Séville: Morante au sommet, les Torrestrella au fond du gouffre.

Triomphe de Morante ©️Empresa Pages

Le titre initial de cette reseña était « le désastre ganadero continue » . Les cinq toros de Torrestrella faibles, décastés et sans race sont de ceux qui au mieux plombent l’après-midi d’un aficionado ou au pire le mettent en colère. El Juli a fait ce qu’il a pu avec sa technique et son métier pour masquer les carences du second et a baissé les bras au cinquième .

Manuel Perera , encore vert , s’est appliqué mais il a encore beaucoup à apprendre.

Morante a joué les abonnés absents à son premier et le public a commencé à se fâcher. Puis exit le quatrième Torrestrella invalide, sort un Garcigrande, Morante laisse passer les deux premiers tiers . Le toro a de la charge, est noble et puis l’inspiration visite Morante. En quelques muletazos, il fait se lever le public. Art, temple et sincérité tout est présent dans ce faenon. Même l’estocade est bonne et Morante coupe deux oreilles qui sauvent la course et donne envie de l’inviter à revenir à Séville en 2023.

Grande faena, grand Morante mais tout cela ne doit pas faire obliger l’indigence, récurente à Séville, des toros

Fiche Technique
  • Arènes de la Real Maestranza de Séville,11ème corrida de la Feria d’Avril 5 toros de Torrestrella bien présentés mais faibles et décastés et un sobrero de Garcigrande (4ème bis) solide et noble
    • Morante de la Puebla : un avis et sifflets, un avis et deux oreilles.
    • El Juli : salut au tiers, salut
    • Manuel Perera : salut au tiers, à son toro d’alternative , un avis et salut au centre
  • Le toro d’alternative se nommait Barbacana, N° 46, colorado, né en 01/18 , Poids 520 kg
  • douze piques parce qu’il faut faire le nombre
  • heureusement , il fait beau
Alternative de Manuel Perera ©️Empresa Pages
Toro a toro

Perera accueille le premier de rodillas, puis bonnes séries de véroniques. Le toro prend deux piques traseras sans pousser. Après la cérémonie d’alternative, brindis au public, Perera débute de rodillas la faena. Le toro est sérieux, se retourne vite et déborde le jeune matador. Le manque d’expérience du torero rajoute à la complexité d’un toro qui demande une muleta autoritaire. Un pinchazo, une demie basse, salut au tiers pour le torero, quelques sifflets au toro.

Le second est sévèrement châtié au cheval à deux reprises. Y aurait-il un lien avec son comportement lors des premiers capotazos de Morante ? Le Torrestrella est juste de forces, a peu de charge (cf tercio de piques). Morante renonce avant de commencer, ne fait pas de faena, tue prudemment et mal. Tout ce qu’il ne faut pas montrer à un jeune qui prend l’alternative. Sifflets nourris pour le torero, moins pour le torero.

Le troisième est plus que ménagé au premier tiers. Il manque de forces et de race. Il tombe sur la première série. El juli est à la fois un très grand technicien et un illusionniste exceptionnel. Il a décidé ce jour d’être pédagogue. Il a montré au jeune Perera , tout ce qu’il faut faire pour qu’un toro sans race, soso, décasté et faiblard passe et dure. Tout l’arsenal technique y est passé. C’est bien fait, pédagogiquement intéressant mais on attend de voir autre chose quand on va aux arènes. Vilain julipié pour conclure et salut au tiers.

Le quatrième est soit un invalide notoire soit un consommateur abusif de barbadillo, mouchoir vert. Le sobrero est un Garcigrande . Sans motivation, Morante se fait déborder à la cape, n’assure pas la lidia au premier puyazo (trop fort et mal donné). Le matador se rattrape un peu au second,  pas le picador adepte de la carioca trasera. Débuts par le haut, Morante « Hyde » redevient Morante « Jekyll ». Deux séries à droite, une à gauche et le public chavire. Une grande série à droite et Séville se lève. Le toro est noble et le torero inspiré. Dernière sérié à gauche pour parachever l’œuvre du maître et une quasi entière , deux oreilles (une de trop si on juge le torero sur l’ensemble de la lidia).

Vuelta de campana dès les premiers capotazos, le cinquième (Torrestrella) est juste de forces et est peu piqué. Au troisième tiers, il s’éteint rapidement. El Juli s’applique et finit par abréger. Julipié en place, descabello sifflets au toro et salut du torero.

Porta gayola chahutée pour Perera qui fait peu piquer le sixième aussi faible que ses quatre autres congénères. Début de faena à genoux, Perera continue à gauche, le toro a peu de charges. A droite, ce n’est pas mieux. Perera opte pour le trémendisme et tire trois derechazos à un toro sans race.  Le joven veut bien faire mais on est loin du niveau attendu à Séville et puis que faire avec un animal aussi fade et de si peu d’intérêt. Entière en avant et légèrement tombée, un descabello

Thierry Reboul (corrida vue sur Toros TV).

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