Bayonne, drame et émotion
Le résumé
La reseña de cette « corrida des promesses » aurait pu être centrée sur l’émotion créée par un lot d‘Arauz de Robles très encasté mais aussi d’une grande éxigence. Elle aurait pu mettre en exergue le courage des matadors que l’on dit être des segundones mais qui ont montré par leur courage, leur envie de bien faire et la qualité de leurs faenas qu’ils méritent une autre place que celle qui est la leur aujourd’hui dans le monde des toros. On aurait pu débattre e9t mettre en opposition la tauromachie profonde de Victor Hernandez face à un toro qu’il falllait consentir et celle de José Fernandez Molina plus superficielle face à un Arauz de Robles très noble. On aurait pu aussi mettre en exergue les qualités de lidiador de Rafael Serna, l’envie et l’application de Dorian Canton ou la motivation débordante de Juan Castilla.
Le drame
Mais le fait marquant c’est la blessure de deux matadors.José Fernando Molina souffre d’une contusion à la cuisse. Juan de Castilla a été le plus touché et a été opéré à l’Hôpital de Bayonne de deux cornadas profondes au niveau de la cuisse.
Quand il y a des toros, le drame n’est jamais loin de l »émotion.
Les toros
Lors de ce type de compétition, on demande aux toros de permettre aux toreros de montrer leur qualité. Les Arauz de Robles de Bayonne ont constitué un jury d’une très grande sévérité. Très bien présentés, ils se sont exprimés au cheval provoquant plusieurs chutes de la cavalerie. A la muleta, ils ont tous été très exigeants et n’ont pardonné aucune erreur. Les meilleurs ont été les troisième et quatrième, ce dernier ayant de la noblesse et de la caste à revendre. Le moins bon a été le dernier au comportement de toro corralero vite avisé et dangereux. Les autres, tout en étant exigeants, ont un peu manqué de transmission.
Les toreros
Juan de Castilla
Pris par l’enjeu, Juan de Castilla essaie de se montrer plus qu’il ne torée un Arauz de Robles noble mais dont il a raccourci la charge à l’excès. Le toro le rappelle à l’ordre et lui inflige un puntazo . Le colombien part à l’infirmerie aorès avoir tué. Une oreille.
A l’infirmerie, les médecins détecteront deux trajectoires dans la cuisse, l »une de 25 cm et l »autre de 10 cm. Le Colombien a été évacué vers l’hôpital de Bayonne où il a été opéré.
Rafael Sernak
Le second est incertain en particulier sur la corne droite. A la muleta , il est très exigeant. Avec intelligence, Rafael Serna le torée en douceur et avec sincérité. Petit à petit, il arrive à tirer des muletazos de plus en plus « profonds » en particulier sur le piton gauche. Hélas l’épée vient tout gâcher. Vuelta.
Dorian Canton
Le sort a attribué à Dorian Canton un toro d’une grande noblesse avec une excellente corne mais qui ne durera pas. Le Français en profite pour donner deux bonnes séries de derechazos. La suite à gauche est plus brouillonne et ne pèse pas sur un toro qui finit par partir en querencia. Les aciers ne sont pas favorables au Français. Vuelta.
José Fernando Molina
Le quatrième est noble et très encasté. José Fernando Molina le torée sur le voyage. La faena porte sur le public mais passe à côté du potentiel de cet excellent toro. La mise à mort est laborieuse. Vuelta.
Victor Hernandez
Avec un toro qu’il fallait consentir, Victor Hernandez réalise une faena sincère, profonde. C’est la meilleure de la tarde mais elle porte moins sur le public que sur le toro, dommage. L’épée est engagée, sincère et efficace. Vuelta.
José Fernando Molina vainqueur de la compétition
Les spectateurs ont été appelé à voté pour choisir le torero qui, vainqueur de la compétition, assurerait la lidia du sixième toro.
Le palco a choisi José Fernando Molina.
Le public a émis le vote suivant:
- José Fernando Molina 32,4%
- Rafael Serna 24,5%
- Dorian Canton 20,5%
- Victor Hernandez 16,2%
- Juan de Castilla 6,2%
C’est donc Molina que le public et palco ont choisi.
Le sixième est lidié par José Fernando Molina. Il a le comportement d’un habitué des corrales. Dès le début de la faena, il est avisé et éteint. Molina abrège et se fait prendre en descabellant. Silence
L’examen médical mettra en évidence une contusion à la cuisse.
La corrida vue par l’objectif de Philippe Latour
Fiche technique
- Arènes de Bayonne, Corrida des promesses de la tauromachie. Six toros de Arauz de Roblès
- Juan de Castilla : Oreille.
- Rafael Serna: vuelta (avis)
- Dorian Canton : vuelta (avis)
- José Fernando Molina: vuelta, blessure
- Victor Hernandez: vuelta (avis)
- piques, cuadra Bonijol
- Président : Bernard Adoue
- Trois quarts d’arène
- Le ciel est gris mais reste bienveillant.
Toro à toro
Chinchon Juan de Castilla 532 Kg
Le premier est bien armé. La réception a la cape par Juan de Castilla est efficace. Bien mis en suerte, il est peu piqué à la première rencontre. La seconde est un pur simulacre. Rafael Serna est mis en difficulté en réalisant un quite. De Castilla brinde au public. Il débute sa faena par des derechazos de rodillas. Premier cite de loin, Le toro est noble mais court de charge. Il manque le troiisème temps à chaque passe. A gauche, le torero qui racourcit la charge du toro. De Castilla réduit les terrains et racourcit encore plus son toro. Sur une tentative de passe à genoux, le torero se fait prendre et prend un puntazo. L’épée est porté avec engagement et est en place. Le torero, la jambre en sang est évacué vers l’infirmerie. Oreille .
Labrador Rafael Serna 523 Kg
Le second est corniveleto. Il se freine dans la cape de Rafael Serna.La corne droite est dangereuse. La première pique est trasera. Le toro pousse et renverse le groupe équestre. Il sort seul du picotazo qui tient lieu de seconde rencontre. Rafael Serna brinde lui aussi au public. Il double le toro avec efficacité. Première série à droite, le toro est sur la réserve. A gauche, Serna améliore le toro dès la première série. La deuxième est méritoire. Avec aguante, il enchaîne à droite obligeant le toro et termine sur des naturelles elles aussi méritoires. Rafael Serna pinche à plusieurs reprises avant de mettre une quasi entière un peu longue à faire effet. L’Arrauz de Robles tombe au second descabello, un avis a sonné entre temps. Vuelta.
Especial Dorian Canton 527 Kg
Le troisième a une belle hechura. Il sort abanto. Il s’échappe de la cape de Dorian Canton. Mis en suerte par chicuelinas marchées, il prend une première pique carioquée. La seconde pique est light. Molina fait un quite accroché par tafalleras. Brindis au public, le Béarnais commence sa faena assis sur l’estribo puis en doublant le toro. Le toro est noble ce qui permet au torero de lier de bons derechazos. Cite, de loin, le toro est tardo. La seconde série fait réagir le public. La troisième est excellente. A gauche, le torero reste sur le voyage et le toro passe moins bien. Retour à droite, l’Arrauz de Robles commence à vouloir partir aux planches. La faena va « a menos ». Dorian Canton pinche à plusieurs reprises avant de mettre un bajonazo trasero . Un avis a sonné entre temps. Vuelta.
Lotero José Fernando Molina 548 Kg
Le quatrième met la tête dans la cape de José Fernando Molina. Bien mais trop piqué, l’Arrauz met le cheval au sol à la première rencontre qu’il a pris en poussant sur une corne. La seconde ratio est plus légère. Nouveau brindis au public, Molina entame les débats par des doblones efficaces. Le toro est noble. Les premiers derechazos sont sur le voyage. La seconde porte sur le public. A gauche, l’animal se livre aussi. Retour à droite et sur le pico, le toro permet pourtant mieux et il commence à regarder vers les planches. L’épée, portée avec engagement, est tombée mais elle manque d’efficacité. Le toro tombe au troisième descabello. Ovation au toro et vuelta pour le torero.
Balanceado Victor Hernandez 536 Kg
Le cinquième est un très beau toro qui ne s’emploie pas vraiment dans la cape de Victor Hernandez. Il pousse à la première rencontre malgré une pique trasera. Il s’endort au contact du fer lors de la seconde. Le torero débute la faena par une alternance naturelle et pecho. Le toro est court de charge mais Hernandez sait le faire passer. A droite, il se croise et aguante malgré un animal sur la réserve. Les naturelles sont très sobres et profondes malgré un adversaire qui ne transmet pas. Malgré la qualité de la faena, le public reste froid. L’épée est aussi sincère que la faena. Le toro tarde à tomber , un avis sonne. Vuelta
Talanquero José Fernando Molina 568 Kg
Le sixième est un tio. Il ne s’emploie pas dans la cape de José Fernando Molina. Très bien piqué, il pousse avec forces mais sur une corne malmenant le groupe équestre. Il se défend et sort seul à la seconde rencontre. L’Arauz a le comportement d’un habitué des corrales. Brindis à Victor Hernandez, Molina débute par des drechazos sur le voyage. Le toro est tardo et est quasi parado. A gauche, il est tout aussi réservé. Molina abrège et tue d’une épée tombée. Il prend un coup de corne en voulant descabeller et doit être évacué vers l’infirmerie. Serna prend le relais et descabelle le toro.