Découvrir les ganaderias: Raso de Portillo
Découvrir les ganaderias: Raso de Portillo
Raso de Portillo est la plus ancienne ganaderia espagnole. C’est aussi par son patrimoine génétique particulier (et complexe) une ganaderia-encaste.
Toros et vaches pâturent près de Boecillo dans la région de Valladolid. La ganaderia est la propriété d’une vingtaine de membres de la famille Gamazo. Elle est gérée par Mauricio et Iñigo Gamazo Garran.
Membre de l’Association des Ganaderias de Lidia, sa devise est incarnat et groseille

L’origine de la ganaderia
L’histoire de la ganaderia Raso de Portillo a commencé à l’époque du big bang taurin. Au XVème siècle dans la vallée du Duero (Valladolid) près de Pedraza de Portillo de manière communautaire plusieurs ganaderos élevaient des toros dans une plaine marécageuse, un raso en espagnol. Cette race a été fort logiquement appelée toros d’El Raso de Portillo. Elle est considéré par certains comme une des castes originelles bien qu’elle soit constituée par des toros venant de la Vallée de l’Ebre et de Navarre.
Le premier toro qui a foulé le sable des arènes de la Puerta de Alcala à Madrid, le 03 juillet 1740, était de race Raso de Portillo. En 1878 lors de la corrida donnée à l’occasion du mariage d’Alexandre XII, le premier toro était un Raso de Portillo de Pablo Valdès.
De Raso de Portillo naquirent certaines ganaderías d’origine morucho-castillane qui conservèrent leur vigueur jusqu’au début du XVIIIᵉ siècle, sous le nom de la famille Sanz.
Le premier ganadero de Raso de Portillo fut Alonso Sanz Arévalo. Celui-ci a créé son élevage fin du XVIIIème. Il mourût en 1811. Son fils Pablo et sa fille Gregoria ont pris sa succession. Pablo abandonna rapidement. Gregoria s’est marié avec Toribio Valdès et la ganaderia devient la ganaderia Valdès. Elle est alors gérée par leur fils Pablo Valdés Sanz.
En 1840, un part importante du troupeau est cédée à un dénommé Mazpule qui la revend en 1841 à Julián Presuncio. Ce dernier récupère la devise blanche des « Rasos » qui passera ensuite aux mains de José Marzal pour aboutir aujourd’hui à la famille Gavira.
Le passé de la ganaderia
Pablo Valdés continue à gérer le troupeau qu’il a conservé jusqu’en 1880. A cette date, il le vend à Trifino Gamazo y Calvo. L’élevage restera jusqu’à ce jour entre les mains de la même famille. En même temps que le bétail , le ganadero a acquis de nombreuses terres dans le secteur où sont nés les Raso de Portillo.
Il se porte également acquéreur de bêtes auprès de Julian Presencio. Il modifie également l’origine de la ganaderia en la croisant avec des toros navarrais provenant des héritiers de la ganadería du comte d’Espo y Mina. Trifino décède en 1919, ses enfants prennent la suite en particulier German Gamazo y Garcia de los Rios qui devient le gérant de la ganaderia.
À cette époque, le sang navarrais dominait, avec déjà des apports de Gamero Cívico et, dans une moindre mesure, du Conde de la Corte.
En 1948, au décès de Don Germán, ses neveux, les frères Gamazo y Manglano (José María, Francisco et Iñigo), prirent la direction de l’élevage. Ils introduisirent des bêtes de provenance Santa Coloma (Juana Cervantes – voie Dionisio Rodríguez). Un étalon de Benito Mora (Santa Coloma – Coquilla) fut également utilisé.
Le présent de la ganaderia
Si jusqu’en 2002, le sang d’origine est quasi majoritaire, un nouvel apport de vaches de Dionisio Rodriguez fait que l’origine Santa Coloma devient majoritaire. Parallèlement la famille constituent une sorte de société civile avec une vingtaine de membres. Elle crée une nouvelle ganaderia des vaches Raso de Portillo et un étalon de Sancho Davila d’origine Marquès de Domecq.
Raso de Portillo est la plus ancienne ganaderia espagnole et c’est aussi une des plus complexes au plan génétique.

Un patrimoine génétique complexe
On y retrouve
- des Raso de Portillo d’origine
- rame aujourd’hui minoritaire et limitée à quelques colorados par an
- des croisés Raso Santa Coloma aujourd’hui majoritaires
- Animaux terciados, mais d’un ensemble harmonieux, peu de morillo.
- les yeux sont grands et saillants, avec un museau effilé (« museau de rat »), ainsi qu’une tête allongée et étroite aux tempes,
- Les encornures, en règle générale, sont courtes et acapachadas.
- les robes typiques sont principalement cardeñas et noires, avec, dans une moindre mesure, des robes tostadas et berrendas (en noir et en cardeño).
Les robes castañas et coloradas sont exceptionnelles. Plus accidentelles les plus fréquents sont l’entre-pelado et ceux sous forme de taches blanches (careto, lucero, estrellado, jirón, aldiblanco, bragado, meano, calcetero, coliblanco et rebarbo)
- des croisés Raso Gamero Civico (rame quasi éliminées)
- Il s’agit d’animaux longs, de taille moyenne, aléonados.
- La tête présente des cornes très épaisses à la souche, très développées (cornalones), asymétriques (taureaux louches) et astifinas.
- Leurs robes caractéristiques sont noires, castañas et coloradas,tostadas, le listón et le chorreado étant les accidentelles les plus fréquents.
- des croisés Raso Conde de la Corte
- Ce sont des toros fins d’extrémités, de hauteur moyenne, avec un bon morrillo et aleonados.
- Les cornes sont très astifinas, d’orientation très variable, allant de cornidelanteros et veletos à playeros et cornivueltos.
Les robes sont noires, châtaines et, plus rarement, rousses. Les accidentelles les plus fréquents sont listón, bragado, meano, gargantillo, salpicado, jirón, burraco, chorreado et ojo de perdiz.
Le futur de la ganaderia
Depuis le décès de Iñigo Gamazo y Manglado, ce sont ses enfants, Mauricio et Iñigo Gamazo Garrán qui dirigent la devise. Les ganaderos malgré les contraintes économiques subies par le monde des toros font leur possible pour préserver l’originalité des Raso de Portillo
La camada est comme toujours courte avec trois ou quatre novilladas et une à deux corridas par an. Jusqu’à 2007 la ganaderia se faisait discrète et faisait idier dans les arènes proche du domaine.
Le début de ce siècle voit les Raso de Portillo passer la frontière. On les a vus lors des novilladas et corridas toristas de Parentis, Vic, Céret , Orthez et Boujan sur Libron.
En 2021 Raso de Portillo a vendu 6 toros et 15 novillos, en 2022 17 novillos. Pour 2023 12 novillos sortent, en 2024, 25 novillos. En 2025, 3 toros et 26 novillos ont foulé le sable des arènes. 2/3 des toros et 1/5ème des novillos sont sortis en France dans les arènes de Vic.
Ils sortiront cette temporada à Aire sur Adour pour la novillada des Arsouillos le 1er Mai et celle d’Orthez le juillet.
