Bayonne, drame et triomphes
Bayonne, drame et triomphes
La non piquée de la Féria de l’Atlantique a commencé par un drame. Alejandro Chavarri a été pris violemment par le premier novillo qu’il recevait à porta gayola. Le jeune torero a été évacué vers l’infirmerie des arènes où l’équipe a diagnostiqué une cornada au coup ayant entraîné une fracture de la machoire.






La novillada s’est terminée par la sortie en triomphe du ganadero, Jean François Majesté, qui a récompensé la qualité des erales. Il a accompagné Samuel Berdejo qui a coupé deux oreilles à son premier eral et une à celui offert au triomphateur de la matinée.
Israel Guirao, qui a estoqué deux erales suite à la blessure de Chavarri, a perdu à l’épée le bénéfice d’une seconde faena bien construite.
Mathias a salué aprés une faena appliquée mais qui a manqué de transmission.
Les erales
Très bien présentés, les erales de La Espera ont largement contribué à faire de la non piquée de Bayonne, une novillada entretenue. Les premier, second et troisième par leur noblesse ont offert aux novilleros des options dont ils n’ont pas toujours fait le plein usage. Le quatrième, le moins bon du lot, a été honoré d’une étonnante vuelta al ruedo. Le meilleur de l’envoi a été le dernier. Il a été honoré d’une vuelta, celle-ci tout à fait méritée.

Les novilleros
Alejandro Chavarri blessé, Israël Guirao prend le relais et instrumente une faena appliquée avec de bons moments à gauche. Oreille.
Après avoir réglé la charge du second, Israël Guirao construit une faena trop longue et sans transmission avant de mal tuer. Silence.
Le troisième est un novillo noble et avec du fond. Mathias instrumente une faena appliquée mais qui transmet peu avant de tuer moyennement. Salut.
Le quatrième après un bon début va à menos. Samuel Berdejo ne pèse pas sur l’animal. L’ensemble ne transmet rien. L’épée est très contraire. Mais elle suffit. Deux oreilles.
Le dernier est le meilleur de la matinée. D’une grande noblesse, il permet à Samuel Berdejo de construire une bonne faena mais qui est restée en dessous du potentiel du novillo. Oreille
Fiche technique
- Arènes de Bayonne, novillada non piquée de la Féria de l’Atlantique 2026. Erales de La Espera .
- Alejandro Chavarri: blessé
- Israël Guirao : oreille à celui tué pour Alejandro Chavarri, silence (deux avis).
- Mathias : salut (avis)
- Samuel Berdejo : deux oreilles, oreille.
- Samuel Berdejo, triomphateur de la matinée, et Jean François Majesté, le ganadero de La Espera, sont sortis en triomphe.
- Alexis Ducasse et Asier Campos ont salué au troisème.
- Présidente: Corinne Suhas
- Un quart d’arène
- Ciel gris, chaleur lourde
Eral à Eral
Alejandro Chavarri
Alejandro Chavarri reçoit le premier à porta gayola. Il subit une forte voltereta. Le novillero part à l’infirmerie. Israël Guirao prend le relais avec une bonne série de véroniques. Mathias fait un quite par tafalleras. Guirao répond par des gaoneras. Guirao brinde à son infortuné compagnon de cartel. Il entame les débats par des pechos de rodillas. Il enchaîne par des derechazos. Le novillo est noble et le torero torée avec temple. Les naturelles sont plus accrochées. Le toro a moins de rythme sur ce piton. La seconde série est meilleure. Retour à droite pour une série et un final qui porte sur le public. Le novillo a baissé de rythme. Première entrée à matar, l’épée, un pinchazo hondo, est mal placée. La seconde est tombée et en avant. Elle suffit. Oreille.



Israël Guirao
Le second sort abanto. Il se freine dans la cape de Guirao. Le quite de Mathias est brouillon. Après avoir brindé au public, Guirao double un eral qui est juste de forces. Le novillo se défend dans la muleta. Sur la piton gauche, le torero parvient à réguler la charge. Retour à droite, le problème semble résolu. Comme à gauche Guirao peut lier des muletazos méritoires mais sans grande transmission. Nouvelle touche de tremendisme pour finir. Le novillero prolonge trop la faena et se trouve en difficulté. Un avis sonne avant la première entrée à matar. Un pinchazo et une demie pas en place, et quelques descabellos et on peut passer au suivant. Entre-temps un second avis a sonné. Silence.



Mathias
Le troisième est plus léger. Il met la tête dans la cape de Mathias. Berdejo fait un quite par saltilleras. Alexis Ducasse et Asier Campos saluent. Mathias brinde à son grand père récemment décédé. Il commence sa faena à droite. Le toro est noble mais pas innocent. Après avoir été mis en difficulté, le torero prend la main gauche pour deux bonnes séries. La faena est appliquée, construite mais manque de transmission. Le novillo devient distrait. La faena n’exploite pas tous les possibles du novillo. Le gardois pinche, un avis sonne. Mathias place une demie basse et hémorragique et suffisante. Salut.



Samuel Berdejo
Le quatrième est un joli eral. Il s’emploie dans la cape de Samuel Berdejo. Le quite de Guirao par chicuelinas est applaudi. Le novillero brinde au public. Il commence sa faena par des pechos de rodillas. Le novillo est noble et distrait. Berdejo enchaîne trois bonnes séries à droite. A gauche le torero ne pèse pas sur le toro. Il finit par être débordé. Sa tauromachie manque un peu de personnalité. Le novillo commence à se désintéresser du débat. L’épée très contraire est suffisante. Deux oreilles d’estocade rapide d’effet. Ce n’est pas ce toro qui mérite la vuelta.



Samuel Berdejo
C’est Samuel Berdejo ,triomphateur de la matinée, qui va lidier le dernier. Il le reçoit par des véroniques de rodillas. Israël Guirao fait un bon quite par faroles. Berdejo répond par des gaoneras brouillonnes. Début de faena par statuaires, le torero cite de loin. Le novillo est noble et répète. Le novillero profite de la grande noblesse du novillo. La faena porte sur le public. Elle est surtout appliquée. L’épée est portée avec engagement; Oreille et vuelta du novillo.



Texte Thierry Reboul, photos Philippe Latour
