Les toros d’encaste Coquilla

Petits cousins des Graciliano , les toros d’encaste Coquilla sont en voie de disparition et c’est bien dommage.

Coquilla, une histoire faite de grandeur et d’injustice.
La création

En 1916, le Comte de Santa Coloma possède un élevage constituée de bêtes d’origine Ibarra et Saltillo. Il vend à Francisco Sanchez de Coquilla, un ami de son frère, un lot de bétail à 90% Ibarra. Ainsi naît la ganaderia « Paco Coquilla » et l’encaste éponyme.  De 1920 à 1934, Coquilla est un  élevage qui a beaucoup de succès dans les arènes et auprès des figuras. Manuel Jimenez Chicuelo disait d’eux « Ils sont sucrés comme des beignets et épicés comme des piments ».

Grandes heures et difficultés du Coquilla .

La guerre civile va mettre l’élevage en difficulté. Paco Coquilla dot vendre. Cinq acheteurs se partagent vaches et sementales. Le premier, acheté par José Maria Lopez Cobos, après plusieurs reventes deviendra « Charro de llen ». L’encaste originale est remplacée par de l’Atanasio. Les seconds acheteurs ,  les frères Villagodio, croiseront les « Coquilla » avec des « Lisardo Sanchez ». La ganaderia s’appelle aujou’d’hui Salayero y Brandès. C’est un toro de ce fer qui a tué Paquirri à Pozoblanco. Le troisième, Santiago Ubago finit par vendre son élevage à Daniel Ruiz qui remplacera le sang initial par du Jandilla. Le quatrième, Alfredo Corrochano, a fini par abandonner son activité de ganadero.

La branche Sanchez Fabrès.

C’est le ganado acheté par le cinquième, Justo Sanchez Tabernero, perpétuera l’encaste. L’acheteur n’a rien d’un ganadero. C’st juste un créancier qui récupère en têtz braves ce que lui doit Paco Coquilla. Sous la recommandation de Gracilliano Perez Tanernero, le bétail est annoncé sous le nom de Hermanos Sanchez Fabrès. Après Justo, c’est Alfonso, son grand père maternel, qui devient propriétaire du fer. La guerre civilecpassée , la ganaderia passe aux mains d’un autre Alfonso Sanchez Fabrès, un des oncles de Justo. A la mort d’Alfonso, ses héritiers deviennent propriétaires de la ganaderia. C’est Juan Sanchez Fabrès qui gère la ganaderia.

Les Coquilla sont passés de mode car leur trapio ne correspond plus aux exigences modernes. L’apport d’un semental de Buendia ne résoud pas le problème. En 1990,le ganadero vend une grande partie du bétail à Mejia et Chafik. Les mexicains les intègrent à leur ganaderia d’origine Santa Coloma. Sanchez Fabrès achète des Atanasio. Il se trouve à la tête de deux rames. L’une, Coquilla ,avec de la caste, qui manque de tête et de trapio, l’autre, Atanasio, correspond aux canons du toro moderne mais qui manque de race. En 2013, le ganadero jette l’éponge et fait lidier sa dernière corrida, avec l’aide d’un groupe d’aficionados, à Saint Sever. L’encierro est excellent, les arènes quasi pleines. Il garde un noyau de bétail ce qui lui permet de sortir en non piquée ou en fiesta campera (Mauborguet, Saint Sever).

la dernière de Sanchez Fabres
la dernière de Sanchez Fabres
la dernière de Sanchez Fabres
La branche Sanchez Arjona.

Jesus Sanchez Arjona y Velasquo,  époux de Dolores Sanchez Fabrès, achète en 1944, la ganaderia de Gonzalo Santos Diego. Il récupère le fer, inscrit à l’UCTL, et remplace le bétail par du Coquilla de Hemanos de Sanchez Fabrès.  Les étalons sont d’origine diverses (de la ganaderia ou empruntés) d’où une certaine diversité dans les reatas. Le fer se présente à Madrid en 1952. Le sang Coquilla fonctionne bien et la ganaderia connaît de beaux succès. En 1961, Jésus décède et l’élevage revient à Javier et Fernando, ses fils .Cest le premier qui gère l’élevage.. Aux succès en novilladas, succèdent dans les années 70, les succès en corridas. Le fer triomphe à Teruel, Cáceres, Santander, Alfaro, Albacete, Valence, Almería ou encore Madrid.

Malheureusement le boycoot initié par Paquirri et le manque de trapio ont raison des efforts réalisés par Javier. En 1983, il intègre à l’élevage un rame Domecq qui sortira en corrida. La branche Coquilla sera réservée aux novilladas. A partir de1996 , la la ganaderia est annoncée « Coquilla de Sanchez Arjona » et a son propre fer.  En 2008, les deux frères sé séparent. Fernando garde le fer et crée la ganaderia  « El Collado »  . Javier achète l’élevage de ses cousins Delgado y Azqueta. Il élimine le bétail et ne garde que la marque à feu. Malgré la qualité du bétail, comme pour les Sanchez Fabrès, Javier a du mal à vendre son bétail.

En 2019, vieillissant, le ganadero vend ses Domecq à Fraile qui les intègre à sa ganaderia d’El Ventana del Puerto ». Les derniers Sanchez Arjona seront lidiés en 2022. Javier, depuis, se consacre à ses chers Coquilla.

Sanchez Arjona, Huesca
Sanchez Arjona, Huesca 2019
Sanchez Arjona, Huesca 2019
Añadio: le dernier espoir.

José Bueno, un ganadero de Villa de Arzobispo, vend son élevage parce que sa descendance n’est que féminine. Des garçons naissent, il rachète une ganaderia.  Il est ué durant la Guerre Civile. Son  héritage, des toros d’orignine Campos Valera, est partagé entre ses trois fils. L’un d’entre eux, César Bueno Bueno conserve le sang Campos Varela. Plus féministe que son aieul, il lègue son élevage à sa fille Marie Antonia. Celle si replace le sang originel par du Coquilla. C’est ainsi qu’apparaissent les coquilla d’El Añado. Le flambeau est repris par une de ses filles, la propriétaire actuelle,  Maria Jesus Bueno.

Elle développe, autour de la ganaderia un complexe hôtelier « au milieu des toros ». Contrairement à son arrière grand père, elle fait confiance à la gent féminine et engage une femme comme mayoral. L’élevage est jeune mais il représente le seul espoir de conserver une encaste très intéressante pour les aficionados et les toreros mais que la mode du toro « sumo » a conduite à la quasi extinction.

Ganaderia El Añadio
Ganaderia El Añadio
Ganaderia El Añadio

On peut aussi trouver du Coquilla avec les toros de la ganaderia « El Interrogacion » ou d’autres fers de moindre importance.

Cet encaste regroupe actuellement 10 ganaderias , 700 vaches de ventre et 20 sementales.

Caractéristiques morphologiques principales
  • Les moins volumineux des Santa Coloma, ils sont très éliognés du trapio exigé de nos jours dans les principales arènes.
  • Les robes noires prédominent, peu de toros cardeños. Quelques autres robes témoignent d’apports « ponctuels' » en particulier chez Sanchez Fabrès.
  • Très peu de tête ce qui lui interdit l’accès aux arènes « importantes ».
  • Comme les Graciliano , profil droit, tête allongée et frisée, yeux grands et globuleux, museau de souris, camus (nez court et plat).
Comportement en piste
Premier tiers
  • les bons sortent abantos , compliqués pas faciles jusqu’a ce qu’ils fixent dans le capote
  • Répète au cheval en partant de loin . Met les reins au contact du fer.
  • Caste plus régulière que chez les autres Santa Coloma
Second tiers
  • Souvent justes de forces, il faut les économiser au second tiers
Troisième tiers
  • Le Coquilla est un toro qui va à mas si le matador lui apprend les bonnes manières avec une lidia classique en début de faena.
  • Ce toro ne baisse jamais de rythme. Il finit souvent par déborder les toreros qui manquent de recours. Il accèlère même au cours de la lidia, ce qui ne permet pas de réduire les terrains en fin de faena.
  • Le Coquilla est foncièrement noble et pardonne beaucoup plus que les autres Santa Coloma.
Trois faits marquants de l’histoire de l’encaste
  • Jabato premier semental de l’a ganaderia ‘encaste et dont les produits ont immédiatement fonctionné.
  • 2013, dernière corrida de Sanchez Fabrès à Saint Sever. Les deux sobreros ont été lidiés et tués en privé à Pomarez quelques jours plus tard.
  • C’est face à un toro de Coquilla que Juan Belmonte s’est retiré des arènes de Madrid le 22 septembre 1935 en obtenant la queue d’Ocicón.
  • Le plus célèbre Coquilla de l’élevage q a eu pour nom Rifeño, pour lequel le mouchoir bleu a été sorti à Madrid en 1963 lors d’une novillada.
Principales ganaderias de l’encaste en Espagne
  • Hermanos Sanchez Fabrès
  • Coquilla de Sanchez Arjona
  • El Interrogacion
  • El Añadio
Principales ganaderias de l’encaste en France

Pas représenté en France, si ce n’est quelques exemplaires à Aire sur Adour, propriété de la famille Pilès.

Sources : www.terresdetoros.fr, Corps des Présidents et Alguaciles de corridas, Chaine You Tube « Les Encastes », Terres Taurines.

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