Madrid, les langueurs monotones
Madrid, les langueurs monotones
Le temps va parait-il tourner à l’orage sur Madrid. En tout en ce jeudi la météo économise Las Ventas de ses tourments. La novillada inaugurale de ce cycle automnal est amputée de la présence du leader de l’escalafon, le catalan Mario Vilau. La blessure à la cuisse d’Hoyo de Pinares était trop grave pour un rétablissement express dont les toreros nous ont donné l’habitude. Et si nous n’entendîmes pas les sanglots longs des violons de l’automne chers à Verlaine, nous eumes quand même droit à quelques langueurs monotones. On ira pas dire que notre coeur en ait été blessé, mais notre cerveau trouva parfois le temps bien long.
La novillada
El Retamar

Arrivant sur leur quatre ans , les novillos d’El Retamar ont eu du poids sec à trimballer sur leurs carcasses. De 472 à 538kg, ils présentaient un poids moyen de 510kg. Le sixième un beau spécimen de 538kg fut salué à sa sortir des chiqueros par l’ovation. Le premier et le cinquième eux furent arrastrés sous les applaudissements.
Ont émergé le premier à la charge idéale pour un torero, le cinquième qui après deux premiers tiers fuyard ou distrait finit par rompre dans la muleta, et le sixième manso à la charge brusque et exigeant. On mettra un voile discret sur les peleas des trois autres Retamar sans grand fond.
El Mene
Leader de l’escalafon novilleril en 2025, il était promis à l’alternative en 2026. L’oubli le guette. Une temporada qui ne commence que fin juin à Las Ventas, et une oreille coupée qui lui maintient la tête hors de l’eau. Ce 1er octobre était pour lui jour de despedida de novillero car, enfin, l’alternative est à prendre le 17 octobre dans son aragon natal à Saragosse.
Espérons pour le jeune homme qu’il fera preuve de plus d’envie et d’entrega qu’en ce jour. A son premier adversaire, un novillo sans difficulté qui n’attendait que les passes qu’on voulait bien lui donner, il aurait dû proposer autre chose qu’une faena où il donna beaucoup de passes sans vraiment trouver la bonne cadence. Ce fut dommage de laisse passer l’occasion de donner une dernière bonne impression. Silence


C’est dans l’indifférence générale qu’il terminera sa carrière de novillero. Le run-run bruyant et persistant fut le compagnon de sa dernière faena. Le Retamar fut absent des débats et le Mene avait déjà l’esprit tourné à Saragosse. Silence.


Nacho Torrejón
Drôle de trajectoire pour ce garçon. Début 2022, jeune apprenti sans picadors prometteur, il annonce qu’il renonce à sa carrière de torero. On le retrouve en 2023 ganadero (Sagrario Moreno origine Torrestrella) avant que 2024 marque un retour timide dans les ruedos en novilladas avec picadors. On ne rattrape jamais le temps perdu parait-il. C’est pourtant lui qui fournira la meilleure prestation d’ensemble de la tarde.
Face à son premier novillo réservé, Torrejón fait preuve d’abnégation et dans sa première moitié de faena et tira du sang de la pierre de Retamar. Par contre, il insiste beaucoup trop. Ce qui avait de la.qualité devient brouilon. Tout va « a menos ». La conclusion à l’épée ne réhausse en rien le tableau. Palmas.


Quand il entame la 5ème faena, Madrid n’est pas vraiment sortie de sa torpeur vespérale. Le temps de quelques séries droitières, les premières vraies émotions se font jour. Le novillo semble rompre et sur la première série à gauche tout va bien. Hélas le novillo commence à baisser de ton et Torrejón de nouveau fait trop durer son ouvrage. Entière habile au 2nd jet. Saluts.


Sergio Rollón
Ce jeune homme est un quasi rescucité. Il aurait pû perdre la vie en 2025. Fémorale touchée, sa saison s’était arrêtée net après une gravissime cornada à Valdetorres de Jarama. Dépassement de soi et résilience ne sont-ils pas la marque de fabrique des porteurs d’or et de lumières ? Rollon fait partie de ceux dont la saison a nettement accéléré en septembre et cette substitution lui permettait de se présenter à Madrid.
Son premier Retamar n’offre pas toutes garanties pour s’offir un succès. Pour commencer Rollon obtient du novillo qu’il ne parte pas au loin après chaque muletazo. Mais le Retamar manque cruellement de fond et si le torero arrive par tirer de belles naturelles, l’ensemble transmet trop peu. Belle entière pour finir. Saluts (avis);


Le 6ème porte en lui une colère que ses charges expriment. Elles permettent au bas du tendido 6 à Rollon de servir les meilleures passes.de cape de la tarde. L’entame a genoux dans ce même terrain, là où le Retamar se sent le plus a l’aise, permet de connecter avec le public. Les passes qui suivent donnent du peps à ce début de faena. Rollon va chercher, à tort(?) le centre. Dans ce terrain, le novillo est beaucoup moins maniable et le torero finit par subir au fil des passes les charges brusques de l’animal. Sans réelle solution, il finit par abŕeger. Silence après avis.


Fiche Technique
- Madrid, 1er festejo de la feria de otoño. Novillos de El Retamar pour
- El Mene : silence , silence
- Nacho Torrejón : palmas, saluts (avis)
- Sergio Rollón : saluts, silence (avis)
- 12 piques, cuadra Equigarce
- Président : j.Carlos Gonzalez Carvajal
- Public : tous les abonnés ne sont pas venus
- Météo: chaleur d’automne
Philippe Latour (vu du tendido 6)
