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Séville, Talavante coupe la seule oreille.

Séville, Talavante coupe la seule oreille.

Les toros des deux fers de la famille Fraile Martin, Puerto de San Lorenzo et Ventana del Puerto, ont confirmé à Séville que la gandaria salmantine est dans le ‘bache ».

Talavante a coupé une oreille parce qu’il est aimé des sévillans. Manzanares et Ortega se sont sûrement ennuyés autant que nous.

Les toros

Ce sont trois Puerto de San Lorenzo et trois Ventana del Puerto qui ont foulé le sable des arènes de Séville.

Les trois premiers d’encaste Lisardo-Atanasio ont eu en commun un manque de forces et une discrétion quand il s’est agi de montrer un minimum de bravoure face au picador. Celui sortit en second ne s’est employé dans la muleta qu’à la condition d’être toréé au plus près des talanquères. Les deux autres n’avaient pas assez de forces et de race pour permettre aux toreros de s’exprimer.

Les trois Ventana del Puerto (encaste Domecq) ont été aussi discrets que les Puerto de San Lorenzo au cheval. Au troisième, très justes de forces et manquant de race, ils ont pu faire illusion en début de faena puis ils se sont éteints

Les toreros

Faena brève et appliquée de José Maria Manzanares au premier. Le toro, juste de forces et manquant de recorrido, permet quelques détails à droite mais peu d’émotion. Silence. Le quatrième a manqué de forces et de race, de ce fait Manzanarès a manqué de matières premières. Silence.

Le second a une forte attirance pour les planches. Alejandro Talavante, après une série au centre, le torée dans la querencia. Le torero a du métier et profite de la noblesse apparente du pourtant manso Puerto de San Lorenzo pour enchaîner des séries qui emportent l’adhésion du public. L’épée, dans le recoin, est efficace. Oreille. Deux tercios de mansedumbre, un petit tercio mélant noblesse et attitude défensive, le cinquième permet à Talavante d’enchaîner des séries élégantes mais sur le pico. La mise à mort est plus que laborieuse. Salut.

Le troisième noble en début de faena mais faible dès sa sortie des toriles s’éteint rapidement . La faena de Juan Ortega va de ce fait a menos. Silence. Le dernier manque d’entrega et de race. Malgré les efforts du torero, la faena ne transmet rien. Silence.

Fiche technique

  • Arènes de Séville, second festejo de la San Miguel 2026. Toros de La Ventana del Puerto ( 1, 5, 6)et du Puerto de San Lorenzo.
    • José Maria Manzanares : silence, silence.
    • Alejandro Talavante : oreille, salut (deux avis)
    • Juan Ortega : silence, silence (avis).  
  • Douze piques. Cuadra Peña et Equigarce.
  • Présidente : Madame Macarena de Pablo Romero
  • Lleno
  • 37° à l’heure du paseo.
Toro à toro
Numéro 70 Boihemio José Maria Manzanares

José Maria Manzanares reçoit le tambour major par des véroniques. Le Ventana del Puerto a tendance à sauter dans la cape. Il prend le cheval par l’avant mais ne pousse pas. Juste de forces, il ne s’emploie pas plus à la seconde rencontre. Début de faena à mi-hauteur, le toro n’a pas les moyens physiques de baisser la tête.  Le torero le laisse respirer entre chaque série. L’Alicantino donne des derechazos templés mais la faena ne transmet rien. A gauche, le Ventana ne s’emploie que contraint et forcé. Retour à droite, pour deux séries, le torero perd le terrain en fin de série. L’entrée à matar se solde par une demie qui finit par faire effet. Silence.

Numéro 98  Manzano Alejandro Talavante

Le second est aussi un Puerto de San Lorenzo. Il s’agenouille en entrant en piste. Il s’emploie sans grande conviction dans le capote d’Alejandro Talavante. puis prend deux puyazos en se défendant. Début de faena par le haut, le toro part dès la première passe vers les planches. Talavante le ramène vers le centre en douceur. En lui laissant la muleta sur les yeux, il peut en tirer une bonne série à droite. La seconde série est donnée au niveau du cercle intérieur. Le torero prend ensuite la main gauche, oublie de peser sur l’animal qui s’échappe aux planches à chacune des premières naturelles. Le torero de Badajoz continue sa faena à proximité des talanquères le long desquelles, il donne des muletazos qui portent sur le public à un toro de moins en moins concerné. L’épée est entière, tombée et efficace.  

Numéro 129 Cuba Juan Ortega

Le troisième est juste de forces et sort abanto. Juan Ortega finit par lui imposer quatre véroniques qui déclenchent les olés du public. Joliment mis en suerte, le Puerta de San Lorenzo, faible, est très peu piqué. Ortega brinde au public de la Maestranza. Il commence sa faena par le haut et emmène le toro vers le centre. Le bicho est noble. Il humilie mais il est gêné par sa faiblesse. Le Sévillan enchaîne sur une série à droite puis une à gauche. L’animal, qui a fait illusion, baisse de rythme. Sa charge se raccourcit, il donne des hachazos en fin de passe et l’intensité de la faena chute fortement. Juan Ortega va chercher les armes tauricides. La première entrée à matar est prudente et se solde par un tiers de lame. Le toro se couche. Silence.

Numéro 93 Cartuchero José Maria Manzanares

Le quatrième est plus Atanasio que les deux précédents. Il ne s’emploie pas dans la cape de José Maria Manzanares. Faible le toro est protesté lors du premier tiers, il prend deux puyazos anecdotiques. Le torero entame les débats par des doblones. Le Puerto de San Lorenzo proteste dans la muleta. Manzanares, à droite, essaie de baisser la main mais le toro finit à genoux. La faena manque totalement d’émotion d’autant plus que le torero use du pico. De plus en plus deslucido, l’animal ne s’emploie quand Manzanares tente de le toréer à gauche. José Maria prend rapidement l’épée et le tue dans le terrain des planches d’une entière contraire. Silence.

Numéro 13 Pardillo Alejandro Talavante

Le cinquième est un Ventana del Puerto. Lui aussi s’agenouille quand Talavante essaie de lui donner des capotazos de réception. Première pique, il baisse la tête mais ne pousse pas du tout. Il est peu piqué. Mis en suerte pour la seconde, il part aux planches loin du groupe équestre. Il finit par charger mais il s’emploie encore moins que pour la première rencontre. Lors du second tercio, il cherche à nouveau l’appui des tablas. Les banderilleros font le job avec efficacité. Début de faenas par des doblones très efficaces, Talavante enchaîne par des derechazos.

Première série, l’animal s’emploie dans la muleta. Seconde série, il se défend dès la mi-passe. Talavante prend la main gauche. Il torée de façon élégante, parfois templée mais toujours sur la pointe de la muleta. Le public adhère. La dernière série est de meilleure qualité. Le torero se fait bousculer en fin de dernière passe. Au moment de tuer, le toro part aux planches. Un avis sonne au moment où Talavante met un petit tiers de lame trasero. On passe directement au descabello. Sur la fin, le toro se défend et l’affaire dure. Le second avis sonne puis le Ventana tombe. Salut.

Numéro  67  Ligantesco Juan Ortega

Le dernier Ventana del Puerto met la tête dans la cape de  mais le torero se contente de faire le minimum nécessaire. Le toro se défend au contact du fer. Juan Ortega brinde au chef de lidia. Premier muletazo, le Ventana part aux planches. Le torero essaie de le maintenir au tercio. Seconde série, le bicho peine à suivre le rythme. Pase de las flores, molinete puis derechazos, Ortega torée avec élegance mais le toro, faible, casse l’harmonie gestuelle. A gauche, l’animal charge sans conviction et malgré les efforts du torero, la faena n’a aucune intensité. Une partie du public commence à s’impatienter. Ortega pinche puis met une entière longue à faire effet. Un avis sonne, il faut trois descabellos pour conclure cette corrida.

Thierry Reboul, corrida vue sur Canal Sur

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