Saint-Perdon, un año mas.
Saint-Perdon, un año mas.
Le 11 avril, Mont de Marsan s’animera pour célébrer les cent jours avant les Fêtes de la Madeleine. Ce sera aussi l’occasion d’assister dans les arènes du Plumaçon à la novillada organisée par la Peña La Muleta de Saint Perdon. Tertulias a rencontré Pascal Darquié, président de la Peña, qui nous a présenté l’édition 2026 du spectacle organisé par son équipe.
Tertulias : « Quel bilan général tires-tu de la novillada de 2025? »
Pascal Darquié : « 2025 est une édition qui nous a apporté de la satisfaction. Depuis que nous avons déplacé la date de la novillada en l’intégrant dans les festivités des 100 jours avant la Madeleine nous avons pu enregistrer un impact positif et significatif sur la taquilla. On a eu une belle journée ensoleillée et il y a eu beaucoup de jeunes dans les gradins. »
Tertulias : « Côté bétail, quelle est ton analyse ? »
Pascal Darquié : « Cette satisfaction a été complétée par ce que nous avons vu en piste. C’était la présentation de la ganaderia de Condessa de Sobral. C’est aussi de notre responsabilité ou de nos possibilités de présenter aux aficionados de nouveaux élevages. C’était un pari osé même si depuis quelques temps, par exemple lors de la Copa Chenel et à la Linea de la Conception en non piquées et novilladas piquées, cet élevage avait de bons résultats .
Nous étions déjà allés chez eux quand nous organisions une novillada concours. On a vu quelques tentaderos. Il y avait une base et nous avions repéré des choses qui fonctionnaient. Nous avons donc suivi cette ganaderia. Pour 2025 à l’exception du premier novillo qu’il faut oublier, nous avons eu une novillada entretenue. C’est vrai qu’au fil de la temporada, les retours tant de professionnels que d’aficionados nous ont conforté dans notre choix. Ils ont trouvé intéressant de découvrir cet élevage d’origine Torrestrella lors d’une après-midi qui les a fait vibrer. »

Tertulias : « Que faut-il améliorer ? »
Pascal Darquié : « Pour moi le lot a manqué un peu de forces. Je l’aurai aimé avec plus de présence au cheval. C’est la discussion que nous avons eu, une fois prise la décision de répéter l’élevage, avec Manuel Gavira le ganadero. Nous avons échangé sur la possibilité d’avoir les mêmes qualités de noblesse et mobilité avec un peu de plus de forces pour donner plus d’émotion au cheval.
Il est aussi nécessaire que la novillada ait du volume car notre arène (la novillada se donne dans les arènes du Plumaçon) est une arène de première catégorie. La présentation est nécessaire voire primordiale. Pour le ganadero avec des novillos trop lourds, l’embestida ne sera plus la même. Il nous faut trouver un juste équilibre entre ce que nous voulons, les attentes du public et le ganadero qui est celui qui connait le mieux ses novillos. »
Tertulias : « A-t-il suffisamment de bétail pour répondre à vos desideratas ? »
Pascal Darquié : « Sans trahir tous les secrets, nous avons pu travailler librement. Il nous a permis de jeter un coup d’œil à son carnet de notes. Avec lui, s’est installée une relation de confiance. On voulait aussi travailler sur le semental de l’année dernière qui avait donné de très bons résultats. C’est le père du cinquième qui a permis à Cid de Maria de couper deux oreilles.
La novillada de 2025 sera peut-être un peu plus élargie en nombre de sementales. Nous avons pré-selectionnés onze novillos. On y est retourné, fin février pour affiner notre choix. Cela a été possible parce que le ganadero a la possibilité de lidier trois novilladas. Il a plus d’une quarantaine de novillos. Nous avons la possibilité, grâce à notre relation, de passer en premier. On a pu travailler aussi bien sur la présentation que sur les familles en cherchant à trouver le bon équilibre. »
Tertulias : « Avec cette relation de confiance avec l’éleveur, au-delà d’une simple répétition en 2026, peut-on envisager une sorte de mariage au long court entre Condessa de Sobral et Saint Perdon comme vous l’avez fait un temps avec Baltasar Iban ? »
Pascal Darquié : « Pourquoi pas? On fera le point le 11 avril au soir. De toute façon, on ressent rapidement si les choses peuvent se répéter. Nos convictions du moment, nos discussions, nos échanges d’après novillada comptent. Ce qui est important pour nous au sein de la Peña c’est d’en reparler après, de revoir les images à froid. Parfois dans l’euphorie, ou au contraire dans la déception, les ressentis sont exacerbés. J’aime ce temps d’échanges pris avec du recul. Nous ne sommes plus dans l’émotion, la ferveur. Donc effectivement si le 11 avril on est tous ravis et que c’est légitime, on répètera. »
Tertulias : « Quand a été prise la décision de répéter les Condessa de Sobral? »
Pascal Darquié: « Au vu de l’année dernière, des difficultés du campo avec des camadas de plus en plus courtes, une fois les comptes faits et avec la perspective d’être là en 2026, on a rapidement discuté et confirmé notre choix à l’éleveur. »
Tertulias : « L’hiver compliqué n’est-il pas source d’inquiétude sur l’état des novillos en avril ? »
Pascal Darquié :« C’est un vrai problème. Nous y sommes allés en décembre , les conditions météorologiques étaient déjà difficiles. Les toros pataugaient dans la boue, ils avaient du mal à se coucher . C’est une inquiétude partagée par tous les ganaderos et les organisateurs en particulier ceux dont les spectacles ont lieu en début de saison. Cette année est encore plus difficile que les années précédentes. »
Tertulias : « Pour ce qui est des toreros, vous répètez Cid de Maria. »
Pascal Darquié : « C’est logique. C’est une forme de respect de la part d’une empresa quand un torero a triomphé de le répéter ou au moins de le lui proposer. Nous avions échangé durant l’hiver. Il souhaitait revenir à Saint Perdon. C’est un torero qui va vite franchir le cap et passer l’alternative. Il s’est imposé naturellement comme chef de lidia. C’est ce qui nous avait décidé à le mettre au cartel en 2025 et il nous a donné satisfaction. »

Tertulias : « Et pour ses deux compagnons de cartel ? »
Pascal Darquié : « Avec Tomas Bastos et Julio Mendez, nous proposons un cartel de haut niveau. Cristina Sanchez, l’apoderada de Bastos, a accepté rapidement. La ganaderia retenue donne de la garantie pour des novilleros qui sont punteros et en tête de l’escalafon. Au vu du résultat de l’an passé et du comportement des novillos, il a été facile de leur proposer et de leur faire accepter notre offre. La discussion a été rapidement mené et l’affaire conclue en deux ou trois jours. »
Tertulias : « Julio Mendez est le novillero actuellement le plus puntero du cartel. Qu’attendez-vous de lui ? »
Pascal Darquié: « Julio Mendez a fait une saison exceptionnelle en non piquée. Son démarrage en piquée a été sur la même base. Il a en plus cette chispa qui le fait connecter avec le public. Il montre l’envie de frapper fort dès le début de la temporada. Avec Bastos et Cid de Maria on est dans le haut de l’escalafon. Avoir Mendez en plus c’est le top. Lui aussi, a accepté rapidement.
Le cartel est attrayant. C’est une terna d’espoirs. Il y aura de la compétition entre celui qui arrive et celui qui va passer à l’étage supérieur. En tauromachie il faut qu’il y ait de l’émotion mais aussi de la compétition. Mettre la jambe, une tauromachie engagée, cela crée de l’émotion et si les toreros se bousculent un peu entre eux, le public le voit et cela peut donner de bons résultats. »

Tertulias : « Le fait d’organiser la novillada au Plumaçon, une des plus importantes arènes françaises, aide-t-il à convaincre les toreros ? »
Pascal Darquié :« Peut-être et même surement. Je pense que depuis 2009 les choses ont évolué. Ceci étant Morante , José Tomas, Juan Bautista et Castella sont venus toréer dans nos arènes en bois de Saint Perdon. Depuis 2009, on a aussi engagé des toreros qui sont aujourd’hui dans des férias de 1ère catégorie comme Juan de Castilla. »
Tertulias : « Avez-vous pu quantifier l’apport du fait d’être accolé aux 100 jours avant la Madeleine ? »
Pascal Darquié : « La première année, la fréquentation a fait un bond. L’an dernier, cela s’est confirmé avec plus de monde qu’en 2024. Si on progresse d’une année sur l’autre, cela me convient. Notre rôle, c’est de faire perdurer la tradition taurine à Saint Perdon, tradition à laquelle nous sommes très attachés. Depuis 2009, nous sommes orphelins (ndlr : les arènes de Saint-Perdon ont brûlé accidentellement le 24 juin 2009). Les arènes du Plumaçon sont très utilisées pour des organisations diverses et variées. Le calendrier des animations est très riche. On doit s’y intégrer et la date des 100 jours est pour nous une réelle opportunité. »
Tertulias : « A la suite des élections municipales, y-a-t-il un risque que ces accords avec la Mairie de Mont de Marsan ne soient pas reconduis? »
Pascal Darquié : « Non, sans faire de langue de bois, je vais m’appuyer sur un exemple. Quand en 2009, les arènes ont brulé, Madame Darrieussecq nous a chaleureusement accueillis. Quand Monsieur Dayot l’a remplacée, nous avons échangé sur ce sujet et nous continuons dans les mêmes conditions. Mais cette opportunité des 100 jours avant la Madeleine permet de mettre du contenu dans la journée et pour nous cela met en avant notre novillada. C’est gagnant-gagnant. Il n’est pas possible de ne pas en profiter. On est autonome sur l’organisation mais on a la chance d’être accueillis dans des conditions très favorables. »
Tertulias : « Quel est l’impact de la crise sanitaire du bétail (DNC) sur les organisations en avril ? »
Pascal Darquié: « C’est compliqué en particulier au niveau des sobreros. On va rentrer juste six novillos car il n’est pas possible de renvoyer les toros non utilisés en Espagne. On va utiliser le peu de réserves de par chez nous en espérant ne pas avoir à remplacer de toros en piste. C’est une difficulté, une préoccupation pour tous les organisateurs, même pour le début de l’été. On est confronté à une position très protectrice et contraignante à laquelle nous devons à chaque fois nous adapter. Il y a un vrai enjeu économique derrière tout cela. »
Tertulias : « Quel est votre objectif cette année ? »
Pascal Darquié : « Comme pour tous mes amis organisateurs, c’est de faire encore mieux qu’en 2025. C’est une souhait et une nécessité pour faire durer les choses. Cela valorise aussi le travail fait par les membres de la Peña. »
Merci et suerte Pascal. Rendez-vous est pris le 11 avril aux arènes du Plumaçon à 16h30 pour la novillada de Saint Perdon 2026.

Infos et réservations :
Prix des places de 30 à 44 euros.
On peut réserver dès maintenant et jusqu’au 11 avril, les places pour la novillada grâce à la billetterie électronique via le lien suivant : https://yp.events/86650383-af23-4e97-8723-3c6cdaf978db/Novillada-Piquee-2025/ticketing?from=facebook ou par téléphone au 07.66.06.78.29.
Propos recueillis par Thierry Reboul et Philippe Latour.
