Mugron novillada : desafio faiblesse vs complexité
Ce qui dévait être un desafio Buendia vs Coquilla lors de la novillada de Mugron s’est transformé en un desafio faiblesse vs complexité.
Une seule oreille a été coupée et le public est resté sur sa faim. Que ce soit Raquel Martin, Mario Vilau ou Eduardo Ruiz de Velasco les trois novilleros et novillera n’ont pas démérité. Les trois Pablo Mayoral sans forces ni fond ne leur ont pas permis de s’exprimer.
Les trois Sanchez Arjona posent question et même débat à l’issue de la course. L’encaste Coquilla est un encaste très particulier. Il demande à la fois une expertise technique et une connaissance approfondie de leur comportement souvent déconcertant . C’était peut-être un pari risqué de les opposer à des novilleros certes volontaires mais encore peu expérimentés et peu au fait , comme la quasi totalité de l’escalafon novilleril, de leur mode d’emploi.
Les novillos
Aussi bien les buendias de Pablo Mayoral que les coquillas de Sanchez Arjona, tous les novillos étaient bien présentés et surtout dans le type de leur encaste.
Les trois Pablo Mayoral étaient noblotes mais ont manqué de forces et d’entrega. Discrets au cheval, ils se sont tous les trois rapidement éteints. A leur décharge, pour des raisons de protocole sanitaire, ils ont voyagé toute la nuit depuis l’Espagne avant d’être directement débarqués du camion.
Ces conditions logistiques n’ont pas semblé perturber les trois Sanchez Arjona. Ils avaient de l’énergie et ont posé des problèmes aux trois jeunes toreros. Braves au cheval, ils sont arrivés au troisième tiers avec des défauts que les novilleros ont eu du mal à gérer.
Pour les Pablo Mayoral on ne saura jamais si leur comportement a été affecté par les conditions de transport. Pour les Sanchez Arjona on ne saura jamais si entre des mains plus expertes, leurs défauts auraient pu être corrigés.
Les novilleros
Raquel Martin a touché un premier novillo de Pablo Mayoral de peu de fond. Il a manqué de forces et se défendait dans la muleta. La novillera s’est appliquée mais le novillo permettait peu et ne transmettait rien. Le public l’a invitée à saluer. Ce fut compliqué avec le Sanchez Arjona sorti en quatrième position. Le toro est très exigeant pour une novillera volontaire mais qui n’a pas l’officio et le métier nécessaire pour gérer ce type d’animal. Elle s’est fait accrocher la muleta plusieurs fois et a eu du mal à tuer. Silence.
Comme le premier, le Pablo Mayoral qui échoit à Mario Vilau manque de forces et de race. Il s’est rapidement éteint et lui aussi ne permettait pas. Le Coquilla sorti en cinquième est le plus compliqué du lot. Il a une corne gauche qui ne permet d’enchaîner que deux muletazos avant qu’il ne s’intéresse au novillero. Il est plus civil à droite et cela offre au novillero catalan la possibilité d’instrumenter quelques derechazos méritoires avant que les choses ne deviennent plus compliquées. Silence.
Le Pablo Mayoral qui est attribué à Eduardo Ruiz de Velasco permettait à peine plus que ses deux congénères. Le novillero a essayé sans toujours parvenir à lier des passes face à un novillo qui manquait trop de fond. Le dernier Coquilla du lot avait une corne gauche très compliquée.Le jeune torero a tenté et téussi quelques naturelles mais l’utrero lui venait dessus à la sortie de la seconde passe de chaque série. L’autre piton était plus abordable et le novillero en a profité pour instrumenter de bons derechazos. Il coupe la seule oreille de l’après-midi.
Le reportage photographique de Philippe Latour
Fiche technique
- Arènes de Mugron, novillada des Pâques Taurines 2026, novillos de Pablo Mayoral (1,2 et 3) et Sanchez Arjona
- Raquel Martin : salut, silence (deux avis)
- Mario Vilau : silence, silence
- Eduardo Ruiz de Velasco : silence, oreille (avis)
- douze piques, cavalerie Heyral
- Le prix au meilleur picador a été attribué à Curro Sanchez qui a piqué le quatrième
- Le banderillero a salué au quatrième
- Président: Mathieu Lacoume
- demi arène
- chaleur quasi sévillanne
Novillo à novillo
Toro numéro 56 Pablo Mayoral Raquel Martin
Le premier est très typé Buendia. Il met bien la tête dans la cape de Raquel Martin. Première et seule pique le toro pousse sur une corne vers le haut. Début de faena par doblones, la torera continue à droite. Le novillo est court de charge. A gauche et à droite la muleta est souvent accrochée. Raquel s’applique mais le toro manque de transmission. L’animal va à menos. Première épée traversante. La seconde est contraire mais efficace. Salut
Toro Pablo Mayoral numéro 7 Mario Vilau
Le second Pablo Mayoral est bien fait. Il humilie mais sans trop s’employer dans le capote de Mario Vilau. Il se défend mais met les reins au contact du cheval lors de la première rencontre. Le novillo prend un bon second puyazo. Mario Vilau entame les débats par le haut. A droite le novillo est tardo. A gauche il tarde à charger. Il ne prend pas plus de deux passes de suite. Le toro s’éteint rapidement et la faena va à menos. Le numéro de porfia ne s’imposait pas . Un pinchazo précède une entière contraire mais efficace. Silence
Novillo numéro 1 Pablo Mayoral Eduardo Ruiz de Velasco
Le troisième est bien présenté. Il met bien la tête dans la cape de Ruiz de Velasco. Sans mise en suerte il prend un premier puyazo sans pousser. On répète le refrain à la seconde rencontre. Début par doblones, le novillo a un peu plus de peps que les deux précédents. Il est tardo mais noblote. Dommage que de Velasco ne lui donne pas plus de distance. Le novillo finit par partir aux planches. Le novillero n’insiste pas. Deux pinchazos et une entière en avant et trois descabellos mettent fin au pensum. Un avis a sonné . Silence
Novillo numéro Z7 Sanchez Arjona Raquel Martin
Bien fait le premier Coquilla s’emploie dans la cape de Raquel Martin. Le novillo prend en mettant les reins une première pique appuyée. Brave il prend un second puyazo plus léger. Il prend une troisième pique en venant bien et en poussant. Le picador Curro Sanchez est applaudi. Salut du banderillero après un bon tercio de banderilles. La novillera est en difficulté sur les premiers muletazos. C’est mieux à gauche qu’à droite. Ellee lui donne pas assez de distance. Le toro s’arrête à chaque passe et la torero ne peut pas allonger la passe ce qui complique les choses en s’ajoutant au fait que le Coquilla n’humilie pas. Plusieurs pinchazos, plusieurs tentatives de descabellos le toro tombe juste avant le troisième avis. Silence pour Raquel Martiin et ovation pour le novillo.
Novillo numéro 10 Coquilla de Sanchez Arjona Mario Vilau
Mario Vilau reçoit le cinquième par une larga de rodillas. Le novillo prend deux piques en se défendant. Mario Vilau entame les débats par des doblones. Le toro est exigeant et ne permet pas l’erreur. Le catalan manque de douceur mais le toro s’emploie pas dans la muleta. A droite il prend le dessus sur le novillero. Vilau est alors en difficulté parce qu’il monte trop sur le toro et de plus il se fait toucher la muleta. Il finit par se faire accrocher. Un pinchazo précède une entière caida et trasera mais qui suffit. Palmas au novillo et silence pour le torero.
Novillo numéro 21 Coquilla de Sanchez Arjona Eduardo Ruiz de Velasco
Le dernier est gacho mais a du tamaño. Il humilie dans la cape de Ruiz de Velasco. Mal mis en suerte il prend deux puyazos appuyés en poussant. Début de faena classique par doblones, le novillo est lui aussi exigeant mais plus « civilisé » que les deux orécédents. Les premiers derechazos sont intéressants. Le toro baisse un peu de rythme et serre le torero. Il prend bien les premières naturelles puis serre sur le torero. Série suivante deux passes puis le novillero est désarmé. Il en est de même sur les suivantes. La corne gauche est très, trop, compliquée. De Velasco s’arrime et s’applique pour bien finir sur un piton droit plus abordable. L’épée entière est trasera mais elle suffit. Entretemps un avis a sonné. Oreille
Thierry Reboul
