San Agustin, aux guerriers des temps modernes…
San Agustin, aux guerriers des temps modernes…
« No hay billetes » pour cette première corrida de la Feria del aficionado 2026. Et les aficionados présents n’ont pas regretté d’être venus à San Agustin del Guadalix. il y a eu beaucoup d’émotion en piste pour ce desafio Prieto de la Cal vs Reta de Casta Navarra. Les toros ont été irréprochables de présentation, sérieux au premiers tiers et exigeants à la muleta. Les piqueros ont fait leur métier avec professionalisme et un vrai sens de la lidia. Les toreros de plata ont pris des risques pour bien lidier et banderiller des toros qui ne sont pas des enfants de coeur.
Sanchez Vara, avec courage et sérieux, a fait face à deux adversaires complexes. Joselillo torée peu. Il a tout donné pour arriver à tirer quelques muletazos méritoires à un Reta très dangereux. On peut lui pardonner d’avoir séché devant un Prieto de la Cal exigeant.
Francisco Montero a été l’homme de la tarde. Sa première faena devant son Prieto de la Cal a comporté de très bons passages à droite. Il a ensuite livré combat avec courage, sérieux et efficacité devant un Reta compliqué et dangereux.
Pour ce qui est du prix au meilleur piquero, attribué àJuan Antonio Agudo, il aurait pu être partagé avec Helder Priès et Gabin Rehabi. Le premier, après une première pique trasera, a mis trois bons puyazos à un Prieto de la Cal brave au cheval. Les deux autres, dans le style qui leur est propre, ont piqué avec efficacité des Reta qu’il a fallu consentir et parfois aller chercher au delà de la seconde ligne.
Les chevaux d’Alain Bonijol ont largement contribué au succès de cette course.
Les toros
Le premier Prieto de la Cal est manso au cheval et très compliqué à la muleta. Le second Veragua est juste de forces. Bravito au cheval, il est bien toréé à droite et va à mas sur le piton droit. Sur l’autre corne, c’est plus compliqué. Brave en quatre rencontres, le dernier Prieto est resté inédit mettant son toreo en difficulté.
Très bien présentés, les Prieto de la Cal ont, surtout les deux derniers, été intéressants au cheval. A la muleta, leur comportement a été hétérogène avec un premier compliqué et un troisième qui a plus permis. Le cinquième est resté trop inédit pour être jugé.
Le premier Reta est un vrai terroriste. Manso con poder au premier tiers, il est très dangereux à la muleta.Le Reta sorti en quatrième position est superbe de présentation. Il va s’employer au cheval, mais sera difficilement toréable au troisième tiers. Le dernier Reta, très bien piqué par Gabin Rehabi, est manso con casta au cheval. A la muleta, il impose le combat dans les planches à Francisco Montero.
Les Reta de Casta Navarra sont en progrès au premier tiers. Ils sont mansos mais ne refusent pas le combat avec des peleas qui transmettent. Aux second et troisième tiers, on est encore dans le combat « à l’ancienne ». Pourtant, et on l’a vu au dernier, si le torero baisse la main il se laisse parfois faire.


Les toreros
Sanchez Vara a fait ce qu’il a pu face au premier un Prieto manso, parado et incertain. Salut. Le Reta qui échoit au torero de Guadalajara est un autobus avec deux poignards sur le pare-brise. Le torero bon lidiador au premier et au second tiers ne peut que tuer au troisième tercio. Vuelta.


Le second Reta a plus de poder que de bravoure au cheval. Sur la réserve, il est difficile à banderiller. A la muleta il est dangereux à droite et à gauche. Joselillo ne peut qu’opposer son courage. Lidia à l’ancienne pour un toro d’un autre âge. Salut. Le madrilène a été débordé par l’exigence de son Prieto sorti en cinquième lieu. Pas de faena, la mise à mise à mort est approximative. Silence.


Francisco Montero a coupé une oreille après une faena appliquée, courageuse et avec de très bons passages à droite. L’épée est en place et efficace. Le torero de Chiclana s’est joué la vie arrachant une faena inespérée à un Reta très dangereux. Sa prestation, au-delà du courage, est d’un bon niveau technique dans un contexte difficile. Il tue avec sincérité mais l’estocade tombée le prive d’une oreille méritée. Vuelta.


Fiche technique
- Arènes de San Agustin de Guadalix, première corrida de la Féria del Aficionado 2026. Desafio ganadero Prieto de la Cal (1, 3,5) vs Reta de Casta Navarra.
- Sanchez Vara : salut, vuelta
- Joselillo : salut (avis), silence
- Francisco Montero : oreille, vuelta (avis)
- Salut de Ruben Sanchez au second et de Francisco Javier Tornay et Hernan Alonso au sixième.
- 21 piques et trois refilones, une chute, cuadra Bonijol
- Le prix du meilleur banderillero a été attribué à Ruben Sanchez.
- Le prix du meilleur piquero a été décerné à Titi Agudo.

- Président : Victor Ferra
- Lleno de « No Hay Billetes »
- Ciel menaçant avec quelques gouttes pendant la course et gros orage après la mort du dernier toro.
Toro à toro
Toro numéro 71 Prieto de la Cal Sanchez Vara
Le premier est ovationné à son entrée en piste. Il saute dans la cape de Sanchez Vara et le désarme. Première pique, il se défend dans le peto. Du centre il tarde à charger, il se défend aussi lors de la seconde rencontre. Mis au même endroit, il faut le citer longtemps avant qu’il ne charge pour une légère troisième ration. Le cavalier a fait un bon travail mais on peut se demander si Sanchez Vara n’a pas été présomptueux en plaçant loin un toro manso. Le torero s’expose pour placer trois bonnes paires de banderilles. Début de faena au centre par derechazos, le toro est incertain. Vara doit reculer à chaque passe. Le Prieto est encore plus compliqué à gauche. Le torero arrive à en tirer quelques quarts de derechazos avant de prendre l’épée pour une quasi entière prudente et basse mais suffisante. Salut.
Toro numéro 51 Reta de Casta Navarra Joselillo
Sort en second un tio dans le type de l’encaste deCasta de Navarra. Il met en difficulté Joselillo et sa cuadrilla pas très en confiance avant que le Reta ne soit piqué. Première pique, le toro charge mais sort seul. Seconde rencontre, le toro gratte beaucoup et petit à petit recule en s’éloignant du cavalier. Le piquero franchit la ligne puis recule. Le toro charge et prend un bon puyazo appuyé en poussant. Troisième mise en suerte, le piquero doit avancer au centre pour châtier le Reta en trois refilones et une puyazo appuyée.
Helder Pries est ovationné. Ruben Sanchez frise la correctionnelle en posant la première paire de banderilles. Il en pose une seconde avec courage. Ovationné, il doit saluer. Début de faena à droite, le toro est plus que dangereux. Le torero n’est pas en confiance mais s’arrime. A l’ancienne, il lui arrache des derechazos à la limite de l’incident. C’est compliqué au moment de tuer un toro qui même en fin de faena continue à remater derrière les banderilleros. Un avis sonne avant que le Reta ne tombe. Salut.
Toro numéro 22 Prieto de la Cal Francisco Montero
Le troisième est une estampe. Francisco Montero réalise une bonne réception à la cape. Première pique, le toro est peu et mal piqué. La seconde pique est légère et rectifiée. Le Prieto pousse un peu à la troisième rencontre. Au second tercio, le toro, distrait, est bien banderillé. Montero entame sa faena par des doblones efficaces. Le toro se défend dans la muleta et le torero s’applique. Les derechazos sont méritoires et sincères. Ils portent sur le toro et sur le public. A gauche, c’est compliqué. Montero, très motivé, enchaîne de nouveaux bons muletazos sur le piton droit. Une bonne série de deux derechazos et une naturelle concluent la faena. L’entrée à matar est sincère. L’estocade est en place et efficace. Oreille pour le torero.
Toro numéro 53 Reta de Casta Navarra Sanchez Vara
Le quatrième est grand, costaud et bien armé. Sanchez Vara n’insiste pas à la cape car le toro est incertain. Première pique, le toro pousse et renverse la cavalerie. Bonne seconde rencontre, le toro pousse sur une corne. Le Reta prend son élan du centre de la piste. Bien piqué par Jean Loup Aillet, il prend un bon puyazo doublé en poussant. Palmas au piquero. Le public se lève pour ovationner Sanchez Vara après un second tercio technique et sincère. Début de faena à droite, c’est difficile. A gauche, c’est périlleux. Le Retan semble intoréable. Le torero n’insiste pas. L’épée est trasera mais il fallait tuer ce toro très armé et très compliqué. Vuelta du torero.
Toro numéro 47 Prieto de la Cal Joselillo
Le troisième est aussi une estampe. Bonne réception de Joselillo, le toro se défend dans la cape. La première pique est trasera, dommage car le toro met les reins. Mis au centre, il vient avec rythme et met la tête pour un puyazo bref. Le troisième est lui bref, mais la charge du toro est spectaculaire. Belle arrancada pour la quatrième rencontre, le picador Juan Antonio Agudo est ovationné. Début de faena par derechazos, le matador est débordé par son adversaire. Joselillo prend l’épée après trois tentatives de muletazos à droite. Il tue d’un bajonazo. Silence.
Toro numéro 52 Reta de Casta Navarra Francisco Montero
Le temps est de plus en plus menaçant quand Montero reçoit le dernier Reta, un toro très armé. Le bicho est abanto. Sur un capotazo, il vient directement sur le torero. Première rencontre, il pousse sur une corne. Du centre, il tarde à charger pour la seconde rencontre. Grande pique de Gabin Rehabi, le toro se défend contre le peto. Placé au toril, le cavalier provoque sa charge et met un excellent troisième puyazo dont le toro sort seul, ovation pour le picador français.
Nouveau second tercio à émotion, les deux banderilleros Francisco Javier Tornay et Hernan Alonso sont ovationnés. Début de faena par doblones, Sanchez Vara veille au grain. A gauche, le toro est violent. Montero s’arrime. Le toro part aux planches. Dans ce terrain, le torero s’expose et arrache avec le cœur et une certaine efficacité des derechazos méritoires dont l’émotion monte jusqu’au sommet des gradins. Le public est debout. L’épée est égèrement tombée. Le toro tarde se coucher, un avis sonne. Vuelta très applaudie malgré l’orage qui finit par éclater et fait fuir les spectateurs des gradins. On aurait pu faire une exception vu le contexte et, comme on le fait trop souvent pour les figuras, donner une oreille à Francisco Montero.
Photos Philippe Latour, texte Thierry Reboul
