Saint Sever et vint la tempête
Saint Sever et vint la tempête
Faudra-t-il couvrir toutes les arènes pour éviter la pluie, organiser les corridas en hiver parce qu’il fait trop chaud ? Depuis quelques jours la météo se fait l’alliée des a(nbru)tis. Après le report au 04 juillet pour cause de canicule de la corrida d’Aire sur Adour, c’est un violent orage qui a mis fin à celle de Saint Sever avant la sortie du sixième toro.
Auparavant Sébastien Castella a confirmé qu’il était dans un bon moment. Tristan Barroso, porté par son public, a fait preuve de beaucoup d’envie. On a vu Juan Ortega dans un registre inhabituel. Il a fait preuve de courage et de technique en lidiant le dernier dans des conditions où il est normalement impossible de toréer
A l’exception du noble troisième, les toros d’El Pilar ont manqué de fond et de race.
Les toros
Les toros d’El Pilar, d’une présentation correcte pour une arène de troisième catégorie, ont été très discrets au premier tiers. Le meilleur a été le troisième qui avait une très bonne corne droite. Dommage que Tristan Barroso ne l’ait pas toréé sur l’autre piton. Les premier, second et quatrième ont manqué de forces et de race. Il est difficile de juger le cinquième dans les conditions quasi apocalyptiques dans lesquelles il a été lidié. Le sixième n’est pas sorti en piste.
Les toreros
Sébastien Castella est dans une très bonne période. Il a fait preuve de beaucoup de sérénité et de maîtrise technique dans la lidia de son premier toro. En jouant sur les distances, il a réussi à corriger les mauvaises manières de l’animal. Au quatrième, il a compensé à force de patience le manque de race du Pilar qui en d’autres mains seraient vite allé a menos ou dans les planches. Le Français a coupé une oreille à chaque fois.
Juan Ortega a touché un premier toro sans race, ni transmission. Il a essayé de bien toréer mais la matière première ne le permettait pas. Le public l’a invité à saluer. Au cinquième, c’est le milieu ou plutôt la tempête qui a faussé le jeu. Le torero sévillan a fait le job avec énormément de courage dans des conditions risquées et il a coupé deux oreilles pour l’en remercier.
Tristan Barroso n’a eu qu’un seul toro à lidier, celui sorti en troisième position. Le Pilar est un excellent toro de troisième tiers. Porté par son public, le jeune torero ne laissera pas passer la très bonne corne droite. Avec un peu plus de métier, il aurait sûrement exploité la corne gauche qui est restée totalement inédite. Cela a été compliqué avec les aciers. L’oreille gagnée avec la muleta s’est transformé en silence.
La corrida vue par l’objectif de Romain Tastet
Fiche technique
- Arènes de Saint Sever, corrida des Fêtes 2026. Toros de El Pilar.
- Sébastien Castella: oreille, oreille.
- Juan Ortega: salut, deux oreilles
- Tristan Barroso: silence
- La corrida a été interrompue après la mort du cinquième toro.
- cinq piques, cavalerie Bonijol
- Salut de Mathieu Guillon au troisième.
- Président: Manuel Maestro.
- 9/10ème d’arène
- Au début, le temps était lourd, l’orage a commencé à monter à mi-corrida avant de se transformer en tempète quand est sorti le cinquième.
Toro à toro
Numéro 37 Campanero Sébastien Castella
Le premier est commode de tête. Il est reçu avec efficacité et élégance par Sébastien Castella. Premier puyazo trasero, le toro pousse. Il n’y aura pas de seconde rencontre. Le quite par chicuelinas est applaudi. Le toro donne des coups de tête au second tercio. Castella entame les débats par des doblones en douceur. L’animal est brusque. Avec intelligence Sébastien lui donne plus de distance. Cela lui permet de donner deux bonnes séries à droite. A gauche, cité de près le Pilar est court de charge. Revenu à droite le torero réduit les terrains pour une dernière série à un toro qui est allé à menos. L’épée est entière et caidita, elle tarde à faire effet. Oreille.
Numéro 38 Portillo Juan Ortega
Le second est plus costaud que le précédent. Il manque de conviction dans la cape de Juan Ortega. Il prend un gros puyazo sans pousser. Après avoir brindé à Michel Bertrand, Ortega commence sa faena à droite. Le toro est noble. Le Sévillan prend rapidement la main gauche. Le torero cherche à toréer joliment mais le toro est soso et juste de forces. Ortega torée lentement mais se fait toucher la muleta. Seule une naturelle de la dernière série est marquée du sceau de Juan Ortega. L’épée,très en avant, tarde à faire effet. Salut
Numéro 80 Deslumbrado Tristan Barroso
Les projecteurs sont allumés quand Tristan Barroso reçoit le troisième. Les premiers capotazos du Français sont applaudis. Sans mise en suerte, le Pilar prend un puyazo appuyé et carioqué sans s’employer. Mathieu Guillon salue après deux bonnes paires de banderilles. Tristan brinde au public qui est tout acquis à sa cause. Début de faena par cambiadas et pechos de rodillas, puis le torero cite de loin pour une bonne série de derechazos. Le toro est noble et répète à droite. Il fait même l’avion lors des seconde et troisième série. Le torero s’applique et profite des qualités du toro.
Petit essai à gauche, le torero n’insiste pas et reprend la main droite. Les séries suivante portent sur le public. Le tonnerre gronde et le toro est de plus en plus distrait quand le Français lui sert des bernadinas. Tristan se blesse à la main en pinchant la première entrée à matar. Il pinche deux autres fois avant de tuer d’une entière contraire. Silence.
Numéro 125 Liebre Sébastien Castella
Le quatrième est suelto. Le métier de Sébastien Castella compense ce défaut. Il met les reins lors d’une brève première rencontre. Brindis au public, l’orage approche et Castella entame les débats par des derechazos. Le toro est violent. Avec autorité le Français lui impose une bonne série à droite. Nouvelle série, le torero s’arrime. A gauche le El Pilar est tout aussi brusque. L’abnégation finit par payer , Castella impose quelques bons derechazos à un animal qui commence à s’échapper de la muleta. L’épée est très contraire mais elle est efficace. Une oreille.
Numéro illisible Juan Ortega
Quand sort le cinquième, c’est une vraie tempète qui s’abat sur les arènes de Saint Sever. La piste est rapidement impraticable et la bache placée derrière les places à l’ombre menace de s’envoler. Juan Ortega va assurer avec beaucoup de courage la lidia de son toro dans des conditions extrèmement dangereuses. Il se fera accrocher à plusieurs reprises.Deux oreilles récompenseront une faena méritoire et une estocade particulièment habile et efficace.
La corrida a pris fin avec l’arrastre du cinquième toro.
Thierry Reboul




















































































