Bayonne: une oreille pour Talavante et Rufo.

Il est des corridas qui ne laissent pas un souvenir impérissable. Cette corrida des fêtes à Bayonne en fait partie. Il est difficile de s’en rappeler au delà de quelques détails après avoir quitté les gradins. La faute à un lot du Conde de Mayalde , hétérogènes de présentation, certains commodes de têtes, justes de forces et manquant de race. Décastés ils sont quasiment tous allés à menos partant, parfois rapidement, dans les planches .

Lopez Chaves a besoin d’adversaires plus conséquents pour mettre en évidence ses qualités de lidiador courageux. Il ne semblait pas à sa place dans un tel contexte. Alejandro Talavante toréé avec élégance mais a lui aussi besoin de toros qui transmettent plus d’émotion. On retiendra de sa prestation , les très belles naturelles du début de la faena à son premier. Tomas Rufo, à l’instar de Roca Rey, sait s’adapter au contexte (toros et public). A son second, il a toréé pour plaire au grand public , avec un toro assez quelconque, tout en proposant aux aficionados quelques muletazos de grande classe. Point commun aux trois toreros , ils ont tué plus vite que bien.

Fiche Technique:
  • Arènes de Bayonne: corrida des Fêtes 2022
  • Six toros du Conde de Mayalde hétérogènes de présentation, manquant de force et de race pour
    • Domingo Lopez Chaves : salut au tiers, salut au tiers
    • Alejandro Talavante: une oreille, silence
    • Tomas Rufo: salut au tiers , une oreille
  • douze piques , cavalerie Bonijol
  • Président: Dédé Lascoume
  • 6/10ème d’arène
  • Température agréable d’une fin de journée estivale et basque.
Le reportage photos de Philippe Latour ⤵️
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Toro a toro

Le premier est commode de tête. Juste de forces, il est peu piqué. Domingo Lopez Chaves commence sa faena à droite. Le toro est court de charge. Le torero de Ledesma construira une faena sans grand relief . Il toréé souvent en mettant beaucoup de distance entre lui et le toro. Le Mayalde s’éteint et la faena va à menos . L’épée très basse est rapide d’effet. salut au tiers.

Le second montre des signes de faiblesses dès son entrée en piste. Il fait une spectaculaire vuelta de campana dont il ne se remettra pas. Les deux premières séries de naturelles de Talavante sont très belles. Il toréé à mi-hauteur et ménage le toro qui se reprend en fin de faena. Le torero de Badajoz toréé avec élégance, avec style mais parfois sans se croiser. La faena est légère et élégante mais le contexte taurin fait qu’elle manque de la profondeur et de cette tauromachie particulière qui est la marque de fabrique de Talavante. Le toro va à menos et part progressivement dans les planches. L’épée est caîdita mais efficace , une oreille pour le torero.

Le toisième est lui aussi juste de forces. Il est, comme les autres peu piqué. Au troisième tiers, il manque de race et la faena est de celle qui ne laisse pas de grand souvenir malgré l’application du torero. Salut au tiers après une mise à mort rapide.

Le quatrième prend deux puyazos légers en sortant seul. Il est manso et se réfugie dès le second tercio dans les planches. C’est un manso mais il manque de forces. Il n’a pas cette transmission qui est nécéssaire à Lopez Chaves pour porter sur le public. Le torero tire quelques bons derechazos mais la faena est trop longue et fade avec un toro querencioso et manquant de race. Salut au tiers pour le torero, pitos pour le toro.

Le cinquième est lui aussi peu piqué. Dès le premier tiers, il vise le terrain des planches. Avec application, Talavante le met au centre et essaie de tirer quelques muletazos des deux bords à un toro qui n’a dans l’esprit que de se rapprocher des talanquères. La fin de faena , dans les tablas, avec une connotation plus trémendiste fait réagir le public très festif de cette corrida des fêtes. L’épée est basse, silence pour le torero et sifflets pour le toro.

Le sixième, le mieux présenté du lot, prend deux piques légères sans pousser. Il a peu de forces mais il est noble . Tomas Rufo lie des séries sur les deux rives et à force de patience, obtient que le toro suive la muleta au delà de la demie passe. Le jeune torero a une intelligence « situationnelle » assez exceptionnelle. Comme à Mont de Marsan , il a compris le public et opte pour une tauromachie « spectaculaire » qui a eu l’effet escompté. Ce qui est paradoxal, c’est qu’au milieu de passes plus destinées au public qu’au toro, il a glissé quelques très belles naturelles. Tout s’est passé comme s’il voulait quand même dire aux aficionados présents  » je sais aussi toréer ». Tomas Rufo coupe une oreille après une épée rapide d’effet.

Thierry Reboul

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