Azpeitia, Navalon rebat les cartes
Azpeitia, Navalon rebat les cartes
On vous le dit depuis longtemps. Il faut intégrer les jeunes toreros dans les cartels aux côtés de plus confirmés. Aaron Palacio, l’an dernier à Nîmes, avait bousculé Roca Rey et Pablo Aguado. Aujourd’hui Samuel Navalon a fait la pige aux deux toreros confirmés que sont Daniel Luque et Borja Jimenez. Le torero de Gerena a assuré un service minimal. Ses deux toros n’avaient certes aucun intérêt mais quand il en a envie Luque sait tirer des faenas ou du moins quelques séries même d’animaux sans race, ni caste. Borja Jimenez est passé sans peine, ni gloire. Torero apathique, il a été catastrophique avec les aciers et s’est blessé à la main en tuant le cinquième.
Samuel Navalon s’est donné à fond et a profité du peu d’options offertes par les toros. Avec une certaine intelligence sociale, il a su mêler des passages très pueblerinos pour plaire au gentil mais très (trop) bruyant public d’Azpeitia, avec des séries, en particulier à gauche au dernier, de grande classe. Il a tué efficacement ses deux toros.
Il n’est pas nécessaire de répéter l’an prochain les toros de Loreto Charro, ganaderia dont les produits baissent chaque année en volume et qualité.
Les toros
Juste de présentation, mais on s’y attendait dans une arène de trosième catégorie, les toros de Loreto Charro ont surtout brillé, si l’on peut dire, par leur manque de caste et de race. Discrets au cheval, fades à la muleta, les cinq premiers sont allés rapidement a menos. Le dernier, anovillado de physique et de comportement, a duré un peu plus et permis à Navalon de donner de très bonnes naturelles avant de partir aux planches en fin de faena.
Les toreros
Le premier manque de fond et de race. Daniel Luque assure le minimum syndical et tue prudemment mais efficacement, salut. Au quatrième le toro et le public ne sont pas en mesure de connecter avec un torero. Salut pour Luque après une faena appliquée qui s’est déroulée dans une ambiance pamplonesque.
Le second est gentiment collaborateur mais ne dure pas. Borja Jimenez fait des passes sans vraiment toréer. Cela explique fort probablement le désastre à l’épée, silence. Le cinquième toro est mauvais. Borja Jimenez essaie d’en masquer les défauts par quelques artifices. Silence. Blessé à la main, il part à l’infirmerie.
Le troisième est soso. La faena de Samuel Navalon est pueblerina avec quelques détails plus torero. Elle est sauvée par une bonne épée, oreille. Le dernier est très collaborateur mais il ira à menos au fur et à mesure de la faena. Samuel Navalon lui ira à mas avec un très bon final à gauche. L’épée est surtout efficace. Deux oreilles.
La corrida vue par l’objectif de Philippe Latour
Fiche technique
- Arènes d’Azpeitia, première corrida de la Féria 2026. Toros de Loreto Charro.
- Daniel Luque: salut, salut
- Borja Jimenez : silence, silence.
- Samuel Navalon:oreille, deux oreilles.
- 7 piques et un refilon.
- Président : Jésus Ferro Mugica
- Salut des banderilleros Curro Javier et Victor Martinez au sixième
- Samuel Navalon sort en triomphe par la grande porte, la présence à ses côtés du fils du ganadero est déplacée.
- Promedio 530 Kg
- Demi arène
- ciel gris, température agréable.
Toro à toro
Numéro 16 Orador Daniel Luque
Le premier est commode de tête. Il est abanto mais met toutefois la tête dans la cape de Daniel Luque. Il prend une première et unique pique en se défendant. Luque brinde au public. Il entame sa faena par des doblones. Le toro est tardo et court de charge. La machine Luque fonctionne, le torero donne deux bonnes séries à droite. A gauche le Loreto met la tête sans conviction. Le toro baisse de rythme, le torero de motivation et la faena va a menos. Luque ne s’engage pas à la mort mais sa demie suffit. Salut.
Numéro 34 Labanco Borja Jimenez
Le second est lui aussi commode de tête. Il s’emploie dans le capote de Borja Jimenez. Monopique allégée, le toro ne pousse pas. Brindis populaire, le Sévillan entame les débats par les habituels doblones. Premières séries à droite, le toro est noble. Jimenez baisse la main, le toro collabore. Il est meilleur à gauche mais sa faiblesse limite sa charge. Retour à droite, l’animal est quasi parado. Jimenez, jusque là aparhique, conclut par un passage trémendiste qui enflamme le public. Le torero pinche prudemment cinq fois. Un avis sonne. Trois tentatives plus tard, il prend le descabello. La seconde tentative est la bonne. Silence.
Numéro 15 Doblador Samuel Navalon
Le troisième est gordito. Samuel Navalon le reçoit par une larga de rodillas. Le toro est suelto. Sans mise en suerte, il prend un puyazo léger. Le peon le renvoie au cheval pour un refilon post sonnerie. Troisième brindis au public, Navalon commence sa faena de rodillas. Le torero est sur le registre très pueblerino. Le toro est faible et soso. A droite le toro se livre un peu. A gauche, il suit benoitement le leurre. La série suivante est plus intéressante. Final trémendiste, le public réagit mollement. Le final par joselillas a plus de résonnance. L’épée est correcte et efficace. Oreille.
Numéro 24 Dicharacho Daniel Luque
Le quatrième est reçu de rodillas par Daniel Luque. Le torero tente de le fixer mais le toro est suelto. La pique est anecdotique. Luque commence sa prestation par des passes par le haut. Le Loreto Charro est soso. Luque donne une première bonne série en semblant s’ennuyer. La faena ne démarre jamais. Le bicho et la faena vont rapidement a menos. Quelques gestes du torero mais la faena ne passe pas la rampe. L’épée est basse et longue à faire effet. Salut.
Numéro 31 Madrileño Borja Jimenez
Le cinquième est un peu plus sérieux de présentation. La réception à la cape par Borja Jimenez est minimaliste. Le toro prend un monopicotazo en poussant sur une corne. Début de faena par le haut, le toro est noble. Le Loreto tombe à la troisième passe. La seconde série est un peu meilleure. La suivante et la première à gauche ne transmettent rien car le toro n’a plus de charge malgré les demi-muletazos de Jimenez qui tente de masquer le peu de potentiel du bicho. Le torero pinche deux fois avant de mettre une entière efficace. Silence.
Numéro 11 Soleares Samuel Navalon
Le dernier est un burraco anovillado. Samuel Navalon le reçoit par quatre largas de rodillas. Nouvelle pique simulée, le toro sort seul. La seconde rencontre est tout aussi simulée. Salut de Curro Javier et Victor Martinez après un bon tercio de banderilles. . Début de faena par cambiadas et pechos, le toro est noble. Navalon enchaîne sur une bonne série à droite. La seconde est plus marginale. La troisième soulève le public. La première série à gauche est excellente. Le toro baisse de ton. Le toro a de plus en plus tendance à vouloir partir aux planches. Avec efficacité Navalon le garde dans sa muleta et donne de très bons muletazos. L’épée est tombée. Deux oreilles pour le torero et ovation au toro.
Thierry Reboul






































































