Séville, Morante n’est jamais parti!
Séville, Morante n’est jamais parti!
Après la semana santa, Séville le temps d’une corrida redevenait paienne pour célébrer le « retour » de l’enfant prodigue qui après son faux départ ne pouvait faire moins que de fouler de nouveau le sable ocre de la Maestranza. La couleur chaude du sable sévillan contrastait avec la blancheur presque sépulcrale du visage de Morante de la Puebla que l’on sentait tendu avant que le paseo ne s’ébroue. Le public obligeait le maestro à saluer avant que la corrida ne commence. Au moins c’était une ovation à prendre au cas où tout ne se passerait pas au mieux, on ne viendrait pas la lui reprendre.
A mi-spectacle, rien ou si peu. La faute à des Garcigande qui après la pauvre actuacion la veille à Arles attiraient le spectacle vers le fond. Seul le deuxième avait permis un quelque chose à Roca Rey, rien n’allait dans le bon sens.
Et puis.. Morante .. avec le bien nommé Gentil fit basculer la Maestranza dans une autre dimension, celle de la toreria, de l’art, de la personnalité singulière. Celui de La Puebla retrouva des couleurs au fil des passes dessinant au passage des passes pour les photographes. Et c’est à ce moment là qu’on sut que José Antonio Camacho n’était jamais vraiment parti! Roca Rey ira chercher un pavillon en étant au dessus de la condition du cinquième. Face au 6bis peu évident, De Miranda au prix d’une douloureuse voltereta ira chercher un oreille lourde de symbole pour un torero qui aspire à intégrer le circuit des figuras.
Fiche Technique
- Séville. Toros de Garcigrande pour
- Morante de la Puebla : silence – 2 oreilles
- Roca Rey : saluts – oreille
- David de Miranda : silence – oreille
- 12 piques de réglement
- Président: Gabriel Fernandez Rey
- Public : no hay billetes
La corrida
Morante de la Puebla
Golfante
Golfante de Garcigrande inaugure la première temporada sévillane post empresa Pages. Dès sa sortie, il manifeste des signes de faiblesse et se révèle court de charge dans le capote de Morante. Le passage sous la pique ne fait que confirmer, la puissance toute relative du Garcigrande et une tendance à la génuflexion adaptée en cette période de célébration religieuse, mais beaucoup moins dans un ruedo. Après un brindis au roi émérite sorti de son exil pour l’occasion, Morante est bien plus décidé que son toro. Incapable de délivrer la moindre charge, celui-ci oblige à ce que le combat cesse avant qu’il ne commence. Une entière de côté permet de conclure ce premier rendez-vous raté. Silence.
Gentil
Gentil tombe sur un capote inspiré en quelques véroniques dont une donnée malgré un arrèt total à hauteur de hanche. Une demie veronique nous rappelle que Morante est un artiste hors pair. Une revolera de catégorie lors du quite soulève l’enthousiasme. Morante est très au-dessus de la catégorie du Garcigrande. Torerissime début de faena en marchant vers le centre. L’accord se fait immédiatement. Lenteur, empaque; la toreria si spéciale de Morante s’exprime avec la corne droite. Sur l’autre bord, la magie n’opère pas de la même manière. Le toro est vidé, il est temps de conclure. Morante le fait dans les canons avec un estoconazo. l’oreille tombe en toute justice. Les deux finissent par tomber sur pression populaire
Roca Rey
Custidiador
Le péruvien reçoit le Garcigrande un peu distrait avec envie et douceur. Il fait économiser le toro à la pique. De Miranda fait monter la température avec un quite par saltilleras auquel répond Roca par chicuelinas ajustées. Cette fois-ci c’est le torero qui se met à genoux face à un toro qui tient debout. Début tremendiste qui revèle la noblesse du Garcigrande. Les premières séries de la droite profitent de la répétition et du rythme de l’embestida d’un animal qui « collabore » plus qu’il ne combat. Sa noblesse reste franche sur l’autre rive même s’il commence à accuser le coup. La fin est plus près des cornes et de moindre qualité. L’épée déraille un peu. Saluts.
Francés
Difficile de passer après le tremblement de terre Morante. Le public est encore sous le choc quand commence la faena. Le toro manque de personnalité et sa charge ne donne pas beaucoup d’émotion. Roca au centre tente de faire rompre le Garcigrande. Il finit par y arriver à mi-faena avec la main basse et les idées claires. Dans une faena majoritairement droitière, il obtient sur la deuxième partie de faena que le toro répète dans des séries sans temps mort. Un entière concluante précède une oreille. Le président cette fois resiste à la pression populaire pour la concession de la seconde.
David de Miranda
Foraneo
Distrait, fuyard, manso…Foraneo possède toutes les qualités nécessaires pour partir à la boucherie direct. Comme on dit dans ces cas là, ce n’est pas qu’il est bon à rien mais il est mauvais à tout. Il part au toril dès les banderilles. De Miranda entame par le bas et laisse penser que quelque chose est possible. Le Garcigrande lui fait vite comprendre que les tablas valent mieux que la muleta. Le torero insiste un temps aux barrières et opte rapidement pour l’arrêt des hostilités. Silence.
Corchoso puis Chumbo
Gardant tête haute, allant à son air, le Garcigrande ne donne guère de signe positif. Il se casse un piton ce qui permet de la changer au bonheur de tous. Mouchoir vert. Chumbo son remplaçant se laisse faire au capote avant de faire quelques bizarreries lors du tercio de piques. De Miranda au centre veut débuter par statuaire, un inopiné changement de direction du toro occasionne une voltereta et un moment de grand danger. Le toro est incertain, quasi arrêté. Encimiste dans sa tauromachie, le torero aguante les incertitudes de la bête à cornes. Son courage trouve récompense dans une série de naturelles dominatrice en fin de faena. Entière concluante . Oreille
Philippe Latour – Corrida vue sur Canal Sur

Torerazo !
Les autres ont l’air quelconques face au plus génial maestro de l’histoire
1 oreille de trop !!!! mais morante surtout à seville c’est irrationel… par contre quelconque pour la faena de roca rey nous n’avons pas vu la même.