca Rey
Le troisième met la tête dans la cape de Roca Rey qui ne montre pas une grande anvie. Le toro manque de forces. Mouchoir vert.
Numéro 16 Nun̈ez del Cuvillo Roca Rey
Le sobrero est un joli jabonero sucio. Abanto il fait plusieurs tours de piste avant que Roca Rey ne le fixe. La première pique est légère. La seconde l’est aussi. Décidé le Péruvien fait un bon quite à l’issue du premier tiers. Il brinde au public. Début de faena par cambiadas de rodillas serrées. Le toro est incertain. Il continue par des derechazos templés et aguantés car le toro s’arrêté à mi-passe.,
A gauche le torero doit s’employer pour arracher les passes. Retour à droite, le toro est décomposé et Roca Rey réduit les terrains. On attend autre chose de la part d’un matador du rang du Péruvien. Le final trémendiste et pueblerino devant un toro parado porte sur le public. La première épée se solde par une vilaine mete y saca. La pétition n’est pas majoritaire mais l’oreille, tombe malgré cette très laide estocade. La décision du président est fort justement contestée et Roca Rey jette son trophée avant de faire sa vuelta.



Numéro 64 Divertido Marco Perez
Le cinquième devient invalide après avoir tapé contre un burladero. Il est puntillé en piste.
Numéro 68 Zacarias Moreno
Le cinquième bis est lui aussi juste de forces. Marco Perez le met en suerte pour deux puyazos pris sans s’employer. Le quite de Pedro Luis est applaudi. Marco Perez brinde au public. Début de faena par des derechazos de rodillas, le toro paraît noble mais jette des regards vers les planches. Le torero à droite comme à gauche lui laisse la muleta sur les yeux. La suite est surtout spectaculaire et porte avant tout sur le public. Le toro est de plus en plus soso. Marco Perez tente et réussit même à animer la faena. Il tue d’une belle entière efficace. Deux oreilles sont accordées, encore une de trop.

Numéro 55 Bandolero Pedro Luis
Le dernier est le mieux fait du lot. Pedro Luis le reçoit par des véroniques puis le toro mal mis en suerte prend un premier puyazo avec du poder. Il vient bien pour une seconde rencontre mais il ne s’emploie pas sous le fer. Les banderilleros Tomás López et Pascual Mellinas saluent.
Pedro Luis brinde au public et à sa mère. Il débute sa faena par des par le haut intercalant une cambiada. Le toro est noble et le torero enchaîne derechazos et naturelles templées. Le Zacarias basse de rythme. Motivé le péruvien fait l’effort, instrumente quelques bonnes naturelles mais tout va à menos car le toro s’emploie de moins en moins et le toro n’a pas le recours de ses collègues pour maintenir l’intensité de la faena. La première entrée à matar se solde par un pinchazo. La seconde est tombée et traserita mais elle suffit. Encore une oreille.

Texte Thierry Reboul et photos Philippe Latour
