L’Union de la Jeunesse Taurine de France: un mouvement, des idées et des actions.

Il souffle un vent de jeunesse sur le monde des toros. Sur les gradins, et particulièrement en Espagne, les cheveux sont moins gris. Petit à petit, peut-être pas assez vite, les instances taurines rajeunissent. De jeunes aficionados ont créé l’Union de la Jeunesse Taurine de France ; Et ils se sont très vite mis en action. Tertulias a rencontré Corentin Carpentier qui a participé à la genèse de ce mouvement pour qu’il nous le présente.

Tertulias : « Comment est né le mouvement de la jeunesse taurine française ? »

 Corentin Carpentier : Il est né dans nos têtes depuis presque deux ans. Réunis avec quelques jeunes pour imaginer comment fêter la levée des tridents, on a travaillé pendant plus d’un an avec les éleveurs de taureaux, les associations de défense de tradition, les différentes collectivités, les instances de la chasse, de la ruralité. Cela a abouti en novembre 2021 à une mobilisation historique pour les cent ans de la Levée des Tridents à Nîmes. Pour donner suite à ce projet, on a tissé des liens entre les différentes associations de jeunes du Sud-ouest et du Sud-est, décidés à continuer d’échanger et d’organiser des choses ensemble.

On s’est rendu compte que tous ensemble on était plus fort surtout face aux risques auxquels nous sommes confrontés en particulier avec l’émergence d’une nouvelle génération de politiques , NUPES, extrême gauche, qui veulent stopper la chasse et les pratiques de la ruralité autour des traditions et en particulier la tauromachie.

L’Union de la Jeunesse Taurine de France est née officiellement à La Churascaîa en mars 2022  à l’occasion de la Journée de Défense de toutes les Traditions Taurines organisée organisons depuis six ans par l’Union des jeunes de Provence et du Languedoc.

l’Union de la Jeunesse Taurine de France regroupe trois collectifs :

  • L’Union des Jeunes de Provence et du Languedoc, qui regroupe 35 associations.
  • « Touche pas à mes passions » créée au moment de la tentative d’interdiction des arènes aux moins de seize ans.
  • La jeunesse taurine du Sud-ouest qui regroupe les jeunes du côté du Sud-ouest.

Nous nous sommes réunis pour pouvoir faire ensemble ce que nous ne pouvions pas faire chacun de note côté.

Tertulias : « Quelle a été la première action  de l’ Union de la Jeunesse Taurine ? »

Corentin Carpentier : « Nous avons appris que les anti-corridas, et notamment Aymeric Caron voulaient présenter à l’Assemblée Nationale, un projet de Loi visant à interdire la Corrida. Nous nous sommes dit qu’il n’était pas question pour nous de rester au bord de la route et d’attendre de voir ce que les instances taurines ou les élus vont faire. On leur fait confiance mais nous nous sommes dit que la Jeunesse a une voix propre à faire entendre.

Elle est complémentaire des instances taurines, des professionnels taurins, des associations taurines, de celles de la défense des traditions et aussi des élus. Elle représente une part importante de la France taurine. Nous sommes la nouvelle génération, la frange la plus jeune des aficionados dans les arènes. Il est important que nous parlions d’une voix unie pour défendre notre culture, notre enracinement. Nous voulons tordre le coup à cet argumentaire anti-taurin qui dit que la tauromachie n’est qu’une affaire de personnes d’un autre temps qui n’ont pas évolué. Malheureusement pour les Antis, nous sommes des jeunes inscrits dans notre temps, dans le monde moderne et pourtant nous avons des racines bien ancrées dans le sol. Elles sont autour de la tauromachie, de la ruralité. 

C’est sur ces points que nous avons axé notre tribune qui paraîtra dans Le Figaro dans quelques jours. »

Tertulias : « Et ensuite ? »

Corentin Carpentier : « Au moment où nous avons rédigé notre tribune signée par cent dix jeunes, des membres influents du monde taurin ont appris notre démarche. Ils nous ont proposé de mener d’autres actions. Pour eux la jeunesse devait être un fer de lance des actions en faveur de la tauromachie. Parmi ces idées, il y a eu celle de créer un clip de promotion de le Culture Taurine en réplique à celui assez honteux que l’Alliance Anti-corrida a diffusé sur les chaînes de télévision au mois de juillet.

Ce clip donnait la parole à un psychiatre disant que les jeunes, qui vont aux arènes, auront une propension à la violence. A ses côtés, un vétérinaire débitait des mensonges sur les manipulations frauduleuses et la torture faire sur les toros. On a décidé d’agir en réponse à ces mensonges. On nous a assuré d’avoir des moyens pour produire notre clip.

Nous avons décidé de créer une dynamique en lançant une cagnotte en ligne participative. »

Tertulias : « Pourquoi vous impliquez de façon aussi pro-active ? »

Corentin Carpentier : « Nous estimons qu’aujourd’hui, c’est à l’Aficion de faire ressentir à nos instances et plus particulièrement l’UVTF les besoins du moment. L’UVTF effectue un travail remarquable auprès des instances nationales de lobbying et d’accompagnement des élus. Nous, nous voulons associer à ce travail une vraie campagne de communication nationale pour faire comprendre, pour expliquer aux français ce que sont les vraies valeurs de la Tauromachie. Nous pourrons ainsi contrer ces personnes qui vont sur les plateaux télé pour raconter des fadaises et énormités sans aucune connaissance de la chose taurine. »

Tertulias : « Pourquoi répondre à un clip par un clip »

Corentin Carpentier : « Le plus gros danger pour la tauromachie, c’est de pas être comprise. On le voit bien quand on rencontre des personnes qui sont étrangères à note Culture; Si on leur parle de tauromachie, ils sont sur la négative. L’idée, avec ce clip, c’est de créer une dynamique sur les réseaux sociaux. Nous voulons que grâce à la mobilisation de l’Aficion, son engouement, nous puissions rencontrer très rapidement l’UVTF pour leur présenter notre démarche et que cette structure finance le reste du projet.   Et c’est en train d’arriver, on fait du 1000 euros par jour sur la cagnotte. Notre objectif est d’atteindre 15000 euros ce qui permettra de convaincre l’UVTF de mettre le reste du budget publicitaire pour insérer la vidéo sur les spots télévision et/ou massivement sur les réseaux sociaux. »

Tertulias : « Quelles sont les autres actions programmées ? »

Corentin Carpentier : « La troisième chose sur laquelle on est venu nous chercher, ce sont les prises de paroles de l’Aficion. Elles ont commencé à Bayonne, Seissan et se continuerons samedi et dimanche à Arles, à Dax puis à Nîmes. Cela fait un mois que nous travaillons avec les différentes villes taurines pour mettre en place ces prises de paroles.  Nous voulons ainsi montrer sur le terrain que cela se mobilise et cela bouge. L’idée est que en parallèle de l’UVTF qui fait un gros boulot au niveau national, la jeunesse s’inscriva dans une démarche dynamique de défense de notre patrimoine et aussi de promotion de la Culture taurine via les vidéos. et que ’Aficion se manifeste, de manière physique, sur les territoires taurins. Ce tryptique d’actions peut porter ou au moins pousser les députés à réfléchir au pas dangereux qu’ils feraient  en se positionnant pour l’interdiction de la corrida. »

Tertulias : « Quel est le lien avec les jeunes des autres tauromachies ? »

Corentin Carpentier : « Au niveau de la jeunesse, cette union est partagée par les landais et les camarguais. Sur les 110 signataires de la jeunesse, certains viennent d’agglomérations où il n’y a que des courses landaises ou camarguaises. D’autres viennent de lieux où plusieurs tauromachies sont pratiquées. On a parmi nous par exemple, le président de l’association des jeunes coursayres et le président de la jeunesse d’Eyragues. Ce village a été privé de la possibilité d’organiser les sorties de biou à la bourgine (à la corde).

Parmi les gens de notre génération, il n’y a pas de débat sur la nécessité de l’union des tauromachies. Au niveau des instances et des aînés, c’est plus compliqué. La Fédération Française de Courses Camarguaises est extrêmement prudente. Celle de Courses Landaises est aussi prudente. Mais ils ne sont pas dans l’opposition à la corrida, ce qui est bien. Simplement, je les trouve prudents. Il ne s’engage pas trop sur la voie de l’Union des Tauromachies.

Pourtant la Levée des Tridents a été un bon exemple de la philosophie globale des Aficionados (ou tauromachies) qui ont compris que l’union était nécessaire et indispensable.  Je pense quand même que les diverses instances ont compris qu’il y avait péril en la demeure. Derrière la corrida, c’est toutes les tauromachies qui sont visées. Suite au décès d’une personne lors d’une abrivado à Saint Gilles, les attaques violentes des antis sur les réseaux sociaux en sont bien la preuve,. Elles ont fait prendre conscience à beaucoup qu’il y a un vrai fossé entre les animalistes et ceux qui vivent leur tradition qu’elles soient taurines, la chasse la pêche et même l’équitation et l’élevage. Ce déferlement de haine joue en faveur d’une nécessaire union. »

Tertulias : « et avec les autres instances ? »

Corentin Carpentier : « Nous sommes en lien avec la FSTF. Nous ne sommes pas la jeunesse dans notre coin. Nous visons à ce que toutes les forces de l’Aficion s’unissent avec la même ambition, , le même objectif . Il faut torpiller le projet de loi d’Aymeric Caron, et clore ce débat. »

Tertulias : « Pour André Viard, il faut laisser faire les choses à l’Assemblée Nationale, car les antis ne peuvent pas gagner ? »

Corentin Carpentier : « J’entends la position d’André Viard mais elle ne peut pas suffire. On ne peut pas se contenter de dire attendons que les antis se fassent claquer la porte au nez. Il y aussi un combat à mener auprès de l’opinion publique pour nous faire comprendre. Il faut faire comprendre que les valeurs de la Tauromachie ne sont pas celles d’une région d’attardés violents et sanguinaires. Nous devons valoriser notre patrimoine taurin, l’impact environnemental incroyable de la Tauromachie qui préserve des écosystèmes exceptionnels. L’élevage du bétail brave est un des derniers élevages éthiques au monde. Un des 4% d’élevages d’animaux sauvages dans le monde. 800 toros sont lidiés pour 10000 têtes de bétail en France (100000 en Europe). Il faut expliquer à l’opinion publique qu’interdire la corrida, ce n’est pas juste interdire la mise à mort d’un toro dans une arène.. C’est éliminer purement et simplement une race. 

Derrière la disparition de la corrida, ce sont des milliers d’hectares qui sont à la merci de la spéculation immobilière. Cela menace ainsi l’équilibre environnemental et la biodiversité de nos territoires. C’est aussi la fin d’une culture, une culture de la transmission, de la rencontre. Il faut expliquer à ceux qui ne sont pas de nos territoires que c’est un ciment pour les populations. Cela créé du lien social, des rassemblements de milliers de personnes dans le Sud de la France.

Ce qui rassemble le plus sur nos territoires, c’est la culture du toro. Il faut aussi expliquer que c’est une économie. La corrida s’arrête demain, des centaines de restaurants, d’hôtels et de bars se retrouvent avec un chiffre d’affaires en forte diminution.  Ce sont des éleveurs qui mettent la clé sous la porte. C’est une économie de l’habillement, de la festivité, des orchestres, des peñas qui disparaissent. L’économie du cheval, celle du voyage seront impactées. »

Tertulias : « Quel est la stratégie de l’Union de la Jeunesse Taurine de France ? »

Corentin Carpentier : « En parallèle avec la stratégie d’André Viard, il faut que nous arrivions à montrer, à vulgariser notre passion, à la faire comprendre. Dans le cadre de mes activités de restaurateur à Nîmes, souvent je suis interpellé sur la Culture Taurine. Je l’explique à mes clients touristes. Je leur fais comprendre que le toro dans l’arène est une finalité mais que derrière, il y a plein de choses . Chaque fois, je ne les ai pas forcément convaincus mais ils ne seront plus antis. C’est un grand pas. Ils repartent en disant qu’il y avait des choses qu’ils n’avaient pas saisie. 

Les antis utilisent la force de l’image, du digital, des réseaux sociaux pour jouer sur l’émotion. A nous de les utiliser pour faire comprendre ce qu’est et ce que représente la Tauromachie.  L’opinion publique doit comprendre que notre culture est respectable, respectueuse, belle et que ce n’est pas une barbarie. Nos stratégies sont complémentaires. Il y a les instances. L’Aficion qui paye sa place aux arènes, dont nous sommes la nouvelle génération, a son mot à dire. Il faut rétablir cet équilibre dans la communication pour gagner le combat médiatique de l’opinion publique. »

Merci Corentin pour ce très intéressant échange. Pour contribuer à la réalisation du clip de promotion de notre culture et aider ainsi l’Union de la Jeunesse Taurine, vous pouvez vous connecter à la plateforme Lydia en cliquant ici.

Propos recueillis par Thierry Reboul

1 Comment

  1. j ètais à seissans.j ai entendu ce discours plein de.vèritè..emouvant car venant de jeunes gens j avais envie de chanter la Marseillaise il faut exprimer nos passions a la moindre .occasion je le fais aussi pour la chasse .
    ..
    .

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