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Séville, un Bohorquez et une vuelta pour Ruiz Muñoz

Seconde corrida de l’abonnement, la course de Bohorquez devait permettre à des toreros modestes de faire le paseo à Séville. L’exercice du six pour six est toujours hasardeux car il n’y a pas moyen de se rattraper si le toro ne permet pas. Borja Jimenez, Lama de Gogora et Angel Jimenez ont été trop mal servi pour réaliser la faena dont ils ont du rêver toute la semaine. Rafael de Serna a lié une bonne série à droite et tue mal un toro qui n’a pas duré. Calerito était plus que décidé. Il commence bien sa faena mais son toro, le seul brave du lot, a laissé trop de forces au cheval. José Ruiz Muñoz est le neveu du Pharaon de Camas. Il a hérité de quelques gènes de son oncle. Sa faena au cinquième, plus soso que noble, est élégante, inspirée mais très mal conclue à l’épée.

Bohorquez était content des toros sortis ce dimanche à Séville. Il se contente de bien peu.

Respectueux, le public de Séville a ovationné chacun des matadors.

Fiche technique
  • Séville Toros de Fermín Bohorquez juste de forces et d’intérêt  pour
    • Borja Jiménez, salut
    • Lama de Góngora, salut
    • Rafael Serna, sialut (un avis)
    • Ángel Jiménez, salut
    • José Ruiz Muñoz, vuelta al ruedo
    • Calerito, salut
  • salut de Fernando Sanchez et Fernando del Toro au second
  • Ovation au picador qui a piqué le sixième toro.
  • demi arène
  • Vent et soleil à Séville
Toro à toro

C’est par des véroniques que Borja Jimenez reçoit le premier , léger, bas et correctement armé. Juste de forces, le toro est économisé à la pique. Bon quite par chicuelinas de Lama de Gongora, Borja Jimenez répond par les mêmes passes et se fait déborder. Début par doblones, le toro se défend dans la muleta. A droite, ce sera passe à passe. Le Bohorquez est court de charge et continue à protester. Le vent souffle et met en danger le torero.  A gauche , le bicho n’est pas meilleur. Borja Jimenez s’applique, veut bien faire mais il y a peu à tirer du toro. Quasi entière basse pour conclure rapidement la faena, torero et public sont déçu par le peu d’intérêt du Bohorquez.  Salut.

Le second est un peu plus costaud. Il sort abanto et est suelto à la cape. Très vite, il marque un intérêt certain pour les tablas. Manso, il est compliqué à mettre en suerte au premier tiers. Le piquero doit se déplacer vers le toril pour arriver à le piquer à deux reprises. Le toro ne s’emploie pas sous le fer. Il faut le sens de la lidia de José Chacon et le talent de Fernando Sanchez et de Fernando del Toro pour le banderiller. Les banderilleros saluent. Au troisième tercio , le toro se défend « cul aux planches ».

 Dans les tablas, Lama de Gongora lui arrache deux séries à droite. Un enchaînement entre les deux raies, puis le manso repart dans sa querencia. Tentative à gauche, le toro se désintéresse du combat.  Frustré , le torero va chercher l’épée de muerte. L’épée entière et trasera est efficace.  Quelques sifflets à l’arrastre, salut pour le torero.

Rafael de Serna est applaudi quand il reçoit le troisième à la cape.  Le Bohorquez prend deux piques légères, la première en poussant sur une corne.  Sans vraiment humilier, le toro a une charge désordonnée en début de faena. Première série à gauche,  seconde à droite, le torero cite de loin et arrache les premiers olés au public sévillan (musique).  Le bicho rompt. Il permet une série à gauche brouillonne. Les derechazos suivants sont meilleurs.  Quelques gestes à un toro qui va à menos, De Serna prend l’épée de muerte. Un pinchazo hondo, le torero se fait bousculer en retirant l’épée. Une mete y saca et un descabello concluent la prestation de Rafael Serna qui salue.

Le quatrième est le plus lourd du lot. Il sort abanto. Angel Jimenez se fait déborder à la cape. La mise en suerte pour la première pique est chaotique. A peine piqué le toro sort seul. Le picador se rattrape à la suivante. Troisième rencontre light, le Bohorquez s’échappe à nouveau.  Doblones pour commencer la faena, le bicho humilie mais charge en marchant. Soso, il prend les premières passes à droite, une à une , en regardant vers les planches. De l’application de la part du torero mais le Bohorquez ne transmet pas grand-chose.  A gauche, il en est de même. Le toro va à menos et le torero n’insiste pas. Si l’exécution de la suerte suprême est correcte, le résultat l’est moins. L’épée entière et basse est rapide d’effet.  Salut.

José Ruiz Muñoz est le neveu de Curro Romero. Il reçoit le cinquième par des véroniques élégantes. Mise en suerte par des chicuelinas mains basses. Le toro pousse sur une corne à la première rencontre. Jolie mise en suerte pour la seconde , la pique se limite à un simple picotazo. Calerito conclut le premier tiers par un quite applaudi. Brindis émouvant au Pharaon de Camas , le public se lève pour l’ovationner.  Début de faena par derechazos en citant de loin.  Le toro est noble mais juste de forces.

Ruiz Muñoz est un torero fin. Il est très élégant mais il pèse peu sur un toro ,soso, dont il n’exploite pas toute la charge. Une bonne série a droite, de celles qu’aiment les sévillans,  déclenche la musique. Une trinchera et le torero prend l’épée. Epée entière, trasera et basse, le toro tombe rapidement. Pétion d’oreille, le président résiste compte tenu de l’estocade.  Vuelta al ruedo.

Calerito reçoit le dernier Bohorquez de cette corrida de Séville à Porta Gayola.  Le toro sort abanto. Bien mis en suerte, il charge avec poder et casse le palo à la première rencontre. Bella arrancada pour la deuxième , le toro accuse le coup . Le picador est applaudi.  Comme Borja Jimenez, Calerito brinde à Espartaco.  Le torero cite de loin pour une première bonne série à droite (musique). Le toro baisse de rythme à la seconde. A gauche, cite à mi-distance, le bicho est noble mais a laissé beaucoup d’énergie au cheval. (arrêt musique).  Sa charge perd de l’intensité et la faena qui avait bien commencé va à menos. L’épée, entière et caidita, est rapide d’effet.

Thierry Reboul, corrida vue sur Mundotoro TV.

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