Non piquée à Hagetmau : dur apprentissage.

©️Victoria Bordes

Après deux années d’interruption, COVID oblige, les arènes d’Hagetmau renouent avec la tauromachie en présentant une non piquée 100% française. Comme c’est la tradition dans la cité chalossaise, ce sont des erales d’Alma Serena qui étaient à l’affiche. Bilan mitigé pour l’éleveur local, le premier a été un manso perdido qu’il vaut mieux oublier. Le second , encasté, noble mais exigeant avait beaucoup de race et de classe. Les trois suivants , sérieux de présentation et de comportement étaient trop compliqués pour des novilleros qui manquent de métier. Il est probable que les trois erales auraient nécessité, vu le contexte, un puyazo.

Nino Julian a touché le manso sorti en premier et ne s’est pas qualifié pour la finale. Juanito a eu l’excellent second qui lui a permis de s’exprimer. Hélas le béarnais a mal tué. En finale, il a souffert face à un eral compliqué et exigeant qu’il a à nouveau mal tué. Andoni Verdejo, manque de métier, il a bien commencé sa faena, pesant sur le troisième. Il lui a manqué le bagage pour transformer ce bon début de prestation en faena complète. Le final et la mise à mort ont été compliqués. En finale, le novillero a fait front avec courage face à un toro complexe qui demandait les papiers.

Fiche technique :
  • Arènes d’Hagetmau: novillada non piquée des Fêtes 2022
  • 5 erales d’Alma Serena un manso, un très bon et trois exigeants pour
    • Nino Julian : un avis et vuelta.
    • Juanito : un avis et vuelta, silence
    • Andoni Verdejo: un avis et salut au tiers, un avis et silence
  • Président: Denis Labarthe
  • Un tiers d’arène
  • Soleil puis nuages puis soleil puis nuages.
  • Juanito et le banderillero El Santo partagent le prix « Coup de coeurs » des peñas d’Hagetmau
Toro à toro :

En premier sort un eral bien présenté. Nino Julian le reçoit à la cape par faroles de rodillas. Bonne série de véroniques avant que Juanito fasse un quite par chicuelinas. Le novillero pose les banderilles, meilleures les deux premières paires. Le novillo est abanto. Il vient de loin avec violence et se met dans les planches. Le nimois arrive à le tenir au centre pour une série à droite. La suivante dans les tablas est plus compliquée. Le toro, suelto, manso, et sans race, ne fixe pas et est très violent sur les deux pitones. En lui montant dessus, Nino tire quelques muletazos à gauche puis se fait bousculer. Une entière trasera, une autre caidita , le toro tarde à tomber. Vuelta.

Le suivant , costaud, est applaudi à son entrée en piste. Il met la tête dans le capote de Juanito. Le novillo est sérieux et encasté. Juanito le double. L’eral noble, avec de la race, répète avec classe. Bonne série à droite, à gauche le bicho est aussi bon que sur l’autre piton. Le novillero, plus posé qu’au premier tiers, se met à la hauteur de son opposant. Bonnes séries de derechazos et de naturelles, l’Alma Serena, excellent novillo, ne faiblit pas et garde la bouche fermée. Pinchazos, entière, descabellos, vuelta. Ovation au toro

Le troisième, plus léger, bien armé, est abanto. Véronique élégantes d’Andoni Verdejo, bon quite de Nino Julian, le toro de la violence et de la noblesse. Il vient de loin ce dont profite le novillero. Deux bonnes séries de derechazos pèsent sur un eral exigeant. Beaucoup de temple dans les naturelles, retour à droite, le bicho a fini par rompre. Il manque un peu de métier au novillero pour en tirer plus. Le toro va, ensuite, à menos. D’un final plus brouillon ressortent quelques derechazos. Pinchazos, une entière, descabello , salut au tiers.

Se qualifient pour la finale Juanito et Andoni Verdejo.

Le quatrième ressemble au second. Il donne des coups de tête dans la cape de Juanito. Suelto. Il est difficile à fixer. A gauche, le torero l’oblige par le bas. Le bicho est compliqué. A gauche et à droite, il est violent. Juanito s’arrime. Il fait ce qu’il peut face à un Alma Serena exigeant et qui aurait gagné à prendre une pique. Demie suffisante, silence.

Le dernier, applaudi à son entrée en piste, n’humilie pas dans la cape d’Andoni Verdejo. Violent, il est bien doublé par le jeune torero. Compliqué, exigeant, il oblige à bien se croiser. Il part vers les planches si on ne pèse pas dessus. A gauche, il n’est pas plus sociable. C’est trop difficile pour un novillero qui débute. Il faut une muleta plus expérimenté et là aussi un puyazo n’aurait pas été de trop Andoni, a fait preuve de courage tout au long mais il a subi un eral de plus en plus compliqué. Sur la fin, il se fait bousculer de manière impressionnante mais, heureusement, sans dégâts apparents. Pinchazos, un tiers de lame basse, descabello, silence.