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Séville, Puerta del Principe pour Tomas Rufo

A Séville, Tomas Rufo a ouvert la Puerta del Principe pour la seconde année consécutive. C’est la quatrième fois qu’un matador, ou rejoneador, sort en triomphe en 2023. Si on ajoute les vueltas accordées aux toros, cela donne l’impression d’un décalage, ou une dérive, de l’échelle d’évaluation et de distribution des trophées. Les présidences sévillannes, depuis le début de la Féria, s’enfoncent dans un triomphalisme inquiétant. Il faut que rabo, vuelta de toro et Puerta del Principe restent des évènements exceptionnels. L’exagération nuit à l’image d’une arène aussi importante que la Real Maestranza.

Ceci dit, au noble troisième, Tomas Rufo a instrumenté une très bonne faena, surtout à droite. Le torero a de l’envie, de la transmission et la capacité à se mettre le public de son côté. L’estocade aurait du le priver de la seconde oreille. Il coupe un trophée à son second, toro sans transmission, grâce à de très bonnes séries à droite.

Pablo Aguado n’a pas pu faire grande chose avec deux toros décastés et justes de forces.

José Maria Manzanares est apathique. Il semble s’ennuyer quand il toréé. Forcément le public s’ennuie aussi.

Le lot de Jandilla, bien fait mais juste de trapio, avaient des pointes de cornes discrètes. Quand ils ont de la force, ils sont d’une noblesse collaboratrice et offrent des options aux toreros. Seuls le premier et le troisième avaient la condition physique nécessaire et requise, et pouvaient prétendre à transmettre un minimum d’émotion.

Fiche technique
  • Séville. 11ème festejo de l’abonnement Toros de Jandilla justes de forces et inégaux de comportements , dont un sobrero (2bis) justes de forces et de caste pour
    • José Maria Manzanares, salut (avis), silence
    • Pablo Aguado silence,silence
    • Tomas Rufo deux oreilles, une oreille
  • Douze piques
  • Saluts de Diego Vicente au premier, Juan Guerra au cinquième, Andres Revuelta et Fernando Sanchez.
  • Président: Gabriel Fernando Rey
  • Trois-quart d’arène
  • Il continue à faire chaud à Séville

Toro à toro

Le premier est bas, léger et correctement armé. Il prend une pique en poussant sur une corne et sort seul de la seconde. Diego Vicente salue après un bon tercio de banderilles. José Maria Manzanares commence sa faena à droite. Le toro est noble. A gauche, il passe bien main perd les mains si on l’oblige trop. Le torero revient à droite, les gestes sont élégants mais sur le pico. Manzanares ne pèse pas sur le toro. Il reste sur le voyage profitant de la charge allègre du toro. Grand coup d’épée, le Jandilla se relève deux fois avant d’être puntillé. Salut.

Même morphologie que le premier, le second est juste de forces. Pablo Aguado le reçoit par véroniques. Tardo, il prend deux picotazos. Il est déjà éteint à la fin du premier tiers. Mouchoir vert.

Le sobrero est aussi un Jandilla. Capotes de réception, le toro proteste. Il prend deux puyazos, poussant un peu plus à la seconde. Échange de quites entre Aguado et Rufo, le toro est tardo et court de charge. Début en douceur par doblones, à droite le Jandilla proteste,  n’a pas de charge et regarde les planches. Inutile d’insister, Aguado prend l’épée. Le toro est dans le terrain des planches. L’estocade efficace nous délivre de ce Jandilla sans forces, ni caste. Silence.

Bien reçu à la cape par Tomas Rufo, le troisième prend deux piques légères et traseras sans pousser. Rufo brinde au public. Début de faena de rodillas, le toro est juste de forces mais noble. Le torero en prend vite la mesure et enchaîne deux bonnes séries à droite. Musique. A gauche,  Rufo est profilé mais sa tauromachie pèse sur le toro et transmet. Final par derechazos, l’estocade tombée et en avant est rapide à faire effet. Deux oreilles , une de trop.

Le quatrième ne diffère des trois autres que parce qu’il est castaño. Il manque, lui aussi, de forces. Deux picotazos, il est économisé à la pique. Premier muletazo, le toro tombe. Il récidive à la fin de la série suivante. Le toro ne transmet et la tauromachie distante de Manzanares non plus. La mise à mort est laborieuse. Silence.

Le cinquième est lui aussi juste de forces. Il prend deux piques, la seconde légère, en poussant. Quite de Rufo, le toro fléchit à chaque passe. Juan Guerra salue après un bon second tercio. Aguado brinde au public. Début par le haut, le toro est noble. Le torero a envie de triompher. Il y a beaucoup de classe dans le premier molinete et les deux derechazos suivant.  A gauche, de bons muletazos, mais le toro soso et court de charge ne transmet pas. Il va rapidement à menos. L’estocade entière, au second essai, suffit. Silence.

Le sixième est suelto. Bien reçu à la cape par Tomas Rufo , il prend deux piques légères en poussant un peu à la première. Il fait une vuelta de campana après la seconde. Andres Revuelta et Fernando Sanchez saluent. Le Jandilla est noble mais court de charge. Deux séries à droite déclenche la musique. Les naturelles quasi de face sont élégantes, dommage que le toro ne transmette aucune émotion. Le final est plus trémendiste. L’épée entière est efficace, une oreille et nouvelle Puerta del Principe.

Thierry Reboul, corrida vue sur Mundotoro TV .

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