San Miguel, dernière corrida, Marin et Aguado coupent une oreille malgré les Juan Pedro.

Dernière corrida de la San Miguel 2022, le cartel avait suscité beaucoup d’attente. Les arènes étaient presque pleines. Mais l’aficion de Séville a été déçue. A l’exception du second, et à un degré moindre du troisième, les Juan Pedro Domecq ont été mauvais. Pourtant le ganadero avait le sourire à la fin de la course. Il est vrai qu’il vendra encore des animaux à l’empresa Pagès l’an prochain. Parmi eux, il y aura peut-être quelques toros. Morante, mal servi, a pu et voulu faire trois séries en deux toros. On retiendra surtout une superbe demi-véronique . Gines Marin et Pablo Aguado ont su utiliser les quelques qualités de leur premier opposant. Ils nous ont proposé, chacun dans son style, quelques séries de bon niveau.

Fiche technique
  • Arènes de Séville, dernière corrida de la San Miguel 2022
  • 6 toros de Juan Pedro Domecq avec peu d’options, à l’exception du second, pour
    • Morante de la Puebla : silence, silence
    • Ginès Marin: une oreille, silence
    • Pablo Aguado: une oreille, silence
  • 12 piques
  • Quasi lleno
Toro à toro

Le premier est un colorado de 575kg. Il est bien armé bien que bizco. Il visite le ruedo en rematant dans les différents burladeros. Juste de forces ; Il fléchit au sortir de la première rencontre pourtant il n’a pas poussé. Il ne s’emploie pas non plus à la secionde rencontre et tombe et à nouveau. Morante de la Puebla fait la moue. Il commence sa faena par des derechazos et une trinchera. Le toro a très peu de charge. Il est parado ce qui n’inspire pas le torero qui prend l’’épée de muerte et met 3//4 de lame avec prudence. Un descabello suffit. Silence pour le torero et sifflets pour le toro.

Le second pèse 551 Kg. La réception à la cape par Gines Marin est applaudie. Il est peu piqué à la première rencontre. Comme le premier, il est juste de forces et la seconde est un simulacre ;Le torero de Jerez commence sa faena par une enchaînement de derechazos et de trincheras pour amener le toro au centre. Le Domecq est noble et met la tête dans la muleta.

Cite de loin pour deux derechazos, puis le torero prend la main gauche. Sur ce piton, le bicho est noble mais un peu plus violent. Retour sur l’autre corne, pour trois muletazos, un changement de main et une naturelle Le torero continue par des naturelles, la dernière brouillonne. Le final par derechazos , les meilleurs de la faena, porte sur le public même si le toro a raccourci sa charge.  Adorños, Gines Marin tue d’une demie tombée mais efficace. Pétition majoritaire et Gines Marin coupe la première oreille de la tarde.

Le suivant, 554 Kg, est plus commode de cornes. Comme les deux précédents ; il est abanto. Pablo Aguado l’entreprend à la cape et le toro fait une vuelta de campana. Le Domecq s’emploie juste ce qu’il faut à la première rencontre et prend un picotazo à la seconde. Le torero commence sa faena par des doblones élégants. Le toro a une charge courte. Pablo Aguado enchaîne des derechazos templés rematés par un pecho.

A gauche, les naturelles sont belles mais le toro manque de transmission. Le torero se fait désarmer à la fin de la première série ; La seconde est plus courte.  Aguado reprend la main droite pour un bel enchaînement qui plait au public andalou et déclenche la musique. Dernières séries avec deux muletazos genoux ployés, l’oreille est à portée d’épée. Naturelles de face en matière d’ adorños, l’estocade est entière mais trasera et desprendida. Elle est efficace et andalouse coupe une oreille,

Le quatrième, 512 Kg, est bien armé. Morante de la Puebla laisse faire sa cuadrilla. Il prend son toro en main par des passes données avec un capote réduit puis conclut par trois bonnes véroniques. Le toro semble compliqué. Le torero remate la mise en suerte au cheval par une superbe demi-véronique . Le Domecq pousse un peu. Mise en suerte à une main pour la seconde qui n’est qu’un simple picotazo . Gines Marin tente un quite par chicuelinas mais le toro a de mauvaises manières qui obligent le torero a l’interrompre.  Derechazos et trincheras genoux ployés pour commencer, la charge du Domecq est courte, Morante lie une bonne série à droite. La suivante est plus brouillonne et le toro est plus violent ce qui annihile les intentions du torero. Morante prend l’épée et sans s’engager place un vilain bajonazo transperçant.  Quelques sifflets pour le toro et silence pour le torero.

569 Kg pour le cinquième, le Domecq prend deux picotazos sans s’employer. Début de faena par doblones, Gines Marin cite de loin pour les deux premières séries de derechazos ; Le toro est noble. Le torero baisse un peu plus la main à la troisième. A gauche, le toro est plus désordonné voire violent. Marin reprend la main droite , le toro est soso et la faena va à menos. Le torero insiste sur ce piton mais le toro est deslucido et il doit renoncer et aller chercher l’épée de muerte. Il pinche plusieurs fois avant de mettre une demie suffisante. Silence pour le torero et quelques sifflets pour le Juan Pedro.

Le dernier toro de cette San Miguel pèse 535 Kg.s e jette dans la cape de Pablo Aguado.  Il met les reins mais manque de poder à la première rencontre. Il en est de même à la deuxième.  A la muleta, il manque de race.  Dès la seconde série à droite, il serre le torero. A gauche,  il offre aussi peu d’options que sur l’autre corne.  Aguado continue par des derechazos mais le Domecq ne permet plus rien. Une entière prudente et tendida  et se termine la San Miguel 2022 ;  

Thierry Reboul (corrida vue sur Toros TV)

1 Comment

  1. Le « coso del Baratillo » n’aura jamais aussi bien porté son nom…
    Quelle peine de voir une telle plaza et son public partir vers le bas sans qu’aucun sursaut ne pointe à l’horizon. Obligé de brader les trophées pour ouvrir éventuellement une « Porte du Prince ». Il fut même envisagé à une époque pas très lointaine de réduire le nombre d’oreilleLes s coupées de trois à deux pour le faire. Les « juanpedro » seront encore là pour ouvrir la prochaine temporada !

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