Nîmes, les novilleros ont essayé….
Nîmes, les novilleros ont essayé….
Pas très bien servis par un lot de peu de fond d’Hermanos Sandoval, Mario Vilau, Victor et Manuel Quintana ont essayé chacun dans son style mais il était difficile de construire des faenas qui transmettent un minimum d’émotion avec une telle matière première. Il faut relativiser les trophées attribués et revoir les trois novilleros dans un autre contexte.
Ce que l’on retiendra de cette mâtinée, c’est la qualité de la lidia et de la pose des banderilles des Français Mehdi Savalli, Thomas Ubeda et Mathieu Guillon.
Les novillos
Très hétérogènes de présentation allant du tout juste novillos (1 et 3) au plus que quasi toros (5 et 6) les utreros d’Hermanos Sandoval l’ont été aussi de comportement. La plupart ont été noblotes, sosos et très juste de forces. Les deux derniers ont été violents et compliqués. On n’a pas repéré de vraie ligne conductrice dans la sélection des animaux lidiés à Nîmes ce matin. Seul point commun, ils ont tous été de commodes à très commodes de tête.
Les novilleros
Le premier est tardo et n’a pas de charge. Mario Vilau essaie mais il ne se passe pas grand-chose en piste. Le novillero fait des efforts. De là à donner une oreille, vous poussez le bouchon un peu loin, Monsieur le Président. Le quatrième est très faible et la faena manque d’intérêt. Pourtant Mario Vilau fait une vuelta.
Le second novillo est noble. Victor construit une faena sui généri appliquée mais qui manque de transmission. La mise à mort est plus qu’approximative. La vuelta du novillero est difficilement justifiable. Le cinquième est très présenté et exigeant. Victor s’arrime sans s’imposer. L’épée est efficace compte tenu du contexte. Deux oreilles, la seconde est généreuse.
Manuel Quintana sait toréer mais son premier novillo trop faible ne lui permet pas de le montrer au-delà de quelque muletazos. Salut. Le dernier est violent et compliqué. Manuel Quintana subit puis tue avec difficultés. Silence
La novillada vue par l’objectif de Daniel Chicot
Fiche technique
- Arènes de Nîmes, novillada de la Féria des Vendanges 2026. Novillos de Hermanos Sandoval (encaste Domecq).
- Mario Vilau :,oreille, vuelta.
- Victor : vuelta (avis), deux oreilles.
- Manuel Quintana : salut, silence (un avis)
- Douze piques, cavalerie Heyral
- Salut de Mehdi Savalli au second.
- Président: Gérard Quittard
- Petite entrée
- Il fait chaud
Novillo à novillo
Numéro 81 Cuentaagotas Mario Vilau
Mario Vilau reçoit le premier à porta gayola. Le novillo est abanto. Le Catalan enchaîne par des véroniques de rodillas. Le bicho est tardo. Bien piqué il prend deux puyazos en poussant. Le second tercio est laborieux. Vilau brinde au public puis commence sa faena par des derechazos et pechos de rodillas. Quelques derechazos plus tard, le toro est toujours aussi tardo et en plus il manque de charge. Vilau fait des efforts mais il ne se passe pas grand-chose en piste. A gauche le scénario est le même. Retour à droite, le torero tente un moment de tremendisme mais cela ne porte ni sur le novillo ni sur le public. Les bernadinas finales réveille un peu les gradins. L’épée entière est longue à faire effet. Un avis sonne. Pétition ultra minoritaire et oreille incompréhensible.
Numéro 80 Barberito Victor
Le second est plus costaud mais est commode de tête. Victor le reçoit par des véroniques dans lesquelles le toro s’emploie sans conviction. Compliqué à piquer car venant en crabe, il ne s’emploie pas non plus sous le fer. Mehdi Savalli salue après un bon tercio de banderilles.. Montera sur la tête, Victor entame les débats par des bernadinas. Il continue par des derechazos donnés avec beaucoup de verticalité. Le toro est noble et permet au Saintois de mettre en place sa tauromachie. Il en est de même à gauche. C’est bien fait mais manque de transmission et d’intensité. Commencée par des bernadinas, la faena est conclue par des statuaires. L’épée est une de celles que l’on dit de gendarme. Un avis sonne. Le troisième descabello est le bon. Vuelta.????
Numéro 87 Observador Manuel Quintana
Le troisième est léger. Manuel Quintana le reçoit avec élégance. Le novillo est faible et prend deux piques sans s’employer. Quintana brinde au respectable. Il commence sa faena par deux doblones et des pechos. Le novillo manque vraiment de forces. Le novillero s’applique, mais la charge hésitante du bicho limite le champ des possibles et des émotions. Le novillo finit totalement éteint. Le torero pinche puis met une entière en avant suffisante, Salut.
Numéro 72 Alemano Mario Vilau
Mario Vilau attend son second à nouveau à porta gayola. Il en perd son capote. Alemano est suelto et ne s’emploie pas dans la cape. Il est lui aussi juste de forces et très commode de tête. Il prend deux puyazos légers en se défendant. Début de faena par derechazos de rodillas, le novillo se défend dans la muleta Le novillo est finalement soso. La faena est appliquée certes mais elle manque totalement de transmission. La faena va de menos a mas que menos. Et le final trémendiste ne transmet pas plus. Vilau pinche puis met une entière efficace. Vuelta mollement contestée .
Numéro 75 Estimado Victor
Le cinquième est superbe. Il s’emploie sans humilier dans la cape de Victor. Il prend deux puyazos en bougeant le cheval. Le toro, tête haute, est bien banderillé par Tomas Ubeda. Début de faena par cambiadas et trinchera, le toro est exigeant. Victor s’arrime mais peine à lui faire baisser la tête. Il doit sortir de son répertoire habituel et a du mal à peser sur le bicho malgré un courage évident. L’épée résulte tombée et en avant. Une oreille pour récompenser le courage, mais la seconde ne se justifie aucunement.
Numéro 79 Golfillo Manuel Quintana.
Le dernier est charpenté mais commode de tête. Juste de forces, il se freine dans la cape de Manuel Quintana. Il prend une très grosse pique appuyée contre la barrière en chahutant le cheval. La seconde pique est scandaleuse. Bronca au piquero. Le bicho est difficile à banderiller. Mathieu Guillon se distingue par la qualité de sa lidia. Début de faena classique par doblones, le toro est violent. Quintana n’est pas en confiance. Il recule à chaque passe et se fait emmener vers les planches par le novillo. C’est difficile pour le torero qui a du mal à conclure la faena. L’épée est quasi entière, en avant. C’est compliqué avec le descabello. Un avis a sonné. Silence.
Thierry Reboul

























































